15.07.2009
Les traitements hormonaux de l’endométriose: inutiles, risqués et contre-productifs, mais sources d’énormes profits pour les labos et les médecins qu’ils paient
Merci à l'auteure du blog Pharmacritique qui a co-écrit cet article et révisé la traduction du texte de Redwine.
Chaque personne qui approfondit la question en lisant les travaux médicaux et en échangeant avec les endométriosiques de pays différents
arrive à la même conclusion : le seul traitement de l’endométriose est chirurgical : l’exérèse radicale faite par des spécialistes de l’endométriose dans des centres d’excellence, capables d’exciser toutes les lésions en même temps, quelle que soit leur localisation, en préservant les organes. On appelle cela une exérèse radicale conservatrice. Les "traitements" hormonaux ne mènent qu’à des opérations incomplètes - suite d'une imagerie incomplète -, condamnant d’avance à l’échec ou à des résultats partiaux. Ils n’ont d’intérêt que pour ceux qui les vendent: labos et médecins payés pour les activités promotionnelles en tant que consultants, conférenciers, intervenants dans les media, etc. Et après, lorsque les problèmes reviennent à l'arrêt des médicaments, les praticiens ont une excuse toute trouvée: ce serait une récidive, puisque l'endométriose est une maladie chronique... Alors que la plupart du temps, ce n'est pas une récidive, mais une continuation de la maladie, à partir des foyers laissés en place par le chirugien qui n'a pas pu les voir à cause des effets temporaires des agonistes GnRH ou des progestatifs.
Guérison par la chirurgie ou chronicisation de l’endométriose par les médicaments ?
La question que nous, femmes qui souffrons d’endométriose, devons être les premières à nous poser est celle-ci : à qui profite l’impasse thérapeutique actuelle, résultant d'une involution, d'une régression des pratiques ? Oui, régression, car, comme le dit David B. Redwine, on sait depuis longtemps traiter chirurgicalement l'endométriose, notamment par laparotomie, qui ne date pas d'hier. C'était un traitement lourd, certes, mais efficace. Vouloir moderniser à tout prix n'a pas que des avantages. De nos jours, on présente la laparotomie comme la fin du monde, alors qu'elle est parfois nécessaire dans les atteintes digestives étendues, par exemple.
Quels intérêts sont privilégiés par l’approche actuelle de l’endométriose ? L’intérêt de la santé des patientes ou celui des laboratoires et des médecins leaders d’opinion à leur solde, qui tirent des bénéfices en chronicisant la maladie au moyen de pseudo-traitements médicamenteux et de chirurgies incomplètes et répétées ?
Le chirurgien David B. Redwine et l’endométriose
David B. Redwine est l’un des spécialistes mondialement reconnus de l’endométriose. Ses écrits ont beaucoup contribué à une meilleure connaissance de cette maladie sous ses différentes formes et localisations. Ce chirurgien est l’un des pionniers de la technique chirurgicale la plus performante et qui s’impose partout dans le monde : l’exérèse radicale et complète des lésions, nodules et autres kystes d’endométriose, tout en préservant les organes. Il refuse de livrer les malades à l’industrie pharmaceutique et aux pontes de la médecine qui servent de VRP à cette dernière pour faire vendre des produits hormonaux (Enantone, Décapeptyl, progestatifs, qui ne résolvent rien, rendent les opérations incomplètes et entraînent des risques non négligeables pour la santé des femmes). Et il a choisi de pouvoir opérer en toute indépendance, loin des pressions pharmaceutiques, en fondant sa propre clinique. Cet aspect mérite d'être évoqué, parce qu'on ne s'attend pas à trouver le numéro un dans une petite ville du fin fond de l'Oregon... Mais pratiquer dans un grand centre hospitalier aurait voulu dire s'adapter aux pratiques ambiantes, du moins au début.
Le succès obtenu par Redwine prouve l'efficacité de son approche ; il obtient, selon les dires de centaines de ses patientes avec lesquelles nous dialoguons, jusqu’à 70% de cas de GUERISON. Il en va plus ou moins de même des autres chirurgiens américains, canadiens et allemands. Pensons par exemple au Pr Marc Possover, qui a la même approche. Dommage que ce chirurgien né en France et qui a fait sa médecine à Nancy ne soit pas resté chez nous… Il exerce à Cologne, en Allemagne.
Les succès d’une chirurgie bien faite marginaliseraient beaucoup de profiteurs si elle se généralisait…
Oui, vous avez bien lu. Jusqu’à 70% de guérison de l’endométriose, cette maladie qui est un calvaire pour les femmes françaises (et autres) qu’on habitue à l’idée d’une maladie chronique incurable, qui doit alterner traitements hormonaux et opérations incomplètes. Ces femmes qui entendent même dire, par des médecins - et des charlatans psy à la recherche de leur quart d’heure de gloire - que si les traitements hormonaux ne marchent pas, c’est que c’est dans la tête qu’elles sont malades… Parfaite justification pour les chirurgiens qui font du mauvais travail, ce qui est le cas de la plupart d'entre eux, parce qu'ils ne sont pas formés. Nous avons, en France, tout au plus une dizaine de chirurgiens spécialisés. Et ces derniers ont pratiquement tous des conflits d'intérêts faciles à démontrer, ce qui veut dire qu'à une exception près, ils imposent tous un traitement hormonal pré-opératoire.
Tous les médecins qui sont sous contrat avec les laboratoires concernés (Takeda Abbott, Ipsen, Wyeth, Astra Zeneca, Sanofi-Aventis, Théramex, Organon…) tirent des bénéfices des prescriptions médicamenteuses à ces femmes qui sont des pigeons parfaits, puisque, vu que ces traitements hormonaux n’ont aucune chance de marcher à la longue, elles rempliront aussi les cabinets des psychiatres, psychologues et psychanalystes, comme de beaucoup d’homéopathes et même de charlatans de toute sorte, à la recherche d’autres médicaments et/ou thérapies qui pourraient soulager leurs douleurs.
Le comble est atteint par les discours qui vantent le soi-disant « traitement empirique », consistant, en cas de soupçon d’endométriose, à ne plus adresser les patientes à un chirurgien spécialisé – et si possible dans l’un des trois centres français un peu plus avancés en matière d’exérèse -, mais à instituer d’emblée un traitement hormonal de plusieurs années, en aveugle, sans aucun diagnostic ( !!). Chose dangereuse s’il en est, parce que seule la chirurgie est capable non seulement de voir l’étendue des foyers et de les éradiquer – lorsque l’exérèse sans traitement préalable est pratiquée -, mais aussi la seule en mesure d’éliminer définitivement un diagnostic différentiel de cancer des ovaires, par exemple.
Les traitements hormonaux sous la loupe critique : deux approches et leurs conséquences
Insistons sur les « traitements » hormonaux, pour que l’écart entre les deux approches soit encore plus évident. Et les conséquences dramatiques du mauvais choix français aussi :
- On a d’une part certains chirurgiens qui rejettent tout "traitement" hormonal comme inutile, contre-productif et trop dangereux et font en sorte d’appliquer une exérèse soigneuse qui enlève toutes les localisations d’endométriose, où qu’elles soient et quelle que soit leur forme et leur âge, passant parfois une journée avec la même patiente au bloc opératoire, ce qui leur permet d'obtenir de très bons résultats sans mettre en danger la santé des femmes à court ou plus long terme (par les effets secondaires des pseudo-« thérapies » hormonales).
- Et nous avons d’autre part l'immense majorité des gynécologues et chirurgiens gynécologues français qui chronicisent l’endométriose au lieu de la guérir, et ce au moyen de prescriptions hormonales, très lucratives pour eux comme pour les laboratoires Takeda Abbott, Ipsen, Organon, et les autres qui ont des licences dans divers pays. Très lucratives pour les médecins dans la mesure où ils sont sous contrat avec les laboratoires pharmaceutiques en question.
Sauf cas rarissimes, les pseudo-traitements hormonaux de type analogues agonistes GnRH / LHRH tels que Enantone (Lupron aux Etats-Unis et Canada, Lucrin ailleurs, etc.), Décapeptyl, Synarel, Suprefact, Zoladex, ou encore les progestatifs (Surgestone, Lutéran, Lutényl, Cérazette, Androcur…) n’ont aucune justification en endométriose. Ils ne peuvent que réduire fortement les chances de succès de la chirurgie.
Pour un maximum de chances de succès, les examens radiologiques préalables et l’intervention chirurgicale doivent se faire sans traitement hormonal. Celui-ci est contre-productif en pré-opératoire, et des études ont démontré sans l'ombre d'un doute qu'il n'a aucune utilité en post-opératoire.
Les recommandations officielles limitent les traitements, c’est déjà ça…
C’est exactement ce que disent les recommandations de l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), qui devraient valoir pour tous les médecins et chirurgiens de France et de Navarre, notamment dans les conclusions formulées par un groupe de travail de spécialistes et intitulées « Les traitements médicamenteux de l’endométriose génitale » (p.33sq). (Dommage que les auteurs ne soient pas allés plus loin, mais c'est déjà mieux que rien. Comment auraient-ils pu aller plus loin, vu les conflits d'intérêts dont l'association a obtenu le détail après moultes insistance auprès de l'AFSSAPS? Il n'est dit nulle part que le Pr Emile Daraï, qui a dirigé ces recommandations, a été payé en même temps par le laboratoire Ipsen (producteur du Décapptyl) pour écrire une monographie sur l'endométriose... Ce n'est qu'un exemple, et nous reviendrons en détail sur les conflits d'intérêts, parce qu'ils sont effrayants.
Que disent ces recommandations?
- Une seule "cure" par vie de femme : Les « traitements » par les analogues agonistes GnRH (Enantone, Décapeptyl, Gonapeptyl, Zoladex et Cie) ne doivent pas être répétés, même à distance : une seule cure de 6 mois, c’est tout. Et seulement en dernier recours. Ca, c'est sur le papier. En pratique, de nombreuses femmes se voient prescrire ces médicaments pendant des années, soit en continu, soit en plusieurs "cures". Et d'emblée.
- Pas d'utilité en post-opératoire, comme nous le disions ci-dessus.
- Dans l’infertilité : aucun intérêt des traitements hormonaux: Ni les agonistes GnRH ni les progestatifs n’ont d'effet bénéfiques dans l’infertilité, où ils ne sont qu’une perte de temps, et c'est dit texto, de façon très claire, à la page 68-69 des recommandations. Là encore, ce n'est que sur le papier. En réalité, non seulement les agonistes sont prescrits très largement, mais beaucoup de médecins les imposent en culpabilisant les femmes qui ne veulent pas les prendre - ou les reprendre -, en leur disant que c'est là leur unique chance de tomber enceintes: après le traitement. Alors que les études ont montré que les femmes ont les meilleures chances après une exérèse complète sans traitement hormonal.
Un mot sur les agonistes et les grossesses
Ce sujet - infertilité, grossesse, contraception... - mérite un article à part, puisqu'il y a beaucoup à dire sur les grossesses en rapport avec les agonistes: effets abortifs, malformations, utilisation trop légère dans la procréation médicalement assistée, dégâts potentiels sur la fertilité des enfants exposés pendant la grossesse de leurs mères ou lors d'un traitement de la puberté précoce centrale, etc.
De même, les médecins ne mettent pas en garde sur le fait que les agonistes ne sont pas contraceptifs, ce qui est pourtant dit dans toutes les notices anglophones, qui recommandent l'utilisation d'un contraceptif non hormonal pendant toute la durée du traitement et jusqu'au retour des règles. Les analogues de type Enantone, Décapeptyl, Synarel... augmentent même le potentiel de conception pendant la première phase du traitement, caractérisée par une hausse du taux d'oestrogènes. La chute à des taux de ménopause n'arrive qu'en un deuxième temps, et c'est d'ailleurs pourquoi ces médicaments s'appellent "agonistes". Pendant la première phase - celle de stimulation hormonale - les agonistes GnRH ont un effet similaire à celui du Distilbène, et on peut s'attendre à des effets secondaires semblables à la deuxième et troisième génération. L'exposition des foetus mâles à de forts taux d'oestrogènes pendant la période de différenciation sexuelle - en gros pendant les premières 8 semaines - pose d'autres problèmes.
Comment les chirurgiens pourraient-ils opérer bien ce qu’ils ne peuvent pas voir?
Comme disait le Pr Marc POSSOVER : « le chirurgien ne peut enlever que les foyers d’endométriose qu’il peut voir (et c’est pourquoi il est important d’opérer pendant les règles et de ne pas prescrire de thérapie hormonale préopératoire) (…). Même si la décision de subir une intervention chirurgicale n’est pas facile pour la patiente ou le médecin, l’endométriose recto-vaginale, celle affectant le rectum, la vessie ou l’uretère doit toujours être opérée de façon à ne pas perdre de temps en essayant divers médicaments“.
Le fait est
- que beaucoup de lésions seront moins visibles à la chirurgie, sous l’effet des thérapies pseudo-hormonales qui peuvent en diminuer ponctuellement la taille et en obscurcir les contours et les dimensions,
- que les lésions "jeunes", "subtiles et atypiques, à localisation surtout péritonéale, peuvent régresser à un stade microscopique et ne pas être vues par le chirurgien, à cause des "traitements" hormonaux. Cette régression n'est pas un traitement à proprement parler, puisqu'elle n’est que temporaire, et aucune lésion n’est "asséchée" par la médication. (C’est un terme largement véhiculé par la propagande des laboratoires et par leurs valets en blouse blanche, pour lesquels les contrats lucratifs, les postes de consultants et autres avantages valent plus que l’intérêt de la santé des patientes. Dès le retour des règles, ces lésions seront tout aussi douloureuses qu’avant. Les médicaments n’auront pas non plus "bloqué" l’évolution de la maladie, mais en auront favorisé l’évolution sous des formes telles la fibrose et l’atrophie des organes reproducteurs – ce qui peut induire une insuffisance ovarienne, voire même une ménopause définitive, évoquée dans la monographie canadienne du Zoladex (p. 6), entre autres).
- Les ovaires et d’autres organes peuvent être endommagés par la chirurgie à cause de l’atrophie des tissus provoquée par les progestatifs et l’Enantone/ Décapeptyl, etc. - danger que connaissent et redoutent les urologues opérant les cancers de la prostate. Dans cette maladie, les opérations ne se font plus sous traitements médicaux, parce que les chirurgiens ne pourraient pas voir correctement les contours de la tumeur, ce qui fait qu’ils en enlèveraient soit trop, soit pas assez. Il en va de même pour les ovaires, où les capsules (= parois) des kystes d’endométriose (= endométriomes) ne diffèrent plus aussi nettement du tissu ovarien sain lorsqu’un Décapeptyl a tout atrophié avant l'intervention… Ce qui fait que les chirurgiens risquent fort d’exciser trop et d’endommager le potentiel reproducteur des femmes en question.
- Le traitement hormonal (par analogues agonistes GnRH ou par progestatifs, qui sont également inefficaces) occulte aussi l’inflammation en surface (sur le péritoine, par exemple), qui est pourtant le seul "guide" indiquant au chirurgien qu’il faut creuser plus en profondeur, pour arriver à une lésion plus profonde, rétropéritonéale, ligamentaire, dans le cul de sac de Douglas, intestinale…
Effets secondaires ignorés, car ils pourraient mettre en danger les profits
Il ne s’agit pas ici d’énumérer tous les méfaits de ces pseudo-traitements ; nous avons constaté un nombre impressionnant d’effets secondaires, et les témoignages postés sur le groupe de discussion de l'Association Victimes Enantone - agonistes GnRH, ainsi que certains articles de ce blog ont de quoi faire pleurer les pierres… (Mais ils ne font pas pleurer les laboratoires, puisqu’un tel intérêt pour la souffrance d’autrui irait à l’encontre de la recherche effrénée de profit dont l’industrie pharmaceutique a fait preuve très souvent, au mépris de la santé des patients. Rappelons le Distilbène, le Vioxx, l’Agréal, le Zyprexa, l'Accomplia, le Champix, le Cholstat/ Lipobay, le Raptiva et bien d’autres)…
Rappelons ici que les médecins ne sont pas formés à s'intéresser aux effets secondaires et à les reconnaître; ils ne les notifient pas non plus aux instances chargées de pharmacovigilance (AFSSAPS), ce qui est pourtant une obligation légale. On parle de "sous-notification" chronique, et les estimations officielles chiffrent à maximum 5% le taux d'effets indésirables rapportés par les professionnels de santé aux autorités sanitaires. Donc au moins 95% des effets secondaires ne sont pas notifiés à la pharmacovigilance, donc les notices n’évoluent pas, donc les médecins n’en sont pas informés, donc les victimes ne sont pas prises au sérieux, donc chaque médecin confronté à une réaction adverse grave – ce sont elles qui devraient être notifiées, mais ne le sont pas – dira à la patiente souffrant d’endométriose, au patient souffrant de cancer de la prostate ou aux parents d’un enfant souffrant de puberté précoce, que ce cas est unique, qu’il n’a jamais entendu parler de tels effets secondaires et que les réactions en question ne sont certainement pas dues à Enantone ou Décapeptyl ou Zoladex… Cercle vicieux de la désinformation, comme vous le verrez encore mieux en cliquant sur les liens donnés un peu plus bas.
Nous avons deux fichiers contenant tous les effets secondaires de l'Enantone signalés à la pharmacovigilance des Etats-Unis. Pour la même période, le rapport est de à peu près 10.000 signalements pour les Etats-Unis versus 70 pour la France (données de l'AFSSAPS, obtenues par l'association après d'énormes insistances). De plus, les signalements français ne concernent en majorité que des effets secondaires assez peu sévères.
Les essais cliniques, les études et la recherche en général portant sur les médicaments pour lesquels l'industrie souhaite obtenir une AMM (autorisation de mise sur le marché) ne sont pas conçus de façon à mettre en évidence les effets secondaires des médicaments ; bien au contraire, puisque cela réduirait les chances de voir ces médicaments homologués, et surtout d'obtenir l'extension de l'homologation à un maximum d'indications possibles (indications = maladies dans lesquelles la prescription de ces médicaments est autorisée/ indiquée/ légale).
Ainsi, si des médicaments tels Enantone, Décapeptyl, Synarel ou Zoladex ont obtenu l'autorisation dans l'endométriose et les fibromes et sont utilisés aussi facilement au-delà des limites d'âge en puberté précoce, c'est justement parce que les laboratoires ne se sont pas étendus sur les effets secondaires... En France, ils ne reconnaissent même pas les effets indésirables qu'ils reconnaissent dans d'autres pays, c'est dire à quel point nous sommes mal lotis... Une fois l'AMM obtenue pour les cancers de la prostate, puis du sein, où les effets secondaires sont plus facilement « justifiables », vu la nature de la maladie, les laboratoires ont pu facilement obtenir l'extension d'indication à d'autres maladies, puisqu'ils ont tout fait - et font toujours tout - pour minimiser les réactions adverses rencontrées dans les maladies bénignes.
A titre d'exemple, c'est en 2007 que la notice française et le RCP (résumé des caractéristiques du produit, qui est la description plus détaillée figurant dans le Vidal) reconnaissent enfin que l'Enantone - et donc tous les autres médicaments de la classe des agonistes GnRH - peut provoquer une apoplexie hypophysaire, qui est une urgence neurochirurgicale pouvant survenir dès les premières heures après l'injection et pouvant entraîner des insuffisances hormonales multiples et irréversibles, voire même la mort des patients. L'apoplexie de l'hypophyse figurait déjà depuis 8 ou 9 ans dans les notices anglophones (Etats-Unis...) en libre accès... Mais même maintenant, aucun(e) patient(e) n’est mis(e) en garde par son médecin d’un tel risque, et l’ignorance des malades est toujours la même, malgré la modification de la notice. On n’en parle pas. On ne parle pas non plus des adénomes hypophysaires, ces tumeurs bénignes de la glande pituitaire qui peuvent littéralement exploser lors d'une apoplexie hypophysaire ou alors causer des problèmes hormonaux et/ou autres (appuyer sur les nerfs optiques qui se croisent juste au-dessus de l'hypophyse, etc.)
L'administration d'un médicament qui peut tuer par apoplexie, hémorragie ou nécrose de l'hypophyse est difficilement justifiable même en cas de traitement d'un cancer de la prostate, d'autant plus que l'on sait que les hommes traités auront aussi de forts risques de développer des maladies cardiovasculaires - ou de décéder d'une mort subite par arrêt cardiaque, d'ailleurs -, de développer un diabète, un syndrome métabolique (ou d'insulinorésistance), etc. Voir à ce sujet plusieurs articles sur ce blog, tels celui-ci ou encore cet article qui reprend une grande partie de la monographie canadienne de l'Enantone (Lupron aux USA et Canada) datant de 1999... On voit clairement que ces effets secondaires sont connus depuis très longtemps, depuis les essais cliniques d'avant la mise sur le marché pour beaucoup d'entre eux. Et pourtant, aucune réaction adverse cardiovasculaire ne figure dans la notice et le RCP français à ce jour... Or pas de mise en garde veut dire pas de prévention, pas de suivi. On met littéralement la vie des patients en danger par ce manque d'information.
Le silence et la désinformation sont aussi responsables d'une surutilisation d'Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Eligard et Cie dans des formes de cancer de la prostate qui devraient être soignées autrement, ou alors faire simplement l'objet d'une surveillance attentive (watchful waiting), afin de voir s'ils sont évolutifs ou non. Car, comme on le dit depuis des années à l'étranger, le traitement médicamenteux risque de tuer plus que le cancer lui-même, et c'est pour cela qu'il doit être réservé aux cas métastasés, inopérables, après une évaluation soigneuse et au cas par cas du rapport bénéfices - risques. Or en réalité, des pratiques de "prévention" mal comprise consistant à faire des dosages systématiques du PSA aboutissent souvent à la détection de certains cancers qui ne poseraient pas le moindre problème aux hommes en question et mène à des traitements immédiats par Enantone (avec la variante Eligard), Décapeptyl ou Zoladex, associés souvent à un anti-androgène non stéroïdien de type Casodex.
Nous disions donc que la prescription d'un médicament qui peut tuer est difficilement justifiable même en cas de cancer. Alors prescrire un tel traitement non seulement n'a pas la moindre justification, mais devient irresponsable dans une indication telle qu'un banal fibrome (en préopératoire) ou une endométriose; ou encore chez les enfants ayant atteint un âge limite pour considérer qu'ils souffrent d'une puberté précoce centrale. Sans parler des cas où on expose des enfants qui ont déjà dépassé cet âge limite (qui est de 8 ans chez les filles, 10 ans chez les garçons) à des risques mortels - même s'ils sont rares - pour leur faire éventuellement gagner 3 cm, car c'est cela le gain moyen en taille finale...
Il y a bien entendu d'autres effets secondaires décrits dans d'autres articles sur ce blog.
Désinformation organisée sur les effets secondaires: ignorance voulue et entretenue
Et puis, pour avoir une vue d'ensemble, il faut lire cet article qui rend compte du fait que le contrôle total de l'industrie pharmaceutique sur l'information et la recherche médicales - appelé ghost management par les critiques - aboutit en Europe à un état d'ignorance des effets indésirables stupéfiant, comme le constate un spécialiste américain repris par la revue indépendante Prescrire. Ce contrôle mène aussi à une véritable désinformation voulue et entretenue à des degrés divers par tous les acteurs intervenant dans ce domaine, y compris par les autorités sanitaires chargées de pharmacovigilance et de l'information sur les risques. Voir à ce sujet l'article "Silence et désinformation organisée sur les effets secondaires des médicaments". (A noter que la revue Prescrire elle-même entretient la désinformation quant aux effets secondaires des médicaments, pourtant très largement reconnus par la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm, par exemple (voir cette note). Les deux revues collaborent, et c'est pourquoi l'énorme contraste sur ce point est carrément choquant).
Vous pouvez lire les articles du site Pharmacritique pour comprendre ce qu’il en est, à quel point les laboratoires pharmaceutiques contrôlent toute l’information médicale, se mettent les médecins dans la poche en finançant leur formation médicale continue, en leur apportant divers avantages via les visiteurs médicaux des laboratoires que 95% des praticiens continuent à recevoir, en les payant à titre de consultant, etc. Et en utilisant divers moyens d'influence pour qu’ils prescrivent les médicaments les plus profitables. Regardez ce que coûte l'Enantone, et vous aurez la réponse au "pourquoi?"
Rappelons ici simplement les chiffres donnés par le rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), paru en 2007 : l’industrie pharmaceutique dépense 23.000 euros par an et par médecin généraliste, soi-disant pour l'informer. Alors on peut imaginer ce qu’ils paient pour influencer les spécialistes et surtout les grands pontes, ceux qu’on appelle leaders d’opinion (voir ce dossier d’un grand journal médical à ce sujet) justement parce qu’ils ont un fort impact sur l’opinion de leurs confrères, à travers les sociétés savantes, les comités scientifiques des associations de malades (y compris des associations d’endométriosiques), les revues médicales, les media, les services hospitaliers spécialisés, de même qu'à travers leur expertise auprès des autorités sanitaires…
Que pensent les spécialistes de l’endométriose non soumis aux laboratoires de tous ces « traitements » hormonaux ?
Comme le disait le chirurgien américain Harry REICH, lui aussi très réputé grâce à ses résultats obtenus par exérèse sans traitement hormonal préalable : l’utilité de l’Enantone est nulle. Regardez la vidéo que nous avons reprise et dont nous avons traduit les grandes lignes sur cette page : « L’exérèse radicale, sans traitement hormonal: seule solution dans l’endométriose. L’Enantone, "c’est zéro", dit l’expert Harry Reich ».
Quant à David B. REDWINE, il dit et redit ce qui est l’évidence même : « Johannes EVERS a montré en 1988 (…) que chez des patientes sous agonistes GnRH [Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Gonapeptyl, Synarel, etc.] toute l’endométriose ne sera pas visible au moment de la chirurgie. Si on arrête l’agoniste et qu’on attend trois mois, plus d’endométriose sera visible – c’est l'une des choses qui m’inquiètent à propos des agonistes de la GnRH et de ces médecins qui disent que ces médicaments rendraient l’opération plus facile. Serait-elle plus facile parce qu’ils voient moins de lésions et donc que l’intervention chirurgicale est incomplète? Je pense que c’est précisément ce qui arrive; donc je préfère voir la maladie à son apogée, stimulée par autant d’œstrogènes que possible, afin que j’aie toute possibilité de la trouver et de l’enlever [partout où elle est]. »
Et, dans un autre contexte :« J’ai opéré des centaines de patientes, préalablement traitées par Enantone. Puisque je n’ai vu aucune thérapie médicamenteuse réussie, par Enantone [Lupron aux Etats-Unis et au Canada], par exemple, mon impression est que les effets secondaires et le coût de l’Enantone dépassent de loin tout bénéfice éventuel. »
Ou encore ici : « Il est clair que la thérapie médicamenteuse de l’endométriose n’éradique pas la maladie. En ce sens, cette thérapie correspond à ce qu’on reproche à la médecine de faire (...) : elle traite les symptômes, pas la maladie. (…) Malheureusement, ces thérapies médicales ont des effets secondaires sévères (…). Donc je n’utilise pas de thérapie médicamenteuse pour mes patientes parce que je sais que cela ne marche pas pour traiter et éradiquer la maladie. »
Quelques autres avis sur l’endométriose et l'absence d’efficacité des pseudo-thérapies médicamenteuses figurent dans notre article « Un traitement hormonal par Enantone, Décapeptyl ou progestatifs est-il utile en endométriose ou en fibromes? Vues d'experts »
Le texte de David B. Redwine: "Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne"
Après cette longue introduction, que vous pouvez compléter en lisant d’autres articles détaillant les effets secondaires, sur ce blog ou dans les groupes de discussion tels "Victimes Enantone", vous comprendrez plus facilement le texte de David B. Redwine, paru début 2005 dans la revue italienne Leadership Medica. L‘original peut être lu sur cette page. Il s'agit d'en finir avec les préjugés d'un autre âge, avec cette ignorance et ces clichés savamment entretenus pour justifier le maintien du statu quo, c'est-à-dire cette chronicisation de l'endométriose pour les profits des laboratoires et de leurs consultants.
Aux patientes de prendre les choses en main pour ne plus subir!
Lorsque nous ouvrirons les yeux, nous taperons du poing sur la table et ferons ce qu'il faut pour que la recherche s'oriente vers ce qui est d'ores et déjà reconnu comme la meilleure chance des endométriosiques par ceux qui vont au-delà de l'écran de fumée des laboratoires et de leurs vassaux en blouse blanche: des centres d'excellence, avec des équipes de chirurgiens de plusieurs spécialités, capables d'opérer tous les foyers / lésions / kystes / nodules en même temps, en conservant les organes, et sans se condamner d'emblée à l'échec par l'usage d'agonistes GnRH et/ou de progestatifs. Ces centres-là sont les plus à même d'améliorer la technique de l'exérèse radicale et trouver des solutions chirurgicales encore meilleures, si et seulement si, ils arrêtent la "collaboration" avec les laboratoires qui financent leurs recherches à condition que les protocoles incluent leurs médicaments...
Les femmes souffrant d'endométriose doivent refuser ces pseudo-traitements et insister auprès de ces grands pontes pour qu'ils ne travaillent enfin que dans l'intérêt de la santé de leurs patientes. Ils perdront certes de l'argent, mais seront recompensés par des résultats bien meilleurs et par une réputation qui ne cessera de grandir lorsqu'ils pourront afficher ces résultats. Savez-vous, patientes, et vous médecins non spécialisés, qu'à l'heure actuelle, l'influence des laboratoires est tellement grande qu'acune recherche / étude n'est faite avec la chirurgie seule? Les protocoles prévoient toujours deux ou trois étapes: médicament - chirurgie - et éventuellement encore médicament, ce qui ne laisse aucune chance de succès complet et ne permet pas non plus l'évaluation des résultats de la chirurgie seule.
Cette façon de faire est par ailleurs contraire à l'éthique médicale, sans parler de la déontologie qui stipule que les médecins doivent choisir les thérapeutiques les plus aptes à soigner une maladie avec le plus de chances de succès et avec le moins d'effets secondaires.
05:41 Publié dans Endométriose: guérir par chirurgie ou chroniciser? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : traitement hormonal de l'endométriose, analogues agonistes gnrh, enantone, décapeptyl, zoladex, progestatifs, guérison de l'endométriose, exérèse radicale, effets secondaires, ménopause définitive, apoplexie hypophysaire, chirurgie ou médicaments, lobby pharmaceutique
01.08.2008
L’exérèse radicale, sans traitement hormonal : seule solution dans l’endométriose. L’Enantone, "c’est zéro", dit l’expert Harry Reich
Nous présentons les grandes lignes de la discussion, pour les lecteurs qui ne comprennent pas l’anglais.
Mais autant dire tout de suite que ce qui intéresse, c’est la nécessité de se faire opérer par des chirurgiens maîtrisant la seule technique capable de guérir l’endométriose dans 50% des cas (et plus avec une deuxième opération, comme il est dit dans un autre document). Cette technique est l’exérèse radicale et sans traitement hormonal. Pour Reich, l’Enantone, représentative des traitements hormonaux, a une efficacité nulle : "c’est zéro". "Ca ne marche pas du tout".
La discussion porte d’abord sur la difficulté qu’ont les femmes américaines à obtenir un traitement chirurgical correct, parce que l’assurance maladie crée des obstacles : elle oblige les femmes à s’adresser aux chirurgiens gynécologues de proximité et ne rembourse pas correctement les spécialistes qui font des opérations extensives pour exciser toutes les lésions d’endométriose. Un chirurgien qui fait un travail de surface est tout autant payé que celui qui y passe des heures.
[En France, cette pression se fait moins sentir, mais les chirurgiens veulent quand même aller vite et opérer le plus de patientes en un minimum de temps, à cause du paiement à l’acte… Plus ils font d’opérations, plus ils sont payés et plus ils peuvent inclure de femmes dans leurs études qui seront d'autant plus courtes et publiées rapidement].
Les traitements à la va-vite, superficiels et avec des techniques dépassées ne valent rien, dit Reich, qui ajoute que le seul traitement efficace est l’exérèse des lésions [couper la lésion, le kyste, le nodule, etc. en entier, ne rien laisser. L’exérèse est en ce sens radicale et bien plus efficace que les techniques de coagulation/ cautérisation, de vaporisation, d’ablation par laser, de « grattage », etc., dont on sait pertinemment que le taux de récidive est très important].L’efficacité de l’exérèse chirurgicale – quelle que soit la localisation d’endométriose - a été démontrée à maintes reprises, par les résultats des études médicales et des équipes qui la pratiquent. Les chirurgiens obtiennent un taux de 50% de guérison par exérèse radicale de l’endométriose. Alors que l’efficacité de l’Enantone [Lupron aux Etats-Unis et au Canada] est égale à zéro. C'est une mauvaise idée que de croire qu'un chirurgie incomplète pourra être complété par Enantone ou que celle-ci pourra avoir une quelconque efficacité. "Ca ne marche pas", dit Harry Reich de façon on ne peut plus claire.
Très peu de chirurgiens sont capables de réaliser une exérèse radicale de l’endométriose, et peu se forment à cette technique très exigeante et qui prend beaucoup de temps [il faut inspecter minutieusement, cm par cm, tous les organes, les plis et les replis du péritoine, etc.].L’hystérectomie est le pire « traitement » de l’endométriose et a démontré son inefficacité. Il n’est pas logique d’enlever un organe sain tout en laissant la maladie en place, par exemple sur le rectum, derrière l’utérus, ou ailleurs. Les femmes risquent d’avoir plus de douleurs après l’hystérectomie qu’avant, pour diverses raisons. La maladie ne disparaîtra pas comme par magie, si on la laisse derrière et qu’on n’enlève qu’un organe qui n’est pas touché. Un problème supplémentaire se pose lorsque l’hystérectomie laisse le col de l’utérus en place, et que celui-ci est touché par des lésions d’endométriose…
Il faut que les femmes se mobilisent et fassent pression pour que cette maladie soit mieux connue et pour que plus de chirurgiens soient formés aux techniques efficaces de traitement, à savoir l’exérèse radicale. C’est la seule solution. Il faut aussi que les chirurgiens apprennent à pratiquer l’exérèse de l’endométriose digestive (intestinale, située la plupart du temps sur le rectum et/ou le côlon sigmoïde), parce qu’ils se limitent trop souvent aux kystes et lésions génitales (ovaires, trompes, péritoine, ligaments, arrière de l’utérus…) et n’osent pas toucher aux intestins. Ou, s’ils le font, ils ne font pas une résection digestive [qui est l’exérèse appliquée aux intestins].
La seule solution, c’est la formation des chirurgiens à ces techniques et le travail en équipe avec des chirurgiens digestifs, etc.05:11 Publié dans Traitement hormonal inefficace: endo, fibromes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : exérèse radicale, enantone, décapeptyl, inefficace, hystérectomie, traitement hormonal


