15.07.2009
Les traitements hormonaux de l’endométriose: inutiles, risqués et contre-productifs, mais sources d’énormes profits pour les labos et les médecins qu’ils paient
Merci à l'auteure du blog Pharmacritique qui a co-écrit cet article et révisé la traduction du texte de Redwine.
Chaque personne qui approfondit la question en lisant les travaux médicaux et en échangeant avec les endométriosiques de pays différents
arrive à la même conclusion : le seul traitement de l’endométriose est chirurgical : l’exérèse radicale faite par des spécialistes de l’endométriose dans des centres d’excellence, capables d’exciser toutes les lésions en même temps, quelle que soit leur localisation, en préservant les organes. On appelle cela une exérèse radicale conservatrice. Les "traitements" hormonaux ne mènent qu’à des opérations incomplètes - suite d'une imagerie incomplète -, condamnant d’avance à l’échec ou à des résultats partiaux. Ils n’ont d’intérêt que pour ceux qui les vendent: labos et médecins payés pour les activités promotionnelles en tant que consultants, conférenciers, intervenants dans les media, etc. Et après, lorsque les problèmes reviennent à l'arrêt des médicaments, les praticiens ont une excuse toute trouvée: ce serait une récidive, puisque l'endométriose est une maladie chronique... Alors que la plupart du temps, ce n'est pas une récidive, mais une continuation de la maladie, à partir des foyers laissés en place par le chirugien qui n'a pas pu les voir à cause des effets temporaires des agonistes GnRH ou des progestatifs.
Guérison par la chirurgie ou chronicisation de l’endométriose par les médicaments ?
La question que nous, femmes qui souffrons d’endométriose, devons être les premières à nous poser est celle-ci : à qui profite l’impasse thérapeutique actuelle, résultant d'une involution, d'une régression des pratiques ? Oui, régression, car, comme le dit David B. Redwine, on sait depuis longtemps traiter chirurgicalement l'endométriose, notamment par laparotomie, qui ne date pas d'hier. C'était un traitement lourd, certes, mais efficace. Vouloir moderniser à tout prix n'a pas que des avantages. De nos jours, on présente la laparotomie comme la fin du monde, alors qu'elle est parfois nécessaire dans les atteintes digestives étendues, par exemple.
Quels intérêts sont privilégiés par l’approche actuelle de l’endométriose ? L’intérêt de la santé des patientes ou celui des laboratoires et des médecins leaders d’opinion à leur solde, qui tirent des bénéfices en chronicisant la maladie au moyen de pseudo-traitements médicamenteux et de chirurgies incomplètes et répétées ?
Le chirurgien David B. Redwine et l’endométriose
David B. Redwine est l’un des spécialistes mondialement reconnus de l’endométriose. Ses écrits ont beaucoup contribué à une meilleure connaissance de cette maladie sous ses différentes formes et localisations. Ce chirurgien est l’un des pionniers de la technique chirurgicale la plus performante et qui s’impose partout dans le monde : l’exérèse radicale et complète des lésions, nodules et autres kystes d’endométriose, tout en préservant les organes. Il refuse de livrer les malades à l’industrie pharmaceutique et aux pontes de la médecine qui servent de VRP à cette dernière pour faire vendre des produits hormonaux (Enantone, Décapeptyl, progestatifs, qui ne résolvent rien, rendent les opérations incomplètes et entraînent des risques non négligeables pour la santé des femmes). Et il a choisi de pouvoir opérer en toute indépendance, loin des pressions pharmaceutiques, en fondant sa propre clinique. Cet aspect mérite d'être évoqué, parce qu'on ne s'attend pas à trouver le numéro un dans une petite ville du fin fond de l'Oregon... Mais pratiquer dans un grand centre hospitalier aurait voulu dire s'adapter aux pratiques ambiantes, du moins au début.
Le succès obtenu par Redwine prouve l'efficacité de son approche ; il obtient, selon les dires de centaines de ses patientes avec lesquelles nous dialoguons, jusqu’à 70% de cas de GUERISON. Il en va plus ou moins de même des autres chirurgiens américains, canadiens et allemands. Pensons par exemple au Pr Marc Possover, qui a la même approche. Dommage que ce chirurgien né en France et qui a fait sa médecine à Nancy ne soit pas resté chez nous… Il exerce à Cologne, en Allemagne.
Les succès d’une chirurgie bien faite marginaliseraient beaucoup de profiteurs si elle se généralisait…
Oui, vous avez bien lu. Jusqu’à 70% de guérison de l’endométriose, cette maladie qui est un calvaire pour les femmes françaises (et autres) qu’on habitue à l’idée d’une maladie chronique incurable, qui doit alterner traitements hormonaux et opérations incomplètes. Ces femmes qui entendent même dire, par des médecins - et des charlatans psy à la recherche de leur quart d’heure de gloire - que si les traitements hormonaux ne marchent pas, c’est que c’est dans la tête qu’elles sont malades… Parfaite justification pour les chirurgiens qui font du mauvais travail, ce qui est le cas de la plupart d'entre eux, parce qu'ils ne sont pas formés. Nous avons, en France, tout au plus une dizaine de chirurgiens spécialisés. Et ces derniers ont pratiquement tous des conflits d'intérêts faciles à démontrer, ce qui veut dire qu'à une exception près, ils imposent tous un traitement hormonal pré-opératoire.
Tous les médecins qui sont sous contrat avec les laboratoires concernés (Takeda Abbott, Ipsen, Wyeth, Astra Zeneca, Sanofi-Aventis, Théramex, Organon…) tirent des bénéfices des prescriptions médicamenteuses à ces femmes qui sont des pigeons parfaits, puisque, vu que ces traitements hormonaux n’ont aucune chance de marcher à la longue, elles rempliront aussi les cabinets des psychiatres, psychologues et psychanalystes, comme de beaucoup d’homéopathes et même de charlatans de toute sorte, à la recherche d’autres médicaments et/ou thérapies qui pourraient soulager leurs douleurs.
Le comble est atteint par les discours qui vantent le soi-disant « traitement empirique », consistant, en cas de soupçon d’endométriose, à ne plus adresser les patientes à un chirurgien spécialisé – et si possible dans l’un des trois centres français un peu plus avancés en matière d’exérèse -, mais à instituer d’emblée un traitement hormonal de plusieurs années, en aveugle, sans aucun diagnostic ( !!). Chose dangereuse s’il en est, parce que seule la chirurgie est capable non seulement de voir l’étendue des foyers et de les éradiquer – lorsque l’exérèse sans traitement préalable est pratiquée -, mais aussi la seule en mesure d’éliminer définitivement un diagnostic différentiel de cancer des ovaires, par exemple.
Les traitements hormonaux sous la loupe critique : deux approches et leurs conséquences
Insistons sur les « traitements » hormonaux, pour que l’écart entre les deux approches soit encore plus évident. Et les conséquences dramatiques du mauvais choix français aussi :
- On a d’une part certains chirurgiens qui rejettent tout "traitement" hormonal comme inutile, contre-productif et trop dangereux et font en sorte d’appliquer une exérèse soigneuse qui enlève toutes les localisations d’endométriose, où qu’elles soient et quelle que soit leur forme et leur âge, passant parfois une journée avec la même patiente au bloc opératoire, ce qui leur permet d'obtenir de très bons résultats sans mettre en danger la santé des femmes à court ou plus long terme (par les effets secondaires des pseudo-« thérapies » hormonales).
- Et nous avons d’autre part l'immense majorité des gynécologues et chirurgiens gynécologues français qui chronicisent l’endométriose au lieu de la guérir, et ce au moyen de prescriptions hormonales, très lucratives pour eux comme pour les laboratoires Takeda Abbott, Ipsen, Organon, et les autres qui ont des licences dans divers pays. Très lucratives pour les médecins dans la mesure où ils sont sous contrat avec les laboratoires pharmaceutiques en question.
Sauf cas rarissimes, les pseudo-traitements hormonaux de type analogues agonistes GnRH / LHRH tels que Enantone (Lupron aux Etats-Unis et Canada, Lucrin ailleurs, etc.), Décapeptyl, Synarel, Suprefact, Zoladex, ou encore les progestatifs (Surgestone, Lutéran, Lutényl, Cérazette, Androcur…) n’ont aucune justification en endométriose. Ils ne peuvent que réduire fortement les chances de succès de la chirurgie.
Pour un maximum de chances de succès, les examens radiologiques préalables et l’intervention chirurgicale doivent se faire sans traitement hormonal. Celui-ci est contre-productif en pré-opératoire, et des études ont démontré sans l'ombre d'un doute qu'il n'a aucune utilité en post-opératoire.
Les recommandations officielles limitent les traitements, c’est déjà ça…
C’est exactement ce que disent les recommandations de l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), qui devraient valoir pour tous les médecins et chirurgiens de France et de Navarre, notamment dans les conclusions formulées par un groupe de travail de spécialistes et intitulées « Les traitements médicamenteux de l’endométriose génitale » (p.33sq). (Dommage que les auteurs ne soient pas allés plus loin, mais c'est déjà mieux que rien. Comment auraient-ils pu aller plus loin, vu les conflits d'intérêts dont l'association a obtenu le détail après moultes insistance auprès de l'AFSSAPS? Il n'est dit nulle part que le Pr Emile Daraï, qui a dirigé ces recommandations, a été payé en même temps par le laboratoire Ipsen (producteur du Décapptyl) pour écrire une monographie sur l'endométriose... Ce n'est qu'un exemple, et nous reviendrons en détail sur les conflits d'intérêts, parce qu'ils sont effrayants.
Que disent ces recommandations?
- Une seule "cure" par vie de femme : Les « traitements » par les analogues agonistes GnRH (Enantone, Décapeptyl, Gonapeptyl, Zoladex et Cie) ne doivent pas être répétés, même à distance : une seule cure de 6 mois, c’est tout. Et seulement en dernier recours. Ca, c'est sur le papier. En pratique, de nombreuses femmes se voient prescrire ces médicaments pendant des années, soit en continu, soit en plusieurs "cures". Et d'emblée.
- Pas d'utilité en post-opératoire, comme nous le disions ci-dessus.
- Dans l’infertilité : aucun intérêt des traitements hormonaux: Ni les agonistes GnRH ni les progestatifs n’ont d'effet bénéfiques dans l’infertilité, où ils ne sont qu’une perte de temps, et c'est dit texto, de façon très claire, à la page 68-69 des recommandations. Là encore, ce n'est que sur le papier. En réalité, non seulement les agonistes sont prescrits très largement, mais beaucoup de médecins les imposent en culpabilisant les femmes qui ne veulent pas les prendre - ou les reprendre -, en leur disant que c'est là leur unique chance de tomber enceintes: après le traitement. Alors que les études ont montré que les femmes ont les meilleures chances après une exérèse complète sans traitement hormonal.
Un mot sur les agonistes et les grossesses
Ce sujet - infertilité, grossesse, contraception... - mérite un article à part, puisqu'il y a beaucoup à dire sur les grossesses en rapport avec les agonistes: effets abortifs, malformations, utilisation trop légère dans la procréation médicalement assistée, dégâts potentiels sur la fertilité des enfants exposés pendant la grossesse de leurs mères ou lors d'un traitement de la puberté précoce centrale, etc.
De même, les médecins ne mettent pas en garde sur le fait que les agonistes ne sont pas contraceptifs, ce qui est pourtant dit dans toutes les notices anglophones, qui recommandent l'utilisation d'un contraceptif non hormonal pendant toute la durée du traitement et jusqu'au retour des règles. Les analogues de type Enantone, Décapeptyl, Synarel... augmentent même le potentiel de conception pendant la première phase du traitement, caractérisée par une hausse du taux d'oestrogènes. La chute à des taux de ménopause n'arrive qu'en un deuxième temps, et c'est d'ailleurs pourquoi ces médicaments s'appellent "agonistes". Pendant la première phase - celle de stimulation hormonale - les agonistes GnRH ont un effet similaire à celui du Distilbène, et on peut s'attendre à des effets secondaires semblables à la deuxième et troisième génération. L'exposition des foetus mâles à de forts taux d'oestrogènes pendant la période de différenciation sexuelle - en gros pendant les premières 8 semaines - pose d'autres problèmes.
Comment les chirurgiens pourraient-ils opérer bien ce qu’ils ne peuvent pas voir?
Comme disait le Pr Marc POSSOVER : « le chirurgien ne peut enlever que les foyers d’endométriose qu’il peut voir (et c’est pourquoi il est important d’opérer pendant les règles et de ne pas prescrire de thérapie hormonale préopératoire) (…). Même si la décision de subir une intervention chirurgicale n’est pas facile pour la patiente ou le médecin, l’endométriose recto-vaginale, celle affectant le rectum, la vessie ou l’uretère doit toujours être opérée de façon à ne pas perdre de temps en essayant divers médicaments“.
Le fait est
- que beaucoup de lésions seront moins visibles à la chirurgie, sous l’effet des thérapies pseudo-hormonales qui peuvent en diminuer ponctuellement la taille et en obscurcir les contours et les dimensions,
- que les lésions "jeunes", "subtiles et atypiques, à localisation surtout péritonéale, peuvent régresser à un stade microscopique et ne pas être vues par le chirurgien, à cause des "traitements" hormonaux. Cette régression n'est pas un traitement à proprement parler, puisqu'elle n’est que temporaire, et aucune lésion n’est "asséchée" par la médication. (C’est un terme largement véhiculé par la propagande des laboratoires et par leurs valets en blouse blanche, pour lesquels les contrats lucratifs, les postes de consultants et autres avantages valent plus que l’intérêt de la santé des patientes. Dès le retour des règles, ces lésions seront tout aussi douloureuses qu’avant. Les médicaments n’auront pas non plus "bloqué" l’évolution de la maladie, mais en auront favorisé l’évolution sous des formes telles la fibrose et l’atrophie des organes reproducteurs – ce qui peut induire une insuffisance ovarienne, voire même une ménopause définitive, évoquée dans la monographie canadienne du Zoladex (p. 6), entre autres).
- Les ovaires et d’autres organes peuvent être endommagés par la chirurgie à cause de l’atrophie des tissus provoquée par les progestatifs et l’Enantone/ Décapeptyl, etc. - danger que connaissent et redoutent les urologues opérant les cancers de la prostate. Dans cette maladie, les opérations ne se font plus sous traitements médicaux, parce que les chirurgiens ne pourraient pas voir correctement les contours de la tumeur, ce qui fait qu’ils en enlèveraient soit trop, soit pas assez. Il en va de même pour les ovaires, où les capsules (= parois) des kystes d’endométriose (= endométriomes) ne diffèrent plus aussi nettement du tissu ovarien sain lorsqu’un Décapeptyl a tout atrophié avant l'intervention… Ce qui fait que les chirurgiens risquent fort d’exciser trop et d’endommager le potentiel reproducteur des femmes en question.
- Le traitement hormonal (par analogues agonistes GnRH ou par progestatifs, qui sont également inefficaces) occulte aussi l’inflammation en surface (sur le péritoine, par exemple), qui est pourtant le seul "guide" indiquant au chirurgien qu’il faut creuser plus en profondeur, pour arriver à une lésion plus profonde, rétropéritonéale, ligamentaire, dans le cul de sac de Douglas, intestinale…
Effets secondaires ignorés, car ils pourraient mettre en danger les profits
Il ne s’agit pas ici d’énumérer tous les méfaits de ces pseudo-traitements ; nous avons constaté un nombre impressionnant d’effets secondaires, et les témoignages postés sur le groupe de discussion de l'Association Victimes Enantone - agonistes GnRH, ainsi que certains articles de ce blog ont de quoi faire pleurer les pierres… (Mais ils ne font pas pleurer les laboratoires, puisqu’un tel intérêt pour la souffrance d’autrui irait à l’encontre de la recherche effrénée de profit dont l’industrie pharmaceutique a fait preuve très souvent, au mépris de la santé des patients. Rappelons le Distilbène, le Vioxx, l’Agréal, le Zyprexa, l'Accomplia, le Champix, le Cholstat/ Lipobay, le Raptiva et bien d’autres)…
Rappelons ici que les médecins ne sont pas formés à s'intéresser aux effets secondaires et à les reconnaître; ils ne les notifient pas non plus aux instances chargées de pharmacovigilance (AFSSAPS), ce qui est pourtant une obligation légale. On parle de "sous-notification" chronique, et les estimations officielles chiffrent à maximum 5% le taux d'effets indésirables rapportés par les professionnels de santé aux autorités sanitaires. Donc au moins 95% des effets secondaires ne sont pas notifiés à la pharmacovigilance, donc les notices n’évoluent pas, donc les médecins n’en sont pas informés, donc les victimes ne sont pas prises au sérieux, donc chaque médecin confronté à une réaction adverse grave – ce sont elles qui devraient être notifiées, mais ne le sont pas – dira à la patiente souffrant d’endométriose, au patient souffrant de cancer de la prostate ou aux parents d’un enfant souffrant de puberté précoce, que ce cas est unique, qu’il n’a jamais entendu parler de tels effets secondaires et que les réactions en question ne sont certainement pas dues à Enantone ou Décapeptyl ou Zoladex… Cercle vicieux de la désinformation, comme vous le verrez encore mieux en cliquant sur les liens donnés un peu plus bas.
Nous avons deux fichiers contenant tous les effets secondaires de l'Enantone signalés à la pharmacovigilance des Etats-Unis. Pour la même période, le rapport est de à peu près 10.000 signalements pour les Etats-Unis versus 70 pour la France (données de l'AFSSAPS, obtenues par l'association après d'énormes insistances). De plus, les signalements français ne concernent en majorité que des effets secondaires assez peu sévères.
Les essais cliniques, les études et la recherche en général portant sur les médicaments pour lesquels l'industrie souhaite obtenir une AMM (autorisation de mise sur le marché) ne sont pas conçus de façon à mettre en évidence les effets secondaires des médicaments ; bien au contraire, puisque cela réduirait les chances de voir ces médicaments homologués, et surtout d'obtenir l'extension de l'homologation à un maximum d'indications possibles (indications = maladies dans lesquelles la prescription de ces médicaments est autorisée/ indiquée/ légale).
Ainsi, si des médicaments tels Enantone, Décapeptyl, Synarel ou Zoladex ont obtenu l'autorisation dans l'endométriose et les fibromes et sont utilisés aussi facilement au-delà des limites d'âge en puberté précoce, c'est justement parce que les laboratoires ne se sont pas étendus sur les effets secondaires... En France, ils ne reconnaissent même pas les effets indésirables qu'ils reconnaissent dans d'autres pays, c'est dire à quel point nous sommes mal lotis... Une fois l'AMM obtenue pour les cancers de la prostate, puis du sein, où les effets secondaires sont plus facilement « justifiables », vu la nature de la maladie, les laboratoires ont pu facilement obtenir l'extension d'indication à d'autres maladies, puisqu'ils ont tout fait - et font toujours tout - pour minimiser les réactions adverses rencontrées dans les maladies bénignes.
A titre d'exemple, c'est en 2007 que la notice française et le RCP (résumé des caractéristiques du produit, qui est la description plus détaillée figurant dans le Vidal) reconnaissent enfin que l'Enantone - et donc tous les autres médicaments de la classe des agonistes GnRH - peut provoquer une apoplexie hypophysaire, qui est une urgence neurochirurgicale pouvant survenir dès les premières heures après l'injection et pouvant entraîner des insuffisances hormonales multiples et irréversibles, voire même la mort des patients. L'apoplexie de l'hypophyse figurait déjà depuis 8 ou 9 ans dans les notices anglophones (Etats-Unis...) en libre accès... Mais même maintenant, aucun(e) patient(e) n’est mis(e) en garde par son médecin d’un tel risque, et l’ignorance des malades est toujours la même, malgré la modification de la notice. On n’en parle pas. On ne parle pas non plus des adénomes hypophysaires, ces tumeurs bénignes de la glande pituitaire qui peuvent littéralement exploser lors d'une apoplexie hypophysaire ou alors causer des problèmes hormonaux et/ou autres (appuyer sur les nerfs optiques qui se croisent juste au-dessus de l'hypophyse, etc.)
L'administration d'un médicament qui peut tuer par apoplexie, hémorragie ou nécrose de l'hypophyse est difficilement justifiable même en cas de traitement d'un cancer de la prostate, d'autant plus que l'on sait que les hommes traités auront aussi de forts risques de développer des maladies cardiovasculaires - ou de décéder d'une mort subite par arrêt cardiaque, d'ailleurs -, de développer un diabète, un syndrome métabolique (ou d'insulinorésistance), etc. Voir à ce sujet plusieurs articles sur ce blog, tels celui-ci ou encore cet article qui reprend une grande partie de la monographie canadienne de l'Enantone (Lupron aux USA et Canada) datant de 1999... On voit clairement que ces effets secondaires sont connus depuis très longtemps, depuis les essais cliniques d'avant la mise sur le marché pour beaucoup d'entre eux. Et pourtant, aucune réaction adverse cardiovasculaire ne figure dans la notice et le RCP français à ce jour... Or pas de mise en garde veut dire pas de prévention, pas de suivi. On met littéralement la vie des patients en danger par ce manque d'information.
Le silence et la désinformation sont aussi responsables d'une surutilisation d'Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Eligard et Cie dans des formes de cancer de la prostate qui devraient être soignées autrement, ou alors faire simplement l'objet d'une surveillance attentive (watchful waiting), afin de voir s'ils sont évolutifs ou non. Car, comme on le dit depuis des années à l'étranger, le traitement médicamenteux risque de tuer plus que le cancer lui-même, et c'est pour cela qu'il doit être réservé aux cas métastasés, inopérables, après une évaluation soigneuse et au cas par cas du rapport bénéfices - risques. Or en réalité, des pratiques de "prévention" mal comprise consistant à faire des dosages systématiques du PSA aboutissent souvent à la détection de certains cancers qui ne poseraient pas le moindre problème aux hommes en question et mène à des traitements immédiats par Enantone (avec la variante Eligard), Décapeptyl ou Zoladex, associés souvent à un anti-androgène non stéroïdien de type Casodex.
Nous disions donc que la prescription d'un médicament qui peut tuer est difficilement justifiable même en cas de cancer. Alors prescrire un tel traitement non seulement n'a pas la moindre justification, mais devient irresponsable dans une indication telle qu'un banal fibrome (en préopératoire) ou une endométriose; ou encore chez les enfants ayant atteint un âge limite pour considérer qu'ils souffrent d'une puberté précoce centrale. Sans parler des cas où on expose des enfants qui ont déjà dépassé cet âge limite (qui est de 8 ans chez les filles, 10 ans chez les garçons) à des risques mortels - même s'ils sont rares - pour leur faire éventuellement gagner 3 cm, car c'est cela le gain moyen en taille finale...
Il y a bien entendu d'autres effets secondaires décrits dans d'autres articles sur ce blog.
Désinformation organisée sur les effets secondaires: ignorance voulue et entretenue
Et puis, pour avoir une vue d'ensemble, il faut lire cet article qui rend compte du fait que le contrôle total de l'industrie pharmaceutique sur l'information et la recherche médicales - appelé ghost management par les critiques - aboutit en Europe à un état d'ignorance des effets indésirables stupéfiant, comme le constate un spécialiste américain repris par la revue indépendante Prescrire. Ce contrôle mène aussi à une véritable désinformation voulue et entretenue à des degrés divers par tous les acteurs intervenant dans ce domaine, y compris par les autorités sanitaires chargées de pharmacovigilance et de l'information sur les risques. Voir à ce sujet l'article "Silence et désinformation organisée sur les effets secondaires des médicaments". (A noter que la revue Prescrire elle-même entretient la désinformation quant aux effets secondaires des médicaments, pourtant très largement reconnus par la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm, par exemple (voir cette note). Les deux revues collaborent, et c'est pourquoi l'énorme contraste sur ce point est carrément choquant).
Vous pouvez lire les articles du site Pharmacritique pour comprendre ce qu’il en est, à quel point les laboratoires pharmaceutiques contrôlent toute l’information médicale, se mettent les médecins dans la poche en finançant leur formation médicale continue, en leur apportant divers avantages via les visiteurs médicaux des laboratoires que 95% des praticiens continuent à recevoir, en les payant à titre de consultant, etc. Et en utilisant divers moyens d'influence pour qu’ils prescrivent les médicaments les plus profitables. Regardez ce que coûte l'Enantone, et vous aurez la réponse au "pourquoi?"
Rappelons ici simplement les chiffres donnés par le rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), paru en 2007 : l’industrie pharmaceutique dépense 23.000 euros par an et par médecin généraliste, soi-disant pour l'informer. Alors on peut imaginer ce qu’ils paient pour influencer les spécialistes et surtout les grands pontes, ceux qu’on appelle leaders d’opinion (voir ce dossier d’un grand journal médical à ce sujet) justement parce qu’ils ont un fort impact sur l’opinion de leurs confrères, à travers les sociétés savantes, les comités scientifiques des associations de malades (y compris des associations d’endométriosiques), les revues médicales, les media, les services hospitaliers spécialisés, de même qu'à travers leur expertise auprès des autorités sanitaires…
Que pensent les spécialistes de l’endométriose non soumis aux laboratoires de tous ces « traitements » hormonaux ?
Comme le disait le chirurgien américain Harry REICH, lui aussi très réputé grâce à ses résultats obtenus par exérèse sans traitement hormonal préalable : l’utilité de l’Enantone est nulle. Regardez la vidéo que nous avons reprise et dont nous avons traduit les grandes lignes sur cette page : « L’exérèse radicale, sans traitement hormonal: seule solution dans l’endométriose. L’Enantone, "c’est zéro", dit l’expert Harry Reich ».
Quant à David B. REDWINE, il dit et redit ce qui est l’évidence même : « Johannes EVERS a montré en 1988 (…) que chez des patientes sous agonistes GnRH [Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Gonapeptyl, Synarel, etc.] toute l’endométriose ne sera pas visible au moment de la chirurgie. Si on arrête l’agoniste et qu’on attend trois mois, plus d’endométriose sera visible – c’est l'une des choses qui m’inquiètent à propos des agonistes de la GnRH et de ces médecins qui disent que ces médicaments rendraient l’opération plus facile. Serait-elle plus facile parce qu’ils voient moins de lésions et donc que l’intervention chirurgicale est incomplète? Je pense que c’est précisément ce qui arrive; donc je préfère voir la maladie à son apogée, stimulée par autant d’œstrogènes que possible, afin que j’aie toute possibilité de la trouver et de l’enlever [partout où elle est]. »
Et, dans un autre contexte :« J’ai opéré des centaines de patientes, préalablement traitées par Enantone. Puisque je n’ai vu aucune thérapie médicamenteuse réussie, par Enantone [Lupron aux Etats-Unis et au Canada], par exemple, mon impression est que les effets secondaires et le coût de l’Enantone dépassent de loin tout bénéfice éventuel. »
Ou encore ici : « Il est clair que la thérapie médicamenteuse de l’endométriose n’éradique pas la maladie. En ce sens, cette thérapie correspond à ce qu’on reproche à la médecine de faire (...) : elle traite les symptômes, pas la maladie. (…) Malheureusement, ces thérapies médicales ont des effets secondaires sévères (…). Donc je n’utilise pas de thérapie médicamenteuse pour mes patientes parce que je sais que cela ne marche pas pour traiter et éradiquer la maladie. »
Quelques autres avis sur l’endométriose et l'absence d’efficacité des pseudo-thérapies médicamenteuses figurent dans notre article « Un traitement hormonal par Enantone, Décapeptyl ou progestatifs est-il utile en endométriose ou en fibromes? Vues d'experts »
Le texte de David B. Redwine: "Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne"
Après cette longue introduction, que vous pouvez compléter en lisant d’autres articles détaillant les effets secondaires, sur ce blog ou dans les groupes de discussion tels "Victimes Enantone", vous comprendrez plus facilement le texte de David B. Redwine, paru début 2005 dans la revue italienne Leadership Medica. L‘original peut être lu sur cette page. Il s'agit d'en finir avec les préjugés d'un autre âge, avec cette ignorance et ces clichés savamment entretenus pour justifier le maintien du statu quo, c'est-à-dire cette chronicisation de l'endométriose pour les profits des laboratoires et de leurs consultants.
Aux patientes de prendre les choses en main pour ne plus subir!
Lorsque nous ouvrirons les yeux, nous taperons du poing sur la table et ferons ce qu'il faut pour que la recherche s'oriente vers ce qui est d'ores et déjà reconnu comme la meilleure chance des endométriosiques par ceux qui vont au-delà de l'écran de fumée des laboratoires et de leurs vassaux en blouse blanche: des centres d'excellence, avec des équipes de chirurgiens de plusieurs spécialités, capables d'opérer tous les foyers / lésions / kystes / nodules en même temps, en conservant les organes, et sans se condamner d'emblée à l'échec par l'usage d'agonistes GnRH et/ou de progestatifs. Ces centres-là sont les plus à même d'améliorer la technique de l'exérèse radicale et trouver des solutions chirurgicales encore meilleures, si et seulement si, ils arrêtent la "collaboration" avec les laboratoires qui financent leurs recherches à condition que les protocoles incluent leurs médicaments...
Les femmes souffrant d'endométriose doivent refuser ces pseudo-traitements et insister auprès de ces grands pontes pour qu'ils ne travaillent enfin que dans l'intérêt de la santé de leurs patientes. Ils perdront certes de l'argent, mais seront recompensés par des résultats bien meilleurs et par une réputation qui ne cessera de grandir lorsqu'ils pourront afficher ces résultats. Savez-vous, patientes, et vous médecins non spécialisés, qu'à l'heure actuelle, l'influence des laboratoires est tellement grande qu'acune recherche / étude n'est faite avec la chirurgie seule? Les protocoles prévoient toujours deux ou trois étapes: médicament - chirurgie - et éventuellement encore médicament, ce qui ne laisse aucune chance de succès complet et ne permet pas non plus l'évaluation des résultats de la chirurgie seule.
Cette façon de faire est par ailleurs contraire à l'éthique médicale, sans parler de la déontologie qui stipule que les médecins doivent choisir les thérapeutiques les plus aptes à soigner une maladie avec le plus de chances de succès et avec le moins d'effets secondaires.
05:41 Publié dans Endométriose: guérir par chirurgie ou chroniciser? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : traitement hormonal de l'endométriose, analogues agonistes gnrh, enantone, décapeptyl, zoladex, progestatifs, guérison de l'endométriose, exérèse radicale, effets secondaires, ménopause définitive, apoplexie hypophysaire, chirurgie ou médicaments, lobby pharmaceutique
04.11.2008
L'hormonothérapie du cancer localisé de la prostate n'améliore pas la survie et a des effets secondaires importants
Claude Béraud est professeur d’hématologie et membre du Conseil scientifique de la Mutualité française. Sur son blog, il aborde divers sujets relevant de la pratique clinique. Au mois de juillet 2008, il rend compte d’une grande étude observationnelle ayant pour objectif de voir si l’hormonothérapie – le traitement par agonistes GnRH de type Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Bigoniste, Eligard - améliore les chances de survie des hommes âgés souffrant d’un cancer de la prostate localisé. Non seulement ce n'est pas le cas, mais en plus, les effets secondaires d'Enantone, Décapeptyl et les autres diminuent fortement la qualité de vie des malades et peuvent être sévères: diabète, crise cardiaque, etc.
Nous citons ici le texte intégral tel qu’il figure sur le blog du Pr Béraud. Ca vaut le détour !!
Le traitement hormonal du cancer localisé de la prostate n’améliore pas la survie
« La très grande majorité des cancers de la prostate (85%) sont découverts chez des hommes de plus de 65 ans à un stade localisé (T1 ouT2). Divers traitements ont été proposés notamment la chirurgie ou la radiothérapie mais aussi la simple surveillance, éventuellement suivie d’une intervention si des complications apparaissent. Une thérapeutique hormonale semble dans une nouvelle étude sans utilité pour ces malades.
Pourtant cette thérapeutique est probablement largement prescrite aux malades qui n’ont pas choisi le traitement chirurgical ou radiothérapique. Les bénéfices de cette prescription sont mal connus. Par contre les risque du traitement sont fréquents et parfois graves : fractures, diabète, infarctus du myocarde prise de poids, gynécomastie, bouffées de chaleur, impuissance. Une étude observationnelle vient d’être publiée pour évaluer les bénéfices sur l’espérance de vie de ce traitement hormonal dans les cancers localisés.[1].
Les malades sélectionnés au nombre de 19271 avaient un âge médian de 77 ans. Aucun , par définition, n’avait bénéficié d’un traitement chirurgical ou radiothérapique. Les données sur leur état de santé, venant de leur service d’assurance maladie (Medicare), étaient très détaillées et permettaient une connaissance approfondie des facteurs habituels de confusion observés dans les études observationnelles.
Parmi ces 19271 malades atteints d’un cancer localisé : 7867 ( 41%) avaient reçu un traitement à visée hormonale soit une orchidectomie soit un agoniste de la LHRH ( Luteinizing Hormone Releasing Hormone [appelés aussi agonistes de la GnRH : gonadotrophin-releasing hormone]). Le diagnostic avait été porté entre 1992 et 2002 et le suivi médian de la survie était de 81 mois.
Les sujets ayant reçu un traitement hormonal ont été comparés à ceux qui n’avaient pas reçu de traitement. Les deux groupes différaient dans certaines de leurs caractéristiques notamment les sujets sans traitement avaient un taux de cancers bien différentiés plus important et un taux de cancers pauvrement différentiés plus faible.
Ces données constituaient un biais attendu par les auteurs car la décision de traiter ou non dépend du choix des patients mais également de l’opinion des médecins qui ont tendance à ne pas traiter les sujets dont les biopsies montrent une tumeur bien différentiée d’un meilleur pronostic.
La mortalité globale et celle liée spécifiquement au cancer étaient les deux critères étudiés.
Les covariables enregistrées étaient très nombreuses et couvraient les modes de vie, l’habitat les caractéristiques histologiques de la tumeur, son stage et le score de Gleason.
Une méthodologie connue des épidémiologistes, depuis plusieurs années, mais encore peu employée l’Instrumental Variable Analysis (IVA), fut utilisée en complément des techniques habituelles de régression afin de minimiser les biais cachés inhérents à toutes les études qui ne sont pas randomisées (cf. encadré)
Durant le suivi, allant de 1999- 2002 à décembre 2006 pour toutes les causes de mortalité et au 01 janvier 2005 pour la mortalité liée au cancer, furent observées, chez les 19271 malades, 1560 décès par cancer de la prostate et 11045 décès liés à l’ensemble des causes.
Lors d’une analyse statistique classique (modèle de Cox), les auteurs constatèrent une survie diminuée en raison d’une plus grande mortalité par cancer ou par une autre cause chez les sujets ayant reçu un traitement à visée hormonale.
Lorsque l’IVA fut utilisée une faible augmentation de la mortalité par cancer persistait mais la durée totale de survie n’était pas modifiée (82 mois). Qui plus est chez les hommes dont les cancers étaient à bas risque, en raison d’une forte différentiation histologique de la tumeur, le traitement hormonal diminuait la survie. Pour expliquer cette constatation les auteurs évoquent la possibilité du développement des cellules les moins différentiées de la tumeur sous l’influence du traitement hormonal.
Les études comparant le traitement hormonal à un traitement conservateur consistant à surveiller le patient et à intervenir en cas de complication sont peu nombreuses souvent non comparatives et ont un suivi limité dans le temps. Une étude randomisée utilisant un anti-androgène (le bicalutamide [Casodex]) conclut à une diminution de la survie chez les malades traités. D’autres études vont dans le même sens : le traitement hormonal n’apporte pas un réel bénéfice sauf peut être dans les groupes de sujets à haut risque.
Conclusion
Les sujets âgés, atteints d’un cancer localisé de la prostate, auxquels est prescrit un traitement hormonal, ne tirent aucune utilité de ce traitement mais doivent en subir les effets indésirables. Compte tenu d’un rapport bénéfices/risques manifestement défavorable, sachant aussi le coût économique d’un traitement dont les prescriptions semblent plus nombreuses ces dernières années, il est raisonnable chez les hommes âgés de plus de 70 ans atteints d’une cancer localisé de la prostate de ne pas le prescrire l. Cette position rejoint la récente recommandation scientifique du National Institute for Health and Clinical Excellence [2] qui conseille ce traitement comme un adjuvant à la radiothérapie pendant un minimum de deux ans chez des malades dont le score de Gleason est égal ou supérieur à 8, et de ne pas le prescrire après prostatectomie. »
[Suit une analyse des études observationnelles, que vous pouvez lire sur le site original]
Notes
- [1] Lu Yao G L. and al Survival following primary androgen deprivation therapy among men with localised prostate cancer. JAMA 2008 ; 3000 : 173-181
- [2] NICE Prostate cancer Clinical Guide 58 ; 27 february 2008
- [3] Hernan M A and al Instruments for causal inférence : an epidemiologist’s dream Epidemiology 2006 ; 17 : 360-372.
- [4] Bratman L E. Rare outcomes, common treatments : analytic strategies using propensity scores Ann Intern Med. 2002 ; 137 : 693-696
- [5] Stukel TA.Analysis of observational studies in the presence of selections bias. Effects of invasive cardiac management on AMI survival using propensity score and instrumental variable methods. JAMA 2007 ;297 :278-285
23:48 Publié dans Hormonothérapie inutile cancer prostate localisé | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : enantone, décapeptyl, effets secondaires, survie, mortalité, cancer prostate localisé
01.08.2008
L’exérèse radicale, sans traitement hormonal : seule solution dans l’endométriose. L’Enantone, "c’est zéro", dit l’expert Harry Reich
Nous présentons les grandes lignes de la discussion, pour les lecteurs qui ne comprennent pas l’anglais.
Mais autant dire tout de suite que ce qui intéresse, c’est la nécessité de se faire opérer par des chirurgiens maîtrisant la seule technique capable de guérir l’endométriose dans 50% des cas (et plus avec une deuxième opération, comme il est dit dans un autre document). Cette technique est l’exérèse radicale et sans traitement hormonal. Pour Reich, l’Enantone, représentative des traitements hormonaux, a une efficacité nulle : "c’est zéro". "Ca ne marche pas du tout".
La discussion porte d’abord sur la difficulté qu’ont les femmes américaines à obtenir un traitement chirurgical correct, parce que l’assurance maladie crée des obstacles : elle oblige les femmes à s’adresser aux chirurgiens gynécologues de proximité et ne rembourse pas correctement les spécialistes qui font des opérations extensives pour exciser toutes les lésions d’endométriose. Un chirurgien qui fait un travail de surface est tout autant payé que celui qui y passe des heures.
[En France, cette pression se fait moins sentir, mais les chirurgiens veulent quand même aller vite et opérer le plus de patientes en un minimum de temps, à cause du paiement à l’acte… Plus ils font d’opérations, plus ils sont payés et plus ils peuvent inclure de femmes dans leurs études qui seront d'autant plus courtes et publiées rapidement].
Les traitements à la va-vite, superficiels et avec des techniques dépassées ne valent rien, dit Reich, qui ajoute que le seul traitement efficace est l’exérèse des lésions [couper la lésion, le kyste, le nodule, etc. en entier, ne rien laisser. L’exérèse est en ce sens radicale et bien plus efficace que les techniques de coagulation/ cautérisation, de vaporisation, d’ablation par laser, de « grattage », etc., dont on sait pertinemment que le taux de récidive est très important].L’efficacité de l’exérèse chirurgicale – quelle que soit la localisation d’endométriose - a été démontrée à maintes reprises, par les résultats des études médicales et des équipes qui la pratiquent. Les chirurgiens obtiennent un taux de 50% de guérison par exérèse radicale de l’endométriose. Alors que l’efficacité de l’Enantone [Lupron aux Etats-Unis et au Canada] est égale à zéro. C'est une mauvaise idée que de croire qu'un chirurgie incomplète pourra être complété par Enantone ou que celle-ci pourra avoir une quelconque efficacité. "Ca ne marche pas", dit Harry Reich de façon on ne peut plus claire.
Très peu de chirurgiens sont capables de réaliser une exérèse radicale de l’endométriose, et peu se forment à cette technique très exigeante et qui prend beaucoup de temps [il faut inspecter minutieusement, cm par cm, tous les organes, les plis et les replis du péritoine, etc.].L’hystérectomie est le pire « traitement » de l’endométriose et a démontré son inefficacité. Il n’est pas logique d’enlever un organe sain tout en laissant la maladie en place, par exemple sur le rectum, derrière l’utérus, ou ailleurs. Les femmes risquent d’avoir plus de douleurs après l’hystérectomie qu’avant, pour diverses raisons. La maladie ne disparaîtra pas comme par magie, si on la laisse derrière et qu’on n’enlève qu’un organe qui n’est pas touché. Un problème supplémentaire se pose lorsque l’hystérectomie laisse le col de l’utérus en place, et que celui-ci est touché par des lésions d’endométriose…
Il faut que les femmes se mobilisent et fassent pression pour que cette maladie soit mieux connue et pour que plus de chirurgiens soient formés aux techniques efficaces de traitement, à savoir l’exérèse radicale. C’est la seule solution. Il faut aussi que les chirurgiens apprennent à pratiquer l’exérèse de l’endométriose digestive (intestinale, située la plupart du temps sur le rectum et/ou le côlon sigmoïde), parce qu’ils se limitent trop souvent aux kystes et lésions génitales (ovaires, trompes, péritoine, ligaments, arrière de l’utérus…) et n’osent pas toucher aux intestins. Ou, s’ils le font, ils ne font pas une résection digestive [qui est l’exérèse appliquée aux intestins].
La seule solution, c’est la formation des chirurgiens à ces techniques et le travail en équipe avec des chirurgiens digestifs, etc.05:11 Publié dans Traitement hormonal inefficace: endo, fibromes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : exérèse radicale, enantone, décapeptyl, inefficace, hystérectomie, traitement hormonal
Compendium suisse: effets secondaires de l'Enantone chez les enfants (puberté précoce centrale)
Rappelons d'abord que l’Enantone s’appelle Lucrin en Suisse, Nouvelle-Zélande et en Australie. Et qu'il s'agisse d'Enantone, de
Gonapeptyl, Décapeptyl, Diphéréline, Trelstar, Prostap, Procrin, etc., tous ces médicaments sont du pareil au même. Ils composent la classe des analogues agonistes GnRH et ont tous les mêmes effets et les mêmes effets indésirables.
La notice du Compendium suisse des médicaments (équivalent de notre Vidal) décrit les effets secondaires de l'Enantone/ Lucrin chez les enfants traités pour puberté précoce centrale (c'est-à-dire une puberté intervenant AVANT l'âge de 8 ans chez les jeunes filles et de 10 ans chez les garçons). Au-delà de cet âge, la puberté est considérée comme normale, même si elle prend de court parents et enfants.
La puberté arrive de plus en plus tôt au fil des générations, pour toute une série de raisons, parmi lesquelles figurent l'exposition de l'organisme à des perturbateurs endocriniens, qui sont des substances agissant comme des hormones (pesticides, phytoestrogènes, phtalates, dioxines, etc.) et interférant avec le système endocrinien des êtres humains.
Extrait de la notice de l'Enantone/Lucrin contenue dans le Compendium suisse des médicaments :
« Du fait de l'effet stimulant naturel de l'acétate de leuproréline [nom générique de l’Enantone], les taux des gonadotrophines et des stéroïdes dépassent les valeurs basales usuelles au début du traitement. C'est pourquoi on peut observer une accentuation transitoire des signes et symptômes cliniques.
Pour le reste, les effets indésirables observés chez l'enfant sont pour l'essentiel les mêmes que ceux observés chez l'adulte lors de l'utilisation de Lucrin dans d'autres indications.
Chez l'enfant, on observe parfois en outre: des douleurs généralisées, un érythème polymorphe et une séborrhée. Des réactions locales graves au point d'injection (p. ex. abcès) peuvent survenir après une injection s.c. [sous-cutanée] comme après une injection i.m. [intramusculaire].
On a également signalé les phénomènes suivants: odeur corporelle, fièvre, infections, syncope, vasodilatation, dysphagie, gingivite, accélération de la maturité sexuelle, instabilité émotionnelle, troubles de la personnalité, épistaxis, alopécie, vergetures, douleurs mammaires, lactation, incontinence d'urine.
Généralement
On peut également observer des céphalées, des troubles du sommeil, un état dépressif, une nervosité, une fatigue, des vertiges, des nausées/vomissements, une prise de poids ou une diminution de poids, une diarrhée, une constipation, des troubles abdominaux, des paresthésies/fourmillements, des troubles visuels. On a également décrit des douleurs dorsales et des membres, une élévation ou une baisse de la pression artérielle. »
03:18 Publié dans Effets secondaires enfants/adolescents | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : enantone, lucrin, puberté précoce, douleurs, syncope, dépression, vertiges
05.07.2008
Notice canadienne Enantone (Lupron) en cancer de la prostate: effets indésirables
EXTRAITS DE LA NOTICE CANADIENNE: LUPRON = ENANTONE. Leuprolide est le nom anglophone du principe actif de l'enantone: acétate de leuproréline.
Effets indésirables chez les hommes
http://abbott.ca/fr_CA/content/document/lupron_prostate_2...
EFFETS SECONDAIRES : Cancer de la prostate
Certains effets secondaires du leuprolide sont liés à son action pharmacologique spécifique, notamment : augmentation et diminution des taux des hormones sexuelles.
Dans les études cliniques, on a observé habituellement, chez les patients n'ayant pas subi d'orchidectomie, une hausse initiale de la concentration sérique de testostérone au cours de la première semaine du traitement. Cette hausse s'accompagnait parfois d'une aggravation des signes et symptômes, et particulièrement d'une exacerbation de l'ostéalgie (voir MISES EN GARDE et PRÉCAUTIONS). Dans certains cas, à l'insuffisance rénale transitoire s'associaient la confusion mentale, l'arthralgie, des nausées et des vomissements. Dans tous les cas, on a poursuivi le traitement par le leuprolide, et les symptômes ont régressé en une à deux semaines. La relation entre ces observations et l'administration de leuprolide n'est pas établie.
La possibilité d'une exacerbation des signes et symptômes durant les premières semaines de traitement doit être prise en considération chez les patients présentant des métastases vertébrales et (ou) une uropathie obstructive grave qui, si elles s’aggravent, peuvent entraîner des troubles neurologiques comme la faiblesse et (ou) la paresthésie temporaires des membres inférieurs ou l'accentuation des symptômes urinaires, tels l'hématurie et l'obstruction urinaire.
a) LUPRON (acétate de leuprolide) injectable
Les effets secondaires suivants, observés dans deux études cliniques, sont considérés comme reliés au traitement par le leuprolide : bouffées de chaleur (49-55 %), impuissance et baisse de la libido (3-10 %), réactions au point d'injection, ecchymoses et érythème (4-15 %), atrophie des testicules et des organes génitaux (7-13 %) et éruptions prurigineuses (3 %).
Les effets secondaires suivants ont également été signalés chez les patients traités par LUPRON injectable. Les réactions considérées comme non associées au médicament ne sont pas mentionnées.
Appareil cardiovasculaire : insuffisance cardiaque congestive, modifications de l'ECG et ischémie, hypertension, hypotension, infarctus du myocarde, souffle, phlébite et thrombose, embolie pulmonaire, accès ischémique transitoire et accident cérébrovasculaire, arythmies.
Appareil digestif : constipation, dysphagie, saignements et malaises gastrointestinaux, dysfonctionnement hépatique, ulcère gastroduodénal, polypes rectaux, anorexie.
Système endocrinien : sensibilité ou douleurs mammaires, augmentation de la libido, hypertrophie thyroïdienne, gynécomastie.
Système sanguin et lymphatique : anémie, diminution du nombre de globules blancs.
Appareil locomoteur : spondylose ankylosante, arthralgie, fibrose pelvienne, myalgie, spasmes.
Système nerveux central et périphérique: anxiété, vision trouble, étourdissements et sensation de tête légère, céphalées, troubles auditifs, troubles du sommeil, léthargie, troubles mnésiques, sautes d'humeur, nervosité, engourdissement, paresthésie, neuropathie périphérique, fracture/paralysie spinales, syncope ou voile noir, altération du goût.
Appareil respiratoire : toux, frottement pleural, pneumonie, fibrose pulmonaire, infiltrat pulmonaire, troubles respiratoires, congestion sinusale.
Système tégumentaire : cancer de la peau et de l'oreille, sécheresse de la peau, ecchymoses, alopécie, démangeaisons, pigmentation, lésions cutanées.
Appareil génito-urinaire : spasmes de la vessie, incontinence, oedème du pénis, douleur prostatique, obstruction urinaire, infection des voies urinaires, hématurie.
Réactions diverses : dépression, hypoglycémie, hypoprotéinémie, augmentation des taux de créatinine et d'azote uréique du sang, infection et inflammation, troubles ophtalmiques, oedème (os temporal), asthénie, fatigue, fièvre.
b) LUPRON DEPOT (acétate de leuprolide pour suspension à effet prolongé)
Dans une étude clinique sur LUPRON DEPOT à 7,5 mg (SR sur 1 mois), les effets secondaires suivants avaient une relation possible ou probable avec l'administration du médicament, comme le médecin traitant l'a décrit, chez 5 % ou plus des patients (voir le Tableau 1). Les réactions considérées comme non associées au médicament ne sont pas mentionnées.
| Tableau 1 Effets secondaires ayant une relation possible ou probable avec les médicaments à l’étude et signalés chez 5 % ou plus des patients ayant reçu LUPRON DEPOT à 7,5 mg (SR sur 1 mois) | |
| Appareil ou système | LUPRON DEPOT à 7,5 mg (SR sur 1 mois) n = 56 (%) |
| Appareil cardiovasculaire oedème |
7 (12,5) |
| Appareil digestif nausées/vomissements |
3 (5,4) |
| Système endocrinien atrophie des testicules* bouffées de chaleur* impuissance* |
3 (5,4) 33 (58,9) 3 (5,4) |
| Système nerveux central et périphérique douleur généralisée |
4 (7,1) |
| Appareil respiratoire dyspnée |
3 (5,4) |
| Réactions diverses asthénie |
3 (5,4) |
| Épreuves de laboratoire : LDH (plus de deux fois supérieur au taux normal) Phosphatase alcaline (plus d'une fois et demie supérieur au taux normal) | On a observé une hausse de certaines d'entre elles, mais il est difficile d'évaluer ces anomalies chez cette population. 3 (5,4) 5 (8,9) |
| * Effet physiologique attribuable à la diminution du taux de testostérone | |
Dans la même étude, on a signalé les effets secondaires suivants chez moins de 5 % des patients recevant LUPRON DEPOT à 7,5 mg (SR sur 1 mois) :
Appareil cardiovasculaire : angine, arythmie.
Système endocrinien : gynécomastie, baisse de la libido.
Appareil digestif : anorexie, diarrhée.
Système tégumentaire : dermatite, réactions cutanées locales, pousse des poils.
Appareil locomoteur : ostéalgie [douleurs osseuses], myalgie [douleurs musculaires].
Système nerveux central et périphérique : paresthésie [engourdissements, picotements, sensations anormales], insomnie.
Appareil respiratoire : dyspnée [respiration difficile], hémoptysie [tousser du sang].
Appareil génito-urinaire : dysurie [uriner est douloureux], pollakiurie [uriner très souvent], miction impérieuse, hématurie, douleur testiculaire.
Réactions diverses : asthénie, diabète, fièvre et frissons, nodule dur dans la gorge, augmentation de la calcémie, gain pondéral, augmentation du taux d'acide urique et d'AST (SGOT) (plus de deux fois supérieur au taux normal).
Dans deux études cliniques sur LUPRON DEPOT à 22,5 mg (SR sur 3 mois), les effets secondaires suivants avaient une relation possible ou probable avec l'administration du médicament, comme le médecin traitant l'a décrit, chez 5 % ou plus des patients (voir le Tableau 2). Chez les patients souffrant de cancer métastatique de la prostate, il est souvent difficile d'établir la causalité entre l'administration du médicament et les effets signalés. Les réactions considérées comme non associées au médicament ne sont pas mentionnées.
| Tableau 2 Effets secondaires ayant une relation possible ou probable avec les médicaments à l’étude et signalés chez 5 % ou plus des patients ayant reçu LUPRON DEPOT à 22,5 mg (SR sur 3 mois) | |
| Appareil ou système | LUPRON DEPOT à 22,5 mg (SR sur 3 mois) n = 94 (%) |
| Organisme entier asthénie douleur généralisée céphalées réaction au point d'injection |
7 (7,4) 25 (26,6) 6 (6,4) 13 (13,8) |
| Appareil cardiovasculaire bouffées de chaleur/sudation* |
55 (58,5) |
| Appareil digestif troubles gastrointestinaux |
15 (16,0) |
| Appareil locomoteur troubles articulaires |
11 (11,7) |
| Système nerveux central et périphérique étourdissements/vertiges insomnie/troubles du sommeil troubles neuromusculaires |
6 (6,4) 8 (8,5) 9 (9,6) |
| Appareil respiratoire troubles respiratoires |
6 (6,4) |
| Peau et annexes cutanées réactions cutanées |
8 (8,5) |
| Appareil génito-urinaire atrophie des testicules* troubles urinaires |
19 (20,2) 14 (14,9) |
| * Effet physiologique attribuable à la diminution du taux de testostérone | |
Système nerveux central et périphérique : anxiété, illusions, dépression, hypoesthésie, diminution de la libido*, nervosité, paresthésie. Appareil respiratoire : épistaxis, pharyngite, épanchement pleural, pneumonie.
Organes des sens : troubles de la vision, amblyopie, sécheresse oculaire, acouphènes.
Appareil génito-urinaire : gynécomastie, impuissance*, troubles péniens, troubles testiculaires.
(* Effet physiologique attribuable à la diminution du taux de testostérone)
Épreuves de laboratoire : on a observé des anomalies de certaines d'entre elles, mais il est difficile de les évaluer chez cette population. On a observé ce qui suit chez ≥ 5 % des patients : élévation des taux d'azote uréique du sang, hyperglycémie, hyperlipidémie (cholestérol total, cholestérol LDL, triglycérides), hyperphosphatémie, anomalies dans les épreuves de la fonction hépatique, augmentation des temps de Quick (PT) et de céphaline (PTT). Les anomalies suivantes ont également été rapportées : diminution du nombre de plaquettes, baisse du taux de potassium et augmentation du nombre de globules blancs.
On a administré LUPRON DEPOT à 30,0 mg (SR sur 4 mois) au cours d’études cliniques visant à évaluer ce médicament pendant 32 semaines ou plus chez 49 patients atteints d’un cancer de la prostate, n’ayant pas subi d’orchidectomie, et pendant plus de 20 semaines chez 24 patients atteints d’un cancer de la prostate et ayant subi une orchidectomie. Chez la majorité des patients qui n’avaient pas subi d’orchidectomie, les concentrations de testostérone ont augmenté de 50 % ou plus par rapport aux valeurs de départ pendant la première semaine de traitement par LUPRON DEPOT; à la fin de la deuxième semaine de traitement, elles étaient revenues aux valeurs de départ ou à une concentration plus faible. Par conséquent, la possibilité d’une exacerbation des signes et symptômes durant les premières semaines de traitement doit être prise en considération chez les patients présentant des métastases vertébrales et (ou) une obstruction urinaire ou une hématurie qui, si elles s’aggravent, peuvent entraîner des troubles neurologiques comme la faiblesse et (ou) la paresthésie temporaires des membres inférieurs ou l’accentuation des symptômes urinaires (voir MISES EN GARDE et PRÉCAUTIONS).
Dans les études cliniques décrites ci-dessus, on a signalé les effets secondaires suivants chez 5 % ou plus des patients pendant la période de traitement, sans égard à la causalité (voir le Tableau 3).
| Tableau 3 Effets secondaires signalés, sans égard à la causalité, chez 5 % ou plus des patients ayant reçu LUPRON DEPOT à 30,0 mg (SR sur 4 mois) | ||
| COSTART | LUPRON DEPOT à 30,0 mg (SR sur 4 mois) | |
| Appareil ou système | Groupe sans orchidectomie n = 49 (%) Étude 013 | Groupe ayant subi une orchidectomie n = 24 (%) Étude 012 |
| Organisme entier asthénie syndrome grippal douleur généralisée céphalées réaction au point d’injection |
6 (12,2) 6 (12,2) 16 (32,7) 5 (10,2) 4 (8,2) |
1 (4,2) 0 (0,0) 1 (4,2) 1 (4,2) 9 (37,5) |
| Appareil cardiovasculaire bouffées de chaleur/sudation* |
23 (46,9) |
2 (8,3) |
| Appareil digestif troubles gastrointestinaux |
5 (10,2) |
3 (12,5) |
| Troubles métaboliques et nutritionnels déshydratation oedème |
4 (8,2) 4 (8,2) |
0 (0,0) 5 (20,8) |
| Appareil locomoteur troubles articulaires myalgie |
8 (16,3) 4 (8,2) |
1 (4,2) 0 (0,0) |
| Système nerveux étourdissements/vertiges troubles neuromusculaires paresthésie |
3 (6,1) 3 (6,1) 4 (8,2) |
2 (8,3) 1 (4,2) 1 (4,2) |
| Appareil respiratoire troubles respiratoires |
4 (8,2) |
1 (4,2) |
| Peau et annexes cutanées réactions cutanées |
6 (12,2) |
0 (0,00) |
| Appareil génito-urinaire troubles urinaires |
5 (10,2) |
4 (16,7) |
| * Effet physiologique attribuable à la diminution du taux de testostérone | ||
Dans ces mêmes études, on a signalé les effets secondaires suivants chez moins de 5 % des patients recevant LUPRON DEPOT à 30,0 mg (SR sur 4 mois) :
|
Organisme entier | abcès, blessure accidentelle, réaction allergique, kyste, fièvre, oedème généralisé, hernie, douleur cervicale, néoplasie. |
| Appareil cardiovasculaire | fibrillation auriculaire, thrombophlébite profonde, hypertension. |
| Appareil digestif | anorexie, éructations, hémorragie gastrointestinale, gingivite, hémorragie gingivale, hépatomégalie, augmentation de l’appétit, obstruction intestinale, abcès périodontal.
|
| Système sanguin et lymphatique | lymphadénopathie. |
| Troubles métaboliques et nutritionnels | cicatrisation anormale, hypoxie, perte de poids. |
| Appareil locomoteur | crampes aux jambes, fracture pathologique, ptose. |
| Système nerveux | troubles de la pensée, amnésie, confusion, convulsions, démence, dépression, insomnie/troubles du sommeil, baisse de la libido*, neuropathie, paralysie. |
| Appareil respiratoire | asthme, bronchite, hoquet, troubles pulmonaires, sinusite, altération de la voix. |
| Peau et annexes cutanées | Zona, mélanose. |
| Appareil génito-urinaire | cancer de la vessie, épididymite, impuissance, troubles prostatiques, atrophie des testicules*, incontinence urinaire, infection urinaire. |
Épreuves de laboratoire :
On a observé des anomalies de certains résultats, mais il est difficile de les évaluer chez cette population. On a observé ce qui suit chez ≥ 5 % des patients : diminution du taux de bicarbonate, diminution de l’hémoglobine, de l’hématocrite et du nombre de globules rouges, hyperlipidémie (cholestérol total, cholestérol LDL, triglycérides), réduction du cholestérol HDL, éosinophilie, augmentation du taux de glucose, élévation des résultats aux épreuves de la fonction hépatique (ALT [SGPT], AST [SGOT], GGT, LDH), augmentation du taux de phosphore. Les anomalies suivantes ont également été rapportées : élévation des taux d’azote uréique du sang, augmentation du temps de Quick (PT), leucopénie, thrombocytopénie, hyperuricurie, anomalies urinaires.
Expérience postcommercialisation
Pendant la période de postcommercialisation (qui porte également sur d’autres formes posologiques et d’autres populations de patients), les effets secondaires suivants ont été signalés :
- Appareil cardiovasculaire : hypotension;
- Système sanguin et lymphatique : diminution du nombre de globules blancs;
- Système nerveux central et périphérique : neuropathie périphérique, fracture/paralysie spinales
- Système tégumentaire : éruptions cutanées, urticaire, réactions de photosensibilité;
- Appareil locomoteur : symptômes apparentés à la ténosynovite;
- Appareil génito-urinaire : douleur prostatique;
- Réactions diverses : réactions au point d'injection, incluant douleur, inflammation, abcès stérile, induration et hématome.
Des cas isolés d'anaphylaxie ont été signalés. Des symptômes s'apparentant aux processus anaphylactoïde et asthmatique ont rarement été signalés.
Modification de la densité osseuse
Dans la documentation médicale, on décrit des cas de diminution de la densité osseuse survenus chez des hommes ayant subi une orchidectomie ou ayant été traités par un analogue ou agoniste de la LH-RH. Au cours d’une étude clinique, 25 hommes atteints d’un cancer de la prostate, dont 12 avaient déjà été traités par l’acétate de leuprolide pendant au moins six mois, ont subi des examens de la densité osseuse parce qu’ils se plaignaient de douleur. Les patients du groupe traités par le leuprolide ont présenté des valeurs de la densité osseuse moins élevées que les patients du groupe témoin non traités à l’aide de ce médicament. Une autre étude de cas, portant sur deux autres hommes, un âgé de 64 ans et l’autre de 70 ans, traités par l’acétate de goséréline, signale un tassement des vertèbres qu’on a attribué à une diminution de la densité osseuse. On peut s’attendre à ce que la castration médicale de longue durée chez l’homme entraîne des effets secondaires sur la densité osseuse.
04:30 Publié dans Cancer prostate, notice canadienne (Enantone) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cancer prostate, enantone, diabète, infarctus, hypertension, paralysie, effets indésirables
Maladies cardio-vasculaires et diabète: effets indésirables de l'Enantone, Eligard et Cie en traitement du cancer de la prostate
Il est question d’effets indésirables tels : morbidité et mortalité cardio-vasculaire (infarctus du myocarde, mort subite par arrêt cardio-respiratoire, etc.), insulinorésistance et diabète chez les hommes traités pour un cancer de la prostate par Enantone, Décapeptyl, Eligard, Viadur, Gonapeptyl, Zoladex, Suprefact, Lucrin, Lupron ou tout autre médicament de la classe des analogues agonistes GnRH (aussi appelés agonistes LHRH).
Cette étude a été faite en 2006 par une équipe de Harvard dirigée par Nancy Keating et publiée dans le Journal of Clinical Oncology, référence majeure aux USA. Elle a porté sur plus de 73.000 hommes souffrant d’un cancer de la prostate, dont une bonne partie ont été traités par analogues agonistes GnRH et un certain pourcentage par orchidectomie (castration chirurgicale). Aux Etats-Unis, c’est l’Enantone (Lupron) qui est en position de quasi-monopole. C’est donc d’elle qu’il s’agit principalement. Les effets secondaires constatés ont été sévères, inquiétants au point que les auteurs recommandent, en dehors des cancers métastasés, de bien peser le pour et le contre dans chaque cas où une hormonothérapie est envisagée.
Les références complètes du texte sont : Nancy L. Keating et al. Harvard Medical School : "Diabetes and Cardiovascular Disease During Androgen Deprivation Therapy for Prostate Cancer." Journal of Clinical Oncology Sep. 20, 2006 (Vol. 24, No. 27: 4448-4454).
Quelques extraits traduits de l'anglais:
« Dans cette vaste étude de population comprenant des hommes plus âgés souffrant d’un cancer de la prostate local ou régional, nous avons constaté que la thérapie de suppression hormonale par analogues agonistes GnRH était associée à un risque accru d’incidence du diabète, des maladies cardiaques coronariennes, d’infarctus aigu du myocarde et de mort soudaine par arrêt cardiaque. De plus, même un traitement de courte durée par agonistes GnRH était associé à un risque plus élevé de développer ces maladies et le risque accru persistait chez les hommes sous traitement plus long.
Chez ces hommes souffrant d’un cancer de la prostate, le taux de décès dû à des causes autres que ce cancer lui-même est plus important que le taux équivalent dans la population générale, et cette augmentation pourrait être due au moins en partie au traitement [3]. Une récente étude randomisée sur la radiothérapie dans le cancer de la prostate a trouvé qu’un traitement adjuvant de longue durée par agonistes GnRH était associé à un taux de mortalité - pour des raisons autres que le cancer - plus important que le taux observé avec un traitement adjuvant de courte durée [34]. [Le traitement adjuvant veut dire l’association d’une hormonothérapie au traitement principal, qu’il s’agisse de chirurgie, de radiothérapie, etc.]
Une autre étude observationnelle conduite chez des hommes souffrant d’un cancer de la prostate à un state débutant et traités par brachythérapie, associée ou non à des agonistes GnRH, a conclu que les hommes qui avaient eu une thérapie de suppression hormonale de courte durée avaient dans l’ensemble des taux de survie moins bons que ceux qui n’avaient pas eu ce type de traitement hormonal. Alors que la mortalité due spécifiquement au cancer était la même dans les deux groupes [35]. Le risque augmenté de diabète et de maladies cardiovasculaires, qui apparaissent tôt au cours du traitement et se maintiennent par la suite, explique au moins une partie le nombre excessif de décès dus à autre chose que le cancer, tel qu’il a été constaté dans ces études. D’autres données suggèrent que les hommes ayant un cancer de la prostate localisé traités par suppression hormonale font état d’un état de santé plus mauvais que ceux qui n’ont pas eu ce traitement [36]. L’apparition de nouvelles maladies telles celles que nous avons étudiées [diabète et maladies cardiovasculaires] pourrait elle aussi expliquer le déclin de l’état de santé dont ces hommes rendent compte.
L’association des analogues agonistes GnRH avec un risque accru de diabète et de maladies cardiovasculaires est biologiquement plausible. Les agonistes GnRH augmentent de façon significative la masse graisseuse et les taux d’insuline en dehors des prises alimentaires [37, 38] et diminuent la sensibilité à l’insuline [16]. [D’où le développement possible d’un syndrome d’insulinorésistance, appelé aussi syndrome métabolique]. D’autres modifications causées par le traitement peuvent aussi contribuer à l’association des agonistes GnRH avec des problèmes cardiovasculaires : élévation des lipoprotéines sériques [= taux de graisses dans le sang] [15, 38] et rigidité des parois artérielles [37] tout comme l’allongement possible de l’intervalle QT [anomalie du rythme cardiaque][17].
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer encore mieux les mécanismes par lesquels les agonistes GnRH s’associent à un risque augmenté de diabète et de maladies cardiovasculaires. Nos observations sur le fait que cette association apparaît déjà dans un traitement de courte durée sont confortées par les données sur la rapidité avec laquelle interviennent les changements dans la masse graisseuse et dans la sensibilité à l’insuline. Des études physiologiques montrent qu’un traitement de courte durée par analogues agonistes GnRH augmente la masse de graisse [et diminue la masse musculaire], mais qu’il n’y a pas d’effet d’accumulation prolongée lors d’un traitement plus long [39]. Ce qui veut dire qu’une hormonothérapie prolongée n’entraînerait pas un risque cumulatif par rapport à celle de courte durée. De plus, certains patients peuvent être plus à risque que d’autres pour telle maladie, ce qui fait qu’elle apparaît tôt au cours du traitement.
Nous avons constaté que l’orchidectomie [= castration chirurgicale] était associée elle aussi à un risque plus élevé de diabète, mais pas de maladies cardiaques coronariennes, ni d’infarctus du myocarde ou de mort soudaine par arrêt cardiaque. Sachant que les analogues agonistes GnRH provoquent une castration [chimique] effective, nous pensions que les effets de ces médicaments seraient similaires à ceux de la castration chirurgicale. Les hommes ayant subi une castration chirurgicale étaient relativement peu nombreux (6,9%), ce qui fait que notre étude ait pu être moins représentative pour les effets secondaires de l’ablation des testicules et ne pas avoir toute latitude à détecter une association entre orchidectomie et maladies cardiovasculaire".
Le professeur Mattehw R. Smith, co-auteur de l’étude de Harvard est cité dans un commentaire sur le site de la American Cancer Society : « "Les médecins devraient bien réfléchir avant de prescrire des agonistes GnRH dans des situations dans lesquelles des études n’ont pas montré que ce traitement améliorerait le taux de survie, tant qu’on n’en saura pas plus sur les risques de ces médicaments. »
Le commentateur ajoute que les experts s’accordent à dire que la découverte de ces risques « devrait amener les médecins qui prescrivent ces traitements [Enantone, Décapeptyl, Viadur, Eligard] de façon routinière à lever le pied."
"Ces résultats devraient nous rendre plus prudents à prescrire de tels traitements, sans nous empêcher de les utiliser lorsqu’ils sont nécessaires", dit David Smith, professeur d’urologie et de médecine interne à Harvard (qui n’a pas participé à cette étude). Selon lui, l’hormonothérapie peut être bénéfique et améliorer la survie en cas de cancer de la prostate, mais les bénéfiques qu’on en attend doivent être soigneusement pesés au vu du risque que les patients développent d’autres maladies dangereuses [provoqués par Enantone et les autres]. Selon Smith, les indications évidentes de l’hormonothérapie sont les cancers métastasés, alors que le patient moyen avec un cancer nouvellement diagnostiqué ne relève a priori pas de cette indication.
Et Smith et les auteurs de l’étude soulignent que les hommes qui s’apprêtent à commencer un traitement de déprivation androgénique [autre nom de la suppression des hormones mâles] doivent être conseillés sur certaines stratégies à appliquer, telles l’exercice et la perte de poids afin de réduire le risque de développer un diabète ou des maladies cardiovasculaires. »
04:09 Publié dans Etude risques hormonothérapie en cancer prostate | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cancer prostate, enantone, eligard, décapeptyl, hormonothérapie, radiothérapie, effets indésirables
01.06.2008
Densité osseuse réduite et déficit squelettique chez les jeunes filles de 13 à 21 ans traitées par Enantone. Etude alarmante d'octobre 2007
Voici une étude parue en octobre 2007 qui intéressera les jeunes femmes souffrant d'une endométriose qui envisagent un traitement par un analogue agoniste GnRH (Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Gonapeptyl, Diphéréline, Lucrin, Lupron...). Elle intéressera aussi les parents d'enfants traités pour puberté précoce, puisque cet effet secondaire se manifeste chez les enfants et adolescents dont les os et le squelette en général n'ont pas encore fini leur croissance. Il semblerait qu'un tel traitement soit très préjudiciable du point de vue de la densité minérale osseuse, avec des conséquences prévisibles: fractures, ostéoporose, fragilité osseuse...
36 filles ou jeunes femmes entre 13 et 21 ans souffrant d'endométriose ont été traitées par un agoniste GnRH et par une "add-back therapy". L'ADD-BACK, ce sont des petites quantités d'oestrogènes avec ou sans progestérone (valérate d’estradiol et promégestone, selon les recommandations de l’Afssaps et le Vidal) agissant localement, qui n'entravent pas les effets de blocage hormonal central des agonistes GnRH, mais atténuent un peu les effets secondaires, notamment sur la déminéralisation osseuse. Ou du moins c'est ce qu'on pensait...
Car malgré l'add-back therapy, les mesures de densité minérale osseuse ont été mauvaises, surtout au niveau de la colonne vertébrale, chez près de 33% des filles. Les auteurs parlent de « déficit squelettique vertébral ». On sait que chez les adultes aussi, la colonne est la partie du squelette qui se déminéralise le plus vite, et c'est pour cela que les notices internationales mentionnent quasiment toutes non seulement des « FRACTURES PATHOLOGIQUES », touchant surtout les hanches, mais pas uniquement. Il y a toutes sortes de manifestations de cette fragilité osseuse, incluant des... dents cassantes ou friables... La plus dangereuse, et mentionnée par les notices étrangères, y compris espagnole, britannique, irlandaise et celles scandinaves, est la redoutable « FRACTURE VERTEBRALE SUIVIE DE PARALYSIE ». C'est sachant cela que les résultats de cette étude sont très alarmants, puisque l'add-back n'a arrêté en rien cet effet secondaire très préoccupant. Et qui est décrit dans toutes les indications, que ce soit en cancer de la prostate ou du sein, en endométriose ou encore chez les enfants en puberté précoce.
Chez des jeunes filles en pleine croissance chez lesquelles la minéralisation osseuse doit encore se faire, et se fait surtout sous l'influence des oestrogènes, donc à partir de la puberté, c'est très inquiétant.
Encore plus si on ajoute l'autre remarque des auteurs : LA DUREE DU TRAITEMENT N'A PAS D'INFLUENCE. En clair, même un traitement de 6 mois avec add-back suffit à amener la colonne d'une jeune fille à l'état non pas de déminéralisation, mais carrément de « DEFICIT SQUELETTIQUE ». Autrement dit, il faut qu'elles aient beaucoup de chance pour ne pas se fracturer une vertèbre et se retrouver paralysées des deux ou des quatre membres (ça dépend où la fracture se produit).
On disait jusqu'ici qu'on ne savait rien du devenir osseux des enfants traités, et les médecins (ceux qui ne sont pas à la solde des firmes pharmaceutiques) s'interrogeaient, vu que l'adolescence est une période critique dans le développement du squelette et du système locomoteur.
Parlant de laboratoires, l'un des auteurs de l'article est payé par Takeda Abbott (producteur de l'Enantone – Lupron aux USA), alors on peut se demander quels seraient les vrais résultats si l'étude était indépendante… Parce qu'on sait – il y a eu des études statistiques qui l'ont démontré – que le financement d'une étude par le laboratoire producteur du médicament influence fortement les résultats, qui auront 5 fois plus de chances d'être favorables au médicament en question que ceux d'une étude financée sur fonds publics et non supervisée par le laboratoire…
Il faut réfléchir à deux fois avant de traiter un enfant en puberté précoce ou une adolescente/ jeune fille ayant une endométriose. Parce que la fracture vertébrale n'est pas franchement un avenir préférable à une taille éventuellement plus petite… En endométriose aussi, avec tous les contraceptifs et les progestatifs, il y a des moyens bien moins dangereux qui évitent de prendre ce risque… Et la seule solution est de toute façon chirurgicale : une chirurgie d’exérèse sans traitement hormonal préalable, pour que toutes les lésions puissent être vues et excisées.
Et pour rien, parce qu'en puberté précoce les résultats sont très inconstants quant à la taille finale. C'est l'argument qui pousse beaucoup de parents à accepter un traitement pour les fillettes ayant une puberté précoce: gagner quelques cm; généralement pas plus de 3 cm, selon les études. Les résultats sur la taille sont tellement arbitraires, que depuis des années ON EXPERIEMENTE ENANTONE OU DECAPEPTYL AVEC DE L'HORMONE DE CROISSANCE… C'est dire…
Parmi les effets indésirables qui s’ajoutent à cette ostéoporose et au déficit squelettique, il y a aussi un risque de dérèglement hormonal important, d’apoplexie hypophysaire (reconnue même dans la notice française), de ménopause définitive, des risques inconnus pour la fertilité et le développement du système nerveux, etc. Il n’y a pas de recul sur ce que devient la fertilité chez les jeunes filles traitées pour puberté précoce une fois qu’elles atteignent l’âge adulte. Sans parler des énormes prise de poids chez bon nombre d'enfants et les soupçons de retard de développement neuropsychologique.
Et on ne mentionne même pas ici tous les risques de maladies chroniques, comme chez les adultes, ni les effets indésirables immédiats, qui ne manquent pourtant pas…
Voici le résumé de l'étude en anglais :
J Pediatr Adolesc Gynecol. 2007 Oct; 20(5):293-7.
"Bone density in adolescents treated with a GnRH agonist and add-back therapy for endometriosis".
Divasta AD, Laufer MR, Gordon CM. Division of Adolescent Medicine, Children's Hospital Boston .
STUDY OBJECTIVE: To evaluate the bone density of adolescents with endometriosis treated with a GnRH-agonist and "add-back" therapy with norethindrone acetate.
DESIGN: Retrospective chart review. SETTING: Pediatric gynecology clinic at a tertiary care center. PARTICIPANTS: 36 adolescents, ages 13 to 21 years, with endometriosis.
MAIN OUTCOME
MEASURES: Bone mineral density (BMD, g/cm(2)) by dual energy x-ray absorptiometry (DXA); BMD Z-scores of hip and spine.
RESULTS: The mean BMD Z-score at the total hip was -0.24 +/- 1.0, with a range of -2.4 to 1.7. At this site, 6 subjects had a BMD Z-score between -1.0 and -2.0 SD, while 2 had a Z-score </= -2.0 SD. The mean BMD Z-score at the lumbar spine was 0.55 +/- 1.1, with a range of -2.8 to 1.4. At the spine, 11 subjects had a BMD Z-score between -1.0 and -2.0 SD, while 3 had a Z-score </= -2.0 SD. There was no correlation noted between duration of therapy with the GnRH-agonist plus add-back and BMD at the hip or spine.
CONCLUSION: BMD at the hip was normal in most adolescents with endometriosis who were receiving a GnRH-agonist plus add-back therapy with norethindrone acetate. Almost one third of subjects exhibited skeletal deficits at the spine. These data suggest that BMD should be carefully monitored in adolescents receiving treatment with GnRH agonists.
09:59 Publié dans Effets secondaires enfants/adolescents | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : densité osseuse, ostéoporose, ostéopénie, enantone, gnrh, enfants, effets secondaires
Puberté précoce: attention à l'erreur de diagnostic... Une étude clarifie les choses
Paul Kaplowitz, un endocrinologue pédiatrique d’un centre hospitalier pour enfants de Washington a publié une étude dans la revue internationale d’endocrinologie la plus réputée (JCEM : Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism), décrivant l’évaluation des 104 enfants qui lui ont été adressés pour une puberté précoce supposée…
Références et lien vers le texte complet (en anglais) à la fin. Nous présentons ici les grandes lignes pour ceux qui ne parlent pas anglais.
Les résultats sont étonnants… Parce que l’auteur explique qu’il y a une très grande diversité dans le développement des enfants, dans les taux d’hormones, et surtout qu’il peut y avoir des épisodes de croissance très rapide ou d’autres signes qui pourraient laisser penser que l’enfant en question – il s’agit de filles, la plupart du temps – sera bientôt pubère… Signes tels des poils pubiens, début de poitrine, voir même des saignements ressemblant à des règles… Or cela ne veut pas dire que ce soit une puberté précoce, que les règles soient imminentes. Parce qu’il s’agit la plupart du temps de manifestations hormonales qui s’équilibrent toutes seules au fil du temps....
Sur ces 104 enfants, 78% ( !) ont eu des diagnostics tout ce qu’il y a de plus banals : soit une accélération passagère et temporaire de la production hormonale soit alors des variantes de la normale ne nécessitant AUCUN traitement. Ou alors il s’agissait tout simplement de craintes non vérifiées des parents et des médecins qui avaient adressé des fillettes très souvent pour un début de poitrine, survenu à un âge moyen de 7 ans. Or, dans 41% des cas, c’était en fait de la graisse…
Beaucoup d’enfants n’avaient pas de poils pubiens à proprement parler, mais des poils tout court, comme ailleurs sur le corps. D’autre part, il existe des poils pubiens infantiles qui disparaissent au cours du développement. Des études récentes ont mis en évidence le fait qu’en moyenne 30% des fillettes noires et 7% des fillettes blanches ont déjà des poils pubiens à 8 - 9 ans, sans que cela soit un signe de puberté précoce, sans aucune anomalie endocrinienne, rappelle le Dr Kaplowitz.
13% des filles souffraient d’une acanthosis nigricans, une maladie caractérisée par des tâches de peau et des anomalies de l’insuline chez des enfants obèses, surtout s’ils ont la peau noire. Cette maladie peut entraîner des signes de puberté. Mais dans ce cas, la puberté n’est pas d’origine centrale (ce qui veut dire venant de l’hypothalamus, cette partie du cerveau contenant les neurones qui produisent l’hormone GnRH qui déclenche la puberté et sur laquelle agit l’Enantone). Or seule la « puberté précoce centrale » est à traiter par des analogues agonistes GnRH.
Le Dr Kaplowitz remarque qu’il n’y avait que très peu d’enfants ayant une véritable maladie endocrinienne, et ce malgré les signes trompeurs qui avaient motivé les consultations en endocrinologie… Et le résultat en dit long : sur les 104 enfants, SEULS 4% ont dû avoir recours à un traitement hormonal ou à la chirurgie (en cas de tumeurs entraînant une puberté).
La conclusion de Kaplowitz est que la plupart des consultations sont inutiles. D’ailleurs, la plupart du temps, une seule consultation a suffi. Dans la majorité des cas, il n’y a même pas besoin d’analyses ou d’examens ; il suffit d’une observation du développement de l’enfant pendant quelque temps. L’auteur note aussi qu’il faut rassurer les parents et les pédiatres.
Commentaires : Il est certain que la publicité faite par les laboratoires à des médicaments comme Enantone et Décapeptyl, présentés comme sans dangers, l’influence des financements des médecins par les laboratoires et la référence à une puberté standard qui doit arriver à tel âge – mais qui n’existe pas en fait - sont des facteurs qui contribuent directement ou indirectement à sensibiliser les parents et les pédiatres ou généralistes de bonne foi à tout signe peu habituel ou inhabituel…
Le Pr CAREL, spécialiste français de la puberté précoce, est financé en continu – lui et son équipe – par les laboratoires qui produisent Enantone (Takeda) et Décapeptyl (Ipsen), en plus de ce qu’il reçoit pour des activités ponctuelles de la part des mêmes firmes et de la part de 7 ou 8 autres fabricants d’hormones. Ces « détails » figurent dans sa déclaration publique d’intérêts financiers sur le site de l’Agence de sécurité sanitaire (AFSSAPS).
Références de l’étude :
Paul Kaplowitz, J Clin Endocrinol Metab. 2004 Aug;89(8):3644-50
Clinical Characteristics of 104 Children Referred for Evaluation of Precocious Puberty.
Résumé:
“The charts of all children referred to the author for evaluation of signs of early puberty between October 1999 and October 2002 were reviewed. Criteria were developed to assign patients to one of seven diagnostic categories based on age, growth, and clinical findings, and differences from the population mean for height and percentage of ideal body weight in the different groups were determined.
Most of the patients referred (87%) were female, and the two most common diagnoses made were premature adrenarche (46%) and premature thelarche (18%). Only 9% (all girls) were thought to have true precocious puberty. Two conditions not well described in the literature, pubic hair of infancy and premature menses, were found in 8 and 5%, respectively. Patients with premature adrenarche were significantly taller and more overweight than the general population; a subgroup had evidence of accelerated growth and bone maturation but no worrisome endocrine findings. Acanthosis nigricans was found in 13% of the girls in this study, but the incidence of true endocrine pathology was very low.
The majority of children being referred for precocious puberty have benign normal variants, with a very low incidence of endocrine pathology. Most girls presenting with minimal breast or pubic hair development and normal growth velocity may be managed with observation and without a full endocrine evaluation. “
Commentaires sur le contexte médico-pharmaceutique qui pousse aux traitements par analogues agonistes GnRH (Enantone, Décapeptyl), dès qu’il y a la moindre différence par rapport à la « normalité » ambiante.
Cette tendance à considérer toute variante qui dévie des normes standard comme pathologique s’inscrit dans le contexte plus large d’une industrie pharmaceutique qui cherche à médicaliser tous les aspects de la vie pour augmenter son chiffre d’affaires…
Pour l’analogie, tout enfant qui bouge beaucoup, est curieux, etc. est à risque de nos jours d’être diagnostiqué comme souffrant d’hyperactivité… Aux Etats-Unis, il y a un pourcentage spectaculaire d’enfants – surtout pauvres et issus des minorités ethniques, curieusement… - qui sont mis pratiquement de force sous Ritaline et / ou antidépresseurs/ tranquillisants / antipsychotiques… pour des maladies supposées… La plupart du temps, ce sont les enseignants débordés dans les écoles publiques qui sont excédés et poussent au traitement. Il existe même un plan de dépistage des maladies mentales chez des enfants, sous forme de QCM à remplis à l’école, sans les parents, sans un médecin. Ca s’appelle TeenScreen, grande victoire de l’industrie pharmaceutique, et surtout d’une firme texane copine de la famille de Bush…
Et c’est ce qui a inspiré Sarkozy dans le projet de fichage des enfants : dépister des troubles du comportement dès l’âge de 3 ans… Conséquence : les ventes de l’industrie pharmaceutique explosent, on médicalise chaque aspect de la vie et on se retrouve avec un traitement dès qu’il y a le moindre écart par rapport à la moyenne
Ca paraît horrible et trop exagéré ? Il suffit de faire une recherche dans les revues médicales et les sites médicaux indépendants de l’industrie pharmaceutique. Le site Pharmacritique offre plein d’illustrations de ce phénomène de « médicalisation infinie », pour le grand bonheur de l’industrie pharmaceutiques et des médecins qu’elle paie pour préparer l’opinion publique à accepter qu’il faut tout traiter…08:54 Publié dans Puberté précoce | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : puberté précoce, enantone, décapeptyl, traitement, analogues agonistes gnrh
20.03.2008
L'Enantone est-elle tolérable et efficace? Qu'en est-il des effets indésirables de longue durée?
La Fondation américaine Endometriosis Research Center est indépendante, fait preuve de transparence dans son fonctionnement, son financement et ses rapports avec le monde médical et l'industrie pharmaceutique. Elle ne reçoit pas d'argent des firmes pharmaceutiques, ce qui est une garantie d'objectivité dans ce monde où les firmes paient des médecins connus - des "leaders d'opinion" - pour faire la promotion de leurs médicaments à travers des articles dans la presse spécialisée ou les media grand public. Elles paient les médecins en finançant leurs travaux, en les invitant à des congrès dans des palaces luxueux au soleil, en leur octroyant divers avantages, en éditant leurs travaux, etc. Ainsi, il suffit d'une petite recherche "endométrioses Takeda" pour voir que le laboratoire Takeda Abbott, producteur de l'Enantone, a financé et même édité directement le seul ouvrage de référence sur l'endométriose, et ce depuis 1994... Ouvrage collectif auquel ont contribué la plupart des spécialistes français (vrais ou autoérigés tels)...
Cela ne serait pas possible dans un pays anglo-saxon sans discréditer la réputation des spécialistes en question. Puisque cela s'appelle un conflit d'intérêt: l'intérêt financier du médecin en question est opposé à l'intérêt de la santé du patient... Tout le monde imagine aisément que Takeda n'a pas financé l'ouvrage pour s'entendre dire que l'Enantone n'est pas utile dans l'endométriose, qu'elle est même contre-productive par rapport à la chirurgie et a par ailleurs beaucoup trop de risques d'effets secondaires graves et de longue durée, ce qui rend son emploi déraisonnable dans une maladie où il y a des alternatives moins dangereuses et dont l'usage peut être interrompu rapidement en cas de problème (ce qui n'est pas le cas avec les piqûres à libération prolongée). Ce sont bien entendu les progestatifs, médicaments de première intention, comme le disent les Recommandations de l'Afssaps.
Cette Fondation indépendante, que vous trouverez partout sur Internet sous le sigle ERC, a parmi ses conseillers quelques-uns des spécialistes mondialement reconnus dans le traitement de l'endométriose - et connus aussi pour leur indépendance. Tels le numéro un mondial en la matière, le Dr David B. Redwine, opposé à l'utilisation de tout traitement hormonal, qui est contre-productif en chirurgie de l'endométriose. Les affirmations du Dr Redwine ont un poids particulier parce que c'est l'un des pionniers de la technique chirurgicale qui s'impose peu à peu partout dans le monde comme étant la meilleure - l'exérèse des lésions -, mais aussi parce qu'il ne soigne que des endométrioses depuis 30 ans, qu'il a beaucoup contribué à la description de la maladie, y compris dans ses formes les moins connues et, last but not least, que son taux de succès est le plus important au monde. En effet, Redwine arrive à 60 à 70% de guérison en une à deux opérations qui font l'exérèse de toutes les lésions en même temps, quelle que soit leur localisation. Le succès a une condition nécessaire: que la chirurgie se fasse sans traitement hormonal préalable, pour que le chirurgien puisse tout voir et tout extirper à la fois, se laissant guider aussi par les inflammations et autres réactions provoquées par des lésions gonflées à bloc en oestrogènes. Réactions qui servent de "guide" notamment pour des lésions ou nodules en profondeur, dont le seul signe en surface est un phénomène inflammatoire, un saignement, etc. Ces signes de souffrance du tissu entourant la lésion d'endométriose diminuent ou disparaissent temporairement sous traitement hormonal, ce qui fait que beaucoup de lésions, nodules, etc. qui ne sont pas directement accessibles, ne seront pas vus par le chirurgien qui les laissera en place. Inutile de dire que ce qui n'est pas opéré reprendra son activité - et causera à nouveau des douleurs - dès que les règles reviendront... Et le chirurgien lambda imposera un autre traitement hormonal, il y aura une autre chirurgie incomplète, etc. Cercle vicieux infernal...
Enfin... La Fondation ERC qui bénéficie de l'expertise des meilleurs spécialistes américains a pris ouvertement position contre l’utilisation abusive des analogues de la GnRH, prescrits souvent avant même que le diagnostic d’endométriose soit histologiquement confirmé. La Fondation a réalisé deux enquêtes auprès de femmes souffrant d'endométriose, afin de connaître l'efficacité de l'Enantone dans la diminution des symptômes, puis la proportion des femmes ayant eu des effets secondaires de courte, moyenne et longue durée, non pas pendant le traitement, mais une fois l'Enantone arrêtée.
L'Enantone s'appelle LUPRON aux Etats-Unis (et au Canada), mais c'est exactement le même produit: l'acétate de leuproréline ou leuprolide. Il n'est question que d'Enantone/Lupron, parce que c'est elle qui a le monopole aux Etats-Unis, où les autres - Trelstar ou Gonapeptyl/ Décapeptyl ou encore Zoladex - commencent à peine à émerger.
Une première enquête a porté sur les effets de l’Enantone pendant la durée du traitement :
- 27.71% estiment l’Enantone tolérable et efficace dans la diminution des symptômes (c’est-à-dire surtout diminution de la douleur);
- 7.23% estiment l’Enantone tolérable mais inefficace dans la diminution des symptômes;
- 16.87% estiment l’Enantone intolérable mais efficace dans la diminution des symptômes;
- 48.19%, près de la moitié des participants, ont indiqué que l’Enantone était intolérable et inefficace dans la diminution des symptômes.
- 21.67% n’ont pas subi d’effets secondaires durables après l’arrêt de l’Enantone;
- 26.67% ont subi des effets secondaires durant près de 6 mois après l’arrêt ;
- 10.00% ont subi des effets secondaires jusqu’à un an après l’arrêt ;
- 5.00% ont subi des effets secondaires jusqu’à deux ans après l’arrêt ;
- 6.67% ont subi des effets secondaires jusqu’à trois ans après l’arrêt ;
- 6.67% ont subi des effets secondaires jusqu’à quatre ans après l’arrêt ;
- 23.33%, ont subi ces effets pendant 5 ans ou plus après avoir arrêté.
Ces enquêtes n’ont porté que sur l’Enantone. Si l’on pense au fait que les autres analogues agonistes GnRH (Décapeptyl, Synarel, Zoladex, Suprefact, Eligard, Bigoniste, Diphéréline, Lucrin, Lupron, Ginecrin, Prostap...) sont tout à fait semblables, ont le même mode d'action sur l'axe hypothalamo-hypophysaire-ovarien (ou testiculaire chez les hommes) et sur le réseau de neurotransmetteurs impliqués et ont les mêmes effet secondaires, les évaluations donnent le vertige...
Chacun de ces médicaments détraque - chez tout le monde - le système nerveux végétatif, avec des conséquences plus ou moins marquées, plus ou moins longues, sans que l'on puisse dire pourquoi certaines personnes réagissent plus fortement que d'autres. Compte tenu des fonctions du système nerveux végétatif (ou autonome), les réactions adverses peuvent intervenir n'importe où, ce qui donne un tableau tellement diversifié d'effets secondaires, que certains ont du mal à croire que tout peut venir d'un seul médicament: nodule ou maladie autoimmune de la thyroïde, urticaire, choc anaphylactique/allergique, accident vasculaire cérébral ou ischémie transitoire, embolie pulmonaire, pneumopathie, tendinites, douleurs musculaires, arthralgies ou douleurs articulaires, fractures, neuropathies et autres maladies neurologiques et neuromusculaires, troubles visuels (hémorragie de la rétine, rétrécissement du champ visuel, nerfs optiques endommagés par un oedème, etc.), troubles auditifs, maux de tête, migraines caractérisées, hypertension ou hypotension, battements du coeur ralentis ou au contraire accelérés (palpitations), infarctus, faiblesse musculaire ou au contraire raideur, spasticité, contractures (neuro)musculaires, vertiges, asthénie, fatigue chronique, dépressions, idées suicidaires ou au contraires épisodes d'euphorie et de manie, fibromyalgies, apoplexies ou hémorragies de l'hypophyse, tumeurs (adénomes) hypophysaires, mais aussi troubles hépatiques (du foie), troubles gastro-intestinaux allant des ulcères aux nausées, vomissements, constipations très fortes ou au contraire diarrhées... La liste est loin d'être exhaustive...
Sans parler des maladies autoimmunes comme le Lupus ou de douleurs. Beaucoup de notices étrangères mentionnent les douleurs généralisées, y compris chez les enfants. Les douleurs thoraciques méritent une mention spéciale, parce qu'elles sont très angoissantes et font penser à un problème aigu du coeur, alors qu'il s'agit d'une réaction (la plupart du temps) neuromusculaire, la raideur et les contractures des muscles menant à un syndrome myofascial qui peut donner des douleurs à distance.
Le syndrome myofascial intervient très souvent dans le tableau des effets secondaires, à divers endroits du corps, y compris la tête et la face, associé ou non à d'autres maladies. Et ce pour la raison décrite ci-dessus: les contractures (neuro)musculaires créent des petites zones noueuses dans les muscles, qu'un spécialiste sent à la palpation, et qu'on appelle "point gâchette", parce qu'appuyer sur cette zone ou l'activer par un mouvement, etc. déclenche des douleurs à distance, selon le trajet du muscle ou de son support (myofascia, d'où le nom du syndrome) et/ou selon le trajet du nerf qui est éventuellement comprimé par ce "noeud" dans le muscle.
Vous trouverez beaucoup plus d'informations sur le syndrome myofascial comme sur d'autres effets secondaires et sur les solutions possibles dans le groupe de discussion de l'association: http://fr.groups.yahoo.com/group/VictimesEnantone/
Si vous ne souffrez pas d'un cancer et n'êtes pas dans un cas de force majeure, un seul conseil: prenez la fuite si on vous propose l'Enantone, le Décapeptyl, le Zoladex, le Synarel, Bigoniste, Suprefact ou la même chose sous un nom étranger: Gonapeptyl, Trelstar, Diphéréline, Lucrin, Lupron, Leuplin, Ginecrin, Procrin... Faites-vous expliquer les raisons de la prescription et pourquoi le médecin ne vous prescrit pas de progestatif, par exemple.
Bien entendu, nous ne sommes pas médecins et ne donnons pas de consultations médicales! Nous vous apprenons juste la distance critique, le regard critique, la recherche d'informations autres que celles françaises, quasi inexistantes. Chez nous, c'est toujours l'effet Tchernobyl, alors il faut regarder ailleurs. Nous sommes des victimes ayant souffert parfois pendant des années, et qui ont appris qu'il ne fallait pas faire confiance aveuglement à un médecin, même (ou surtout) s'il est très réputé, parce qu'il pourrait avoir un intérêt financier à prescrire tel médicament, par exemple à cause d'un contrat avec le laboratoire producteur ou d'une étude qu"il a commencé en prescrivant Enantone à tout le monde, et qu'il ne laissera pas tomber parce qu'il a appris qu'il y avait tel ou tel effet secondaire... C'est à vous d'apprendre à ne pas vous laisser intimider, ne pas vous laisser faire, parce que c'est votre santé, votre corps, et qu'aucun médecin n'a le droit de vous imposer un tel traitement, d'autant plus qu'il n'est absolument pas indispensable et qu'il n'est pas non plus celui de première intention. Dire: si vous ne prenez pas Enantone ou Décapeptyl en préopératoire, alors je ne vous opère pas, est mauvais signe. C'est un chantage, et cela n'a rien de légal ni de déontologique.
D'autres médecins sont de bonne foi, mais se laissent influencer par la propagande savamment entretenue par les laboratoires et les médecins "leaders d'opinion" qu'ils paient; ces médecins-là croient naïvement que les analogues agonistes GnRH (ou LHRH - ils sont utilisés comme des synonymes) sont effectivement efficaces et indispensables dans la prise en charge d'une endométriose ou d'un fibrome ou d'une puberté précoce, même au-delà de l'âge limite: 8 ans chez les fillettes, 10 ans chez les garçons.
Plus d'infos dans le groupe de discussion "Victimes Enantone" (qui concerne tous les autres médicaments de la même classe).
07:09 Publié dans Enquête sur effets indésirables et l'efficacité | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : enantone, décapeptyl, effets secondaires sévères, efficacité, épilepsie, fibromyalgie, analogues agonistes gnrh
Un traitement hormonal par Enantone, Décapeptyl ou progestatifs est-il utile en endométriose ou en fibromes? Vues d'experts
Vue d’experts sur l’utilité du traitement hormonal - avant, pendant et après l'opération - dans l'endométriose et les fibromes. Ces experts sont indépendants, n'ont aucun lien financier avec les laboratoires qui produisent les agonistes et les progestatifs. Leur seul intérêt est l'intérêt de la santé de leurs patientes, et l'utilisation de la méthode qui a le plus fort taux de succès partout où elle est pratiquée: à savoir l'exérèse en même temps de toutes les lésions, des kystes et nodules d'endométriose, quelle que soit leur localisation et SANS AUCUN TRAITEMENT HORMONAL PREALABLE, de façon à voir toutes les lésions dans toute leur étendue et profondeur.
Traductions et liens.
Le chirurgien gynécologue allemand Pr. Marc POSSOVER commente les traitements de l’endométriose par analogues agonistes de la GnRH (Enantone, Décapeptyl, Zoladex...): “Normalement, les problèmes réapparaissent à la fin de cette thérapie (virtuellement dans chaque cas d’endométriose recto-vaginale), et il n’est pas rare qu’ils soient pires qu’avant, comme si l’endométriose voulait se venger. (...) Malheureusement, la chirurgie ne peut pas promettre une guérison à 100%, puisque le chirurgien ne peut enlever que les foyers d’endométriose qu’il peut voir (et c’est pourquoi il est important d’opérer pendant les règles et de ne pas prescrire de thérapie hormonale préopératoire)”. A un autre endroit: “Même si la décision de subir une intervention chirurgicale n’est pas facile pour la patiente ou le médecin, l’endométriose recto-vaginale, celle affectant le rectum, la vessie ou l’uretère doit toujours être opérée de façon à ne pas perdre de temps en essayant divers médicaments“
Le Dr David B. REDWINE, spécialiste de l’endométriose de réputation mondiale et pionnier de la technique opératoire qui se révèle actuellement la plus efficace (l’exérèse des lésions) est un opposant acharné de tout traitement médicamenteux de l’endométriose, quel qu’il soit, pour cause d’inefficacité et d’effets secondaires entraînant plus de risques pour un bénéfice contestable et nul à long terme. A son avis, l’utilisation des analogues agonistes de la GnRH entraîne un cercle vicieux de chronicisation de la maladie, puisque ces „traitements“ rendent temporairement les lésions (leur étendue et leur profondeur) moins visibles pour le chirurgien au moment de l’opération, en réduisant légèrement l’inflammation autour. Cette inflammation en surface est souvent le seul signe de la présence en profondeur d’une lésion à exciser. L’opération sera forcément incomplète et la récidive programmée d’avance. Quelques citations suivent.
Dans le premier extrait, le Dr Redwine dialogue avec le Pr. Tulandi, un expert canadien de l’endométriose (Université McGill). Original en anglais ici.
Dr Togas Tulandi: (...) ‚‘‘que penses-tu du traitement médical postopératoire?
Dr. David Redwine: „Je ne l’utilise pas; la plupart des patientes qui viennent me voir ont déjà eu à de multiples reprises ce traitement médical et aussi plusieurs interventions. Je ne pourrais convaincre mes patients de prendre un traitement médical après la chirurgie, même si je le voulais ou si j’y croyais moi-même, ce qui n’est pas le cas. Je n’aime pas non plus que les patientes utilisent le traitement médicamenteux après la chirurgie, parce que cela obscurcit le véritable effet de la chirurgie (...)
Dr. Togas Tulandi: “Qu’en est-il de la thérapie médicamenteuse avant l’opération?”
Dr. David Redwine: “Je n’aime pas non plus l’utiliser avant l’opération, parce que Johannes Evers a montré, en 1988 il me semble, que chez des patientes sous agonistes GnRH, toute l’endométriose ne sera pas visible au moment de la chirurgie. Si on arrête l’agoniste et qu’on attend trois mois, plus d’endométriose sera visible – c’est une des choses qui m’inquiètent à propos des agonistes de la GnRH et de ces médecins qui disent que ces médicaments rendraient l’opération plus facile. Serait-elle plus facile parce qu’ils voient moins de lésions et donc l’intervention chirurgicale est plus incomplète? Je pense que c’est précisément ce qui arrive; donc je préfère voir la maladie à son apogée, stimulée par autant d’œstrogènes que possible, afin que j’aie toute possibilité de la trouver et de l’enlever.
Dr. Togas Tulandi: Je serais plutôt d’accord. Je n’utilise pas les analogues de la LHRH; ils ne facilitent pas l’opération. Je ne les utilise pas non plus avant l’ablation chirurgicale des fibromes; en fait, ils rendent la chirurgie plus difficile. Parfois il n’y a pas de douleur et plus de saignements, donc je n’utilise pas les LHRH. Je pourrais les utiliser en postopératoire, pour la douleur pelvienne, mais, comme tu viens de le dire, ils pourraient obscurcir les résultats de la chirurgie. »
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Chat avec le Dr David B. Redwine sur Web MD Live Events, „Comprendre l’endométriose“, 04.17.2003
“Question: Que pensez-vous de l’Enantone [Lupron, selon le nom américain de la même substance]? Selon votre expérience, y a-t-il plus d’effets secondaires que de résultats positifs?
Redwine: J’ai opéré des centaines de patientes, préalablement traitées par Enantone. Puisque je n’ai pas vu de thérapie réussie par Enantone, mon impression est que les effets secondaires et le coût de l’Enantone dépassent de loin tout bénéfice éventuel.” www.my.webmd.com
David B. Redwine s’exprimant sur la thérapie médicamenteuse de l’endométriose, sur www.endometriosiszone.org : “ Il est clair que la thérapie médicamenteuse de l’endométriose n’éradique pas la maladie. En ce sens, cette thérapie correspond à ce qu’on reproche à la médecine de faire (...) : elle traite les symptômes, pas la maladie. En fait, la seule indication de la thérapie médicamenteuse est l’amélioration temporaire des douleurs si la patiente doit reporter l’opération ou veut essayer d’éviter la chirurgie. Cette patiente peut réussir à réduire ses symptômes – c’est bien pour elle. Malheureusement, ces thérapies médicales ont des effets secondaires sévères – c’est pas vraiment bien pour elle. Donc je n’utilise pas de thérapie médicamenteuse pour mes propres patientes parce que je sais que cela ne marche pas pour traiter et éradiquer la maladie; en plus, à peu près 75% ou 80% de mes patientes ont déjà eu toutes les formes de thérapie médicale. Elles n’en veulent pas et elles savent que cela ne marche pas. Je ne pourrais pas l’utiliser même si je le voulais”.
Redwine dans un papier de 2005, “Redéfinir l’endométriose à l’âge moderne”, section “Traitement médical des symptômes”, sur www.leadershipmedica.com : “Beaucoup de patientes qui ne répondent pas à une première utilisation du traitement médicamenteux se le voient prescrire une seconde fois, ce qui n’a évidemment aucun sens: puisqu’un traitement n’a pas marché une première ou une deuxième fois, pourquoi il marcherait une troisième ou une quatrième fois? Les laboratoires pharmaceutiques ont remarqué que les gynécologues ne savaient pas bien traiter l’endométriose par voie chirurgicale et ont promu ces médicaments comme traitement de choix pour ces cliniciens qui ne sont pas experts dans le traitement chirurgical. Par conséquent, le traitement médicamenteux est la marque de fabrique de ceux qui ne sont pas des experts dans le traitement chirurgical de l’endométriose”.
FIVNAT (qui gère les statistiques de l'Assistance Médicale à la Procréation en France) constate dans la section Endométriose: „Le premier traitement de l'endométriose est la chirurgie faite en général par cœlioscopie. Fréquemment, on la fait suivre d'un traitement par des analogues du LHRH (Décapeptyl ou Enantone) dont l'efficacité n'a jamais été prouvée et qui ne sont guère utilisés dans les autres pays.“
Le Pr. Jean-Marie Antoine (Hôpital Tenon, France) dit dans le papier Infertilité et endométriose profonde: “Aucun argument actuel ne permet d’espérer un bénéfice réel de ces traitements médicaux, qui par ailleurs retardent la mise en route des grossesses”.
Dans un papier écrit en 2005 avec d’autres chirurgiens spécialisés dans l’endométriose, le Pr. Jean-Marie Antoine rappelle qu’il n’y a pas suffisamment de données sur l’efficacité de ces traitements médicamenteux de l’endométriose; par conséquent, les analogues agonistes de la GnRH ne sauraient être recommandés pour un usage de routine, ni avant ni après la chirurgie. Résumé en anglais de ce papier.
Fedele et son équipe se sont penchés sur ce qui se passe avec l’endométriose une fois que les traitements par analogues agonistes de la GnRH (l’Enantone, en l’occurrence) sont arrêtés. Les résultats sont édifiants: même en cas de légère efficacité momentanée dans la réduction des douleurs et de la taille des lésions, dans 87% des cas la douleur revient à son niveau d’avant et dans 100% des cas les lésions retrouvent leur taille initiale! Résumé de l’étude (en anglais). Commentaires sur un site dédié à l’endométriose (en anglais).
Une autre recherche a été faite par Busacca et son équipe (et publiée en 2001) sur l’utilisation de l’Enantone dans des cas d’endométriose modérée et sévère (stades III et IV), non excisée par la chirurgie et „traitée“ par Enantone en postopératoire. L’Enantone n’a montré aucune efficacité, ni dans l’amélioration de la douleur ni dans le taux de grossesses. Il n’y avait aucune différence entre le groupe traité par Enantone et celui pas traité du tout. Résumé de l’étude (en anglais).
La revue pharmacologique indépendante Prescrire (France) conclut à une „valeur non prouvée“ de l’Enantone dans le traitement préopératoire des fibromes.
Last but not least, une étude publiée en 2004 tire la sonnette d’alarme: une thérapie de l’endométriose par suppression hormonale – faite par Enantone et Cie ou par progestatifs - augmente le risque de cancer dans les implants endométriosiques puisqu’elle cause une „sélection négative“ et augmente le taux de dyskaryose en tuant (par apoptose) plus de cellules saines que de cellules porteuses de mutations. Résumé en anglais.
06:21 Publié dans Traitement hormonal inefficace: endo, fibromes | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : enantone, décapeptyl, risques, effets secondaires, exérèse, endométriose, fibrome, traitements hormonaux inefficaces


