01.08.2008
L’exérèse radicale, sans traitement hormonal : seule solution dans l’endométriose. L’Enantone, "c’est zéro", dit l’expert Harry Reich
Nous présentons les grandes lignes de la discussion, pour les lecteurs qui ne comprennent pas l’anglais.
Mais autant dire tout de suite que ce qui intéresse, c’est la nécessité de se faire opérer par des chirurgiens maîtrisant la seule technique capable de guérir l’endométriose dans 50% des cas (et plus avec une deuxième opération, comme il est dit dans un autre document). Cette technique est l’exérèse radicale et sans traitement hormonal. Pour Reich, l’Enantone, représentative des traitements hormonaux, a une efficacité nulle : "c’est zéro". "Ca ne marche pas du tout".
La discussion porte d’abord sur la difficulté qu’ont les femmes américaines à obtenir un traitement chirurgical correct, parce que l’assurance maladie crée des obstacles : elle oblige les femmes à s’adresser aux chirurgiens gynécologues de proximité et ne rembourse pas correctement les spécialistes qui font des opérations extensives pour exciser toutes les lésions d’endométriose. Un chirurgien qui fait un travail de surface est tout autant payé que celui qui y passe des heures.
[En France, cette pression se fait moins sentir, mais les chirurgiens veulent quand même aller vite et opérer le plus de patientes en un minimum de temps, à cause du paiement à l’acte… Plus ils font d’opérations, plus ils sont payés et plus ils peuvent inclure de femmes dans leurs études qui seront d'autant plus courtes et publiées rapidement].
Les traitements à la va-vite, superficiels et avec des techniques dépassées ne valent rien, dit Reich, qui ajoute que le seul traitement efficace est l’exérèse des lésions [couper la lésion, le kyste, le nodule, etc. en entier, ne rien laisser. L’exérèse est en ce sens radicale et bien plus efficace que les techniques de coagulation/ cautérisation, de vaporisation, d’ablation par laser, de « grattage », etc., dont on sait pertinemment que le taux de récidive est très important].L’efficacité de l’exérèse chirurgicale – quelle que soit la localisation d’endométriose - a été démontrée à maintes reprises, par les résultats des études médicales et des équipes qui la pratiquent. Les chirurgiens obtiennent un taux de 50% de guérison par exérèse radicale de l’endométriose. Alors que l’efficacité de l’Enantone [Lupron aux Etats-Unis et au Canada] est égale à zéro. C'est une mauvaise idée que de croire qu'un chirurgie incomplète pourra être complété par Enantone ou que celle-ci pourra avoir une quelconque efficacité. "Ca ne marche pas", dit Harry Reich de façon on ne peut plus claire.
Très peu de chirurgiens sont capables de réaliser une exérèse radicale de l’endométriose, et peu se forment à cette technique très exigeante et qui prend beaucoup de temps [il faut inspecter minutieusement, cm par cm, tous les organes, les plis et les replis du péritoine, etc.].L’hystérectomie est le pire « traitement » de l’endométriose et a démontré son inefficacité. Il n’est pas logique d’enlever un organe sain tout en laissant la maladie en place, par exemple sur le rectum, derrière l’utérus, ou ailleurs. Les femmes risquent d’avoir plus de douleurs après l’hystérectomie qu’avant, pour diverses raisons. La maladie ne disparaîtra pas comme par magie, si on la laisse derrière et qu’on n’enlève qu’un organe qui n’est pas touché. Un problème supplémentaire se pose lorsque l’hystérectomie laisse le col de l’utérus en place, et que celui-ci est touché par des lésions d’endométriose…
Il faut que les femmes se mobilisent et fassent pression pour que cette maladie soit mieux connue et pour que plus de chirurgiens soient formés aux techniques efficaces de traitement, à savoir l’exérèse radicale. C’est la seule solution. Il faut aussi que les chirurgiens apprennent à pratiquer l’exérèse de l’endométriose digestive (intestinale, située la plupart du temps sur le rectum et/ou le côlon sigmoïde), parce qu’ils se limitent trop souvent aux kystes et lésions génitales (ovaires, trompes, péritoine, ligaments, arrière de l’utérus…) et n’osent pas toucher aux intestins. Ou, s’ils le font, ils ne font pas une résection digestive [qui est l’exérèse appliquée aux intestins].
La seule solution, c’est la formation des chirurgiens à ces techniques et le travail en équipe avec des chirurgiens digestifs, etc.05:11 Publié dans Traitement hormonal inefficace: endo, fibromes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : exérèse radicale, enantone, décapeptyl, inefficace, hystérectomie, traitement hormonal


