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01/06/2008

Densité osseuse réduite et déficit squelettique chez les jeunes filles de 13 à 21 ans traitées par Enantone. Etude alarmante d'octobre 2007

Voici une étude parue en octobre 2007 qui intéressera les jeunes femmes souffrant d'une endométriose qui envisagent un traitement par un analogue agoniste GnRH (Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Gonapeptyl, Diphéréline, Lucrin, Lupron...). Elle intéressera aussi les parents d'enfants traités pour puberté précoce, puisque cet effet secondaire se manifeste chez les enfants et adolescents dont les os et le squelette en général n'ont pas encore fini leur croissance. Il semblerait qu'un tel traitement soit très préjudiciable du point de vue de la densité minérale osseuse, avec des conséquences prévisibles: fractures, ostéoporose, fragilité osseuse...

36 filles ou jeunes femmes entre 13 et 21 ans souffrant d'endométriose ont été traitées par un agoniste GnRH et par une "add-back therapy". L'ADD-BACK, ce sont des petites quantités d'oestrogènes avec ou sans progestérone (valérate d’estradiol et promégestone, selon les recommandations de l’Afssaps et le Vidal) agissant localement, qui n'entravent pas les effets de blocage hormonal central des agonistes GnRH, mais atténuent un peu les effets secondaires, notamment sur la déminéralisation osseuse. Ou du moins c'est ce qu'on pensait...
Car malgré l'add-back therapy, les mesures de densité minérale osseuse ont été mauvaises, surtout au niveau de la colonne vertébrale, chez près de 33% des filles. Les auteurs parlent de « déficit squelettique vertébral ». On sait que chez les adultes aussi, la colonne est la partie du squelette qui se déminéralise le plus vite, et c'est pour cela que les notices internationales mentionnent quasiment toutes non seulement des « FRACTURES PATHOLOGIQUES », touchant surtout les hanches, mais pas uniquement. Il y a toutes sortes de manifestations de cette fragilité osseuse, incluant des... dents cassantes ou friables... La plus dangereuse, et mentionnée par les notices étrangères, y compris espagnole, britannique, irlandaise et celles scandinaves, est la redoutable « FRACTURE VERTEBRALE SUIVIE DE PARALYSIE ». C'est sachant cela que les résultats de cette étude sont très alarmants, puisque l'add-back n'a arrêté en rien cet effet secondaire très préoccupant. Et qui est décrit dans toutes les indications, que ce soit en cancer de la prostate ou du sein, en endométriose ou encore chez les enfants en puberté précoce.

Chez des jeunes filles en pleine croissance chez lesquelles la minéralisation osseuse doit encore se faire, et se fait surtout sous l'influence des oestrogènes, donc à partir de la puberté, c'est très inquiétant.
Encore plus si on ajoute l'autre remarque des auteurs : LA DUREE DU TRAITEMENT N'A PAS D'INFLUENCE. En clair, même un traitement de 6 mois avec add-back suffit à amener la colonne d'une jeune fille à l'état non pas de déminéralisation, mais carrément de « DEFICIT SQUELETTIQUE ». Autrement dit, il faut qu'elles aient beaucoup de chance pour ne pas se fracturer une vertèbre et se retrouver paralysées des deux ou des quatre membres (ça dépend où la fracture se produit).
On disait jusqu'ici qu'on ne savait rien du devenir osseux des enfants traités, et les médecins (ceux qui ne sont pas à la solde des firmes pharmaceutiques) s'interrogeaient, vu que l'adolescence est une période critique dans le développement du squelette et du système locomoteur.
Parlant de laboratoires, l'un des auteurs de l'article est payé par Takeda Abbott (producteur de l'Enantone – Lupron aux USA), alors on peut se demander quels seraient les vrais résultats si l'étude était indépendante… Parce qu'on sait – il y a eu des études statistiques qui l'ont démontré – que le financement d'une étude par le laboratoire producteur du médicament influence fortement les résultats, qui auront 5 fois plus de chances d'être favorables au médicament en question que ceux d'une étude financée sur fonds publics et non supervisée par le laboratoire…

Il faut réfléchir à deux fois avant de traiter un enfant en puberté précoce ou une adolescente/ jeune fille ayant une endométriose. Parce que la fracture vertébrale n'est pas franchement un avenir préférable à une taille éventuellement plus petite…  En endométriose aussi, avec tous les contraceptifs et les progestatifs, il y a des moyens bien moins dangereux qui évitent de prendre ce risque… Et la seule solution est de toute façon chirurgicale : une chirurgie d’exérèse sans traitement hormonal préalable, pour que toutes les lésions puissent être vues et excisées.

Et pour rien, parce qu'en puberté précoce les résultats sont très inconstants quant à la taille finale. C'est l'argument qui pousse beaucoup de parents à accepter un traitement pour les fillettes ayant une puberté précoce: gagner quelques cm; généralement pas plus de 3 cm, selon les études. Les résultats sur la taille sont tellement arbitraires, que depuis des années ON EXPERIEMENTE ENANTONE OU DECAPEPTYL AVEC DE L'HORMONE DE CROISSANCE… C'est dire…

Parmi les effets indésirables qui s’ajoutent à cette ostéoporose et au déficit squelettique, il y a aussi un risque de dérèglement hormonal important, d’apoplexie hypophysaire (reconnue même dans la notice française), de ménopause définitive, des risques inconnus pour la fertilité et le développement du système nerveux, etc. Il n’y a pas de recul sur ce que devient la fertilité chez les jeunes filles traitées pour puberté précoce une fois qu’elles atteignent l’âge adulte. Sans parler des énormes prise de poids chez bon nombre d'enfants et les soupçons de retard de développement neuropsychologique.

Et on ne mentionne même pas ici tous les risques de maladies chroniques, comme chez les adultes, ni les effets indésirables immédiats, qui ne manquent pourtant pas…

Voici le résumé de l'étude en anglais :

J Pediatr Adolesc Gynecol.
2007 Oct; 20(5):293-7.

"
Bone density in adolescents treated with a GnRH agonist and add-back therapy for endometriosis".

Divasta AD, Laufer MR, Gordon CM. Division of Adolescent Medicine, Children's Hospital
Boston .

STUDY OBJECTIVE: To evaluate the bone density of adolescents with endometriosis treated with a GnRH-agonist and "add-back" therapy with norethindrone acetate.

DESIGN: Retrospective chart review. SETTING: Pediatric gynecology clinic at a tertiary care center. PARTICIPANTS: 36 adolescents, ages 13 to 21 years, with endometriosis.

MAIN OUTCOME
MEASURES: Bone mineral density (BMD, g/cm(2)) by dual energy x-ray absorptiometry (DXA); BMD Z-scores of hip and spine.

RESULTS: The mean BMD Z-score at the total hip was -0.24 +/- 1.0, with a range of -2.4 to 1.7. At this site, 6 subjects had a BMD Z-score between -1.0 and -2.0 SD, while 2 had a Z-score </= -2.0 SD. The mean BMD Z-score at the lumbar spine was 0.55 +/- 1.1, with a range of -2.8 to 1.4. At the spine, 11 subjects had a BMD Z-score between -1.0 and -2.0 SD, while 3 had a Z-score </= -2.0 SD. There was no correlation noted between duration of therapy with the GnRH-agonist plus add-back and BMD at the hip or spine.

CONCLUSION: BMD at the hip was normal in most adolescents with endometriosis who were receiving a GnRH-agonist plus add-back therapy with norethindrone acetate. Almost one third of subjects exhibited skeletal deficits at the spine. These data suggest that BMD should be carefully monitored in adolescents receiving treatment with GnRH agonists.

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