15.07.2009

Les traitements hormonaux de l’endométriose: inutiles, risqués et contre-productifs, mais sources d’énormes profits pour les labos et les médecins qu’ils paient

Merci à l'auteure du blog Pharmacritique qui a co-écrit cet article et révisé la traduction du texte de Redwine.

Chaque personne qui approfondit la question en lisant les travaux médicaux et en échangeant avec les endométriosiques de pays différents argent corruption Pharmalot.jpgarrive à la même conclusion : le seul traitement de l’endométriose est chirurgical : l’exérèse radicale faite par des spécialistes de l’endométriose dans des centres d’excellence, capables d’exciser toutes les lésions en même temps, quelle que soit leur localisation, en préservant les organes. On appelle cela une exérèse radicale conservatrice. Les "traitements" hormonaux ne mènent qu’à des opérations incomplètes - suite d'une imagerie incomplète -, condamnant d’avance à l’échec ou à des résultats partiaux. Ils n’ont d’intérêt que pour ceux qui les vendent: labos et médecins payés pour les activités promotionnelles en tant que consultants, conférenciers, intervenants dans les media, etc. Et après, lorsque les problèmes reviennent à l'arrêt des médicaments, les praticiens ont une excuse toute trouvée: ce serait une récidive, puisque l'endométriose est une maladie chronique... Alors que la plupart du temps, ce n'est pas une récidive, mais une continuation de la maladie, à partir des foyers laissés en place par le chirugien qui n'a pas pu les voir à cause des effets temporaires des agonistes GnRH ou des progestatifs.

Guérison par la chirurgie ou chronicisation de l’endométriose par les médicaments ?

La question que nous, femmes qui souffrons d’endométriose, devons être les premières à nous poser est celle-ci : à qui profite l’impasse thérapeutique actuelle, résultant d'une involution, d'une régression des pratiques ? Oui, régression, car, comme le dit David B. Redwine, on sait depuis longtemps traiter chirurgicalement l'endométriose, notamment par laparotomie, qui ne date pas d'hier. C'était un traitement lourd, certes, mais efficace. Vouloir moderniser à tout prix n'a pas que des avantages. De nos jours, on présente la laparotomie comme la fin du monde, alors qu'elle est parfois nécessaire dans les atteintes digestives étendues, par exemple.

Quels intérêts sont privilégiés par l’approche actuelle de l’endométriose ? L’intérêt de la santé des patientes ou celui des laboratoires et des médecins leaders d’opinion à leur solde, qui tirent des bénéfices en chronicisant la maladie au moyen de pseudo-traitements médicamenteux et de chirurgies incomplètes et répétées ?

David Redwine.jpgLe chirurgien David B. Redwine et l’endométriose

David B. Redwine est l’un des spécialistes mondialement reconnus de l’endométriose. Ses écrits ont beaucoup contribué à une meilleure connaissance de cette maladie sous ses différentes formes et localisations. Ce chirurgien est l’un des pionniers de la technique chirurgicale la plus performante et qui s’impose partout dans le monde : l’exérèse radicale et complète des lésions, nodules et autres kystes d’endométriose, tout en préservant les organes. Il refuse de livrer les malades à l’industrie pharmaceutique et aux pontes de la médecine qui servent de VRP à cette dernière pour faire vendre des produits hormonaux (Enantone, Décapeptyl, progestatifs, qui ne résolvent rien, rendent les opérations incomplètes et entraînent des risques non négligeables pour la santé des femmes). Et il a choisi de pouvoir opérer en toute indépendance, loin des pressions pharmaceutiques, en fondant sa propre clinique. Cet aspect mérite d'être évoqué, parce qu'on ne s'attend pas à trouver le numéro un dans une petite ville du fin fond de l'Oregon... Mais pratiquer dans un grand centre hospitalier aurait voulu dire s'adapter aux pratiques ambiantes, du moins au début.

Le succès obtenu par Redwine prouve l'efficacité de son approche ; il obtient, selon les dires de centaines de ses patientes avec lesquelles nous dialoguons, jusqu’à 70% de cas de GUERISON. Il en va plus ou moins de même des autres chirurgiens américains, canadiens et allemands. Pensons par exemple au Pr Marc Possover, qui a la même approche. Dommage que ce chirurgien né en France et qui a fait sa médecine à Nancy ne soit pas resté chez nous… Il exerce à Cologne, en Allemagne.

Les succès d’une chirurgie bien faite marginaliseraient beaucoup de profiteurs si elle se généralisait…

Oui, vous avez bien lu. Jusqu’à 70% de guérison de l’endométriose, cette maladie qui est un calvaire pour les femmes françaises (et autres) qu’on habitue à l’idée d’une maladie chronique incurable, qui doit alterner traitements hormonaux et opérations incomplètes. Ces femmes qui entendent même dire, par des médecins - et des charlatans psy à la recherche de leur quart d’heure de gloire - que si les traitements hormonaux ne marchent pas, c’est que c’est dans la tête qu’elles sont malades… Parfaite justification pour les chirurgiens qui font du mauvais travail, ce qui est le cas de la plupart d'entre eux, parce qu'ils ne sont pas formés. Nous avons, en France, tout au plus une dizaine de chirurgiens spécialisés. Et ces derniers ont pratiquement tous des conflits d'intérêts faciles à démontrer, ce qui veut dire qu'à une exception près, ils imposent tous un traitement hormonal pré-opératoire.

Tous les médecins qui sont sous contrat avec les laboratoires concernés (Takeda Abbott, Ipsen, Wyeth, Astra Zeneca, Sanofi-Aventis, Théramex, Organon…) tirent des bénéfices des prescriptions médicamenteuses à ces femmes qui sont des pigeons parfaits, puisque, vu que ces traitements hormonaux n’ont aucune chance de marcher à la longue, elles rempliront aussi les cabinets des psychiatres, psychologues et psychanalystes, comme de beaucoup d’homéopathes et même de charlatans de toute sorte, à la recherche d’autres médicaments et/ou thérapies qui pourraient soulager leurs douleurs.

Le comble est atteint par les discours qui vantent le soi-disant « traitement empirique », consistant, en cas de soupçon d’endométriose, à ne plus adresser les patientes à un chirurgien spécialisé – et si possible dans l’un des trois centres français un peu plus avancés en matière d’exérèse -, mais à instituer d’emblée un traitement hormonal de plusieurs années, en aveugle, sans aucun diagnostic ( !!). Chose dangereuse s’il en est, parce que seule la chirurgie est capable non seulement de voir l’étendue des foyers et de les éradiquer – lorsque l’exérèse sans traitement préalable est pratiquée -, mais aussi la seule en mesure d’éliminer définitivement un diagnostic différentiel de cancer des ovaires, par exemple.

Les traitements hormonaux sous la loupe critique : deux approches et leurs conséquences

Insistons sur les « traitements » hormonaux, pour que l’écart entre les deux approches soit encore plus évident. Et les conséquences dramatiques du mauvais choix français aussi :

  • On a d’une part certains chirurgiens qui rejettent tout "traitement" hormonal comme inutile, contre-productif et trop dangereux et font en sorte d’appliquer une exérèse soigneuse qui enlève toutes les localisations d’endométriose, où qu’elles soient et quelle que soit leur forme et leur âge, passant parfois une journée avec la même patiente au bloc opératoire, ce qui leur permet d'obtenir de très bons résultats sans mettre en danger la santé des femmes à court ou plus long terme (par les effets secondaires des pseudo-« thérapies » hormonales).
  • Et nous avons d’autre part l'immense majorité des gynécologues et chirurgiens gynécologues français qui chronicisent l’endométriose au lieu de la guérir, et ce au moyen de prescriptions hormonales, très lucratives pour eux comme pour les laboratoires Takeda Abbott, Ipsen, Organon, et les autres qui ont des licences dans divers pays. Très lucratives pour les médecins dans la mesure où ils sont sous contrat avec les laboratoires pharmaceutiques en question.

Sauf cas rarissimes, les pseudo-traitements hormonaux de type analogues agonistes GnRH / LHRH tels que Enantone (Lupron aux Etats-Unis et Canada, Lucrin ailleurs, etc.), Décapeptyl, Synarel, Suprefact, Zoladex, ou encore les progestatifs (Surgestone, Lutéran, Lutényl, Cérazette, Androcur…) n’ont aucune justification en endométriose. Ils ne peuvent que réduire fortement les chances de succès de la chirurgie.

Pour un maximum de chances de succès, les examens radiologiques préalables et l’intervention chirurgicale doivent se faire sans traitement hormonal. Celui-ci est contre-productif en pré-opératoire, et des études ont démontré sans l'ombre d'un doute qu'il n'a aucune utilité en post-opératoire.

Les recommandations officielles limitent les traitements, c’est déjà ça…

C’est exactement ce que disent les recommandations de l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), qui devraient valoir pour tous les médecins et chirurgiens de France et de Navarre, notamment dans les conclusions formulées par un groupe de travail de spécialistes et intitulées « Les traitements médicamenteux de l’endométriose génitale » (p.33sq). (Dommage que les auteurs ne soient pas allés plus loin, mais c'est déjà mieux que rien. Comment auraient-ils pu aller plus loin, vu les conflits d'intérêts dont l'association a obtenu le détail après moultes insistance auprès de l'AFSSAPS? Il n'est dit nulle part que le Pr Emile Daraï, qui a dirigé ces recommandations, a été payé en même temps par le laboratoire Ipsen (producteur du Décapptyl) pour écrire une monographie sur l'endométriose... Ce n'est qu'un exemple, et nous reviendrons en détail sur les conflits d'intérêts, parce qu'ils sont effrayants.

Que disent ces recommandations?

  • Une seule "cure" par vie de femme : Les « traitements » par les analogues agonistes GnRH (Enantone, Décapeptyl, Gonapeptyl, Zoladex et Cie) ne doivent pas être répétés, même à distance : une seule cure de 6 mois, c’est tout. Et seulement en dernier recours. Ca, c'est sur le papier. En pratique, de nombreuses femmes se voient prescrire ces médicaments pendant des années, soit en continu, soit en plusieurs "cures". Et d'emblée.
  • Pas d'utilité en post-opératoire, comme nous le disions ci-dessus.
  • Dans l’infertilité : aucun intérêt des traitements hormonaux: Ni les agonistes GnRH ni les progestatifs n’ont d'effet bénéfiques dans linfertilité, où ils ne sont qu’une perte de temps, et c'est dit texto, de façon très claire, à la page 68-69 des recommandations. Là encore, ce n'est que sur le papier. En réalité, non seulement les agonistes sont prescrits très largement, mais beaucoup de médecins les imposent en culpabilisant les femmes qui ne veulent pas les prendre - ou les reprendre -, en leur disant que c'est là leur unique chance de tomber enceintes: après le traitement. Alors que les études ont montré que les femmes ont les meilleures chances après une exérèse complète sans traitement hormonal.

Un mot sur les agonistes et les grossesses

Ce sujet - infertilité, grossesse, contraception... - mérite un article à part, puisqu'il y a beaucoup à dire sur les grossesses en rapport avec les agonistes: effets abortifs, malformations, utilisation trop légère dans la procréation médicalement assistée, dégâts potentiels sur la fertilité des enfants exposés pendant la grossesse de leurs mères ou lors d'un traitement de la puberté précoce centrale, etc.

De même, les médecins ne mettent pas en garde sur le fait que les agonistes ne sont pas contraceptifs, ce qui est pourtant dit dans toutes les notices anglophones, qui recommandent l'utilisation d'un contraceptif non hormonal pendant toute la durée du traitement et jusqu'au retour des règles. Les analogues de type Enantone, Décapeptyl, Synarel... augmentent même le potentiel de conception pendant la première phase du traitement, caractérisée par une hausse du taux d'oestrogènes. La chute à des taux de ménopause n'arrive qu'en un deuxième temps, et c'est d'ailleurs pourquoi ces médicaments s'appellent "agonistes". Pendant la première phase - celle de stimulation hormonale - les agonistes GnRH ont un effet similaire à celui du Distilbène, et on peut s'attendre à des effets secondaires semblables à la deuxième et troisième génération. L'exposition des foetus mâles à de forts taux d'oestrogènes pendant la période de différenciation sexuelle - en gros pendant les premières 8 semaines - pose d'autres problèmes.

Comment les chirurgiens pourraient-ils opérer bien ce qu’ils ne peuvent pas voir?

Marc Possover.jpgComme disait le Pr Marc POSSOVER : « le chirurgien ne peut enlever que les foyers d’endométriose qu’il peut voir (et c’est pourquoi il est important d’opérer pendant les règles et de ne pas prescrire de thérapie hormonale préopératoire) (…). Même si la décision de subir une intervention chirurgicale n’est pas facile pour la patiente ou le médecin, l’endométriose recto-vaginale, celle affectant le rectum, la vessie ou l’uretère doit toujours être opérée de façon à ne pas perdre de temps en essayant divers médicaments“.

Le fait est

  • que beaucoup de lésions seront moins visibles à la chirurgie, sous l’effet des thérapies pseudo-hormonales qui peuvent en diminuer ponctuellement la taille et en obscurcir les contours et les dimensions,
  • que les lésions "jeunes", "subtiles et atypiques, à localisation surtout péritonéale, peuvent régresser à un stade microscopique et ne pas être vues par le chirurgien, à cause des "traitements" hormonaux. Cette régression n'est pas un traitement à proprement parler, puisqu'elle n’est que temporaire, et aucune lésion n’est "asséchée" par la médication. (C’est un terme largement véhiculé par la propagande des laboratoires et par leurs valets en blouse blanche, pour lesquels les contrats lucratifs, les postes de consultants et autres avantages valent plus que l’intérêt de la santé des patientes. Dès le retour des règles, ces lésions seront tout aussi douloureuses qu’avant. Les médicaments n’auront pas non plus "bloqué" l’évolution de la maladie, mais en auront favorisé l’évolution sous des formes telles la fibrose et l’atrophie des organes reproducteurs – ce qui  peut induire une insuffisance ovarienne, voire même une ménopause définitive, évoquée dans la monographie canadienne du Zoladex (p. 6), entre autres).
  • Les ovaires et d’autres organes peuvent être endommagés par la chirurgie à cause de l’atrophie des tissus provoquée par les progestatifs et l’Enantone/ Décapeptyl, etc. - danger que connaissent et redoutent les urologues opérant les cancers de la prostate. Dans cette maladie, les opérations ne se font plus sous traitements médicaux, parce que les chirurgiens ne pourraient pas voir correctement les contours de la tumeur, ce qui fait qu’ils en enlèveraient soit trop, soit pas assez. Il en va de même pour les ovaires, où les capsules (= parois) des kystes d’endométriose (= endométriomes) ne diffèrent plus aussi nettement du tissu ovarien sain lorsqu’un Décapeptyl a tout atrophié avant l'intervention… Ce qui fait que les chirurgiens risquent fort d’exciser trop et d’endommager le potentiel reproducteur des femmes en question.
  • Le traitement hormonal (par analogues agonistes GnRH ou par progestatifs, qui sont également inefficaces) occulte aussi l’inflammation en surface (sur le péritoine, par exemple), qui est pourtant le seul "guide" indiquant au chirurgien qu’il faut creuser plus en profondeur, pour arriver à une lésion plus profonde, rétropéritonéale, ligamentaire, dans le cul de sac de Douglas, intestinale…

Effets secondaires ignorés, car ils pourraient mettre en danger les profits

Il ne s’agit pas ici d’énumérer tous les méfaits de ces pseudo-traitements ; nous avons constaté un nombre impressionnant d’effets secondaires, et les témoignages postés sur le groupe de discussion de l'Association Victimes Enantone - agonistes GnRH, ainsi que certains articles de ce blog ont de quoi faire pleurer les pierres… (Mais ils ne font pas pleurer les laboratoires, puisqu’un tel intérêt pour la souffrance d’autrui irait à l’encontre de la recherche effrénée de profit dont l’industrie pharmaceutique a fait preuve très souvent, au mépris de la santé des patients. Rappelons le Distilbène, le Vioxx, l’Agréal, le Zyprexa, l'Accomplia, le Champix, le Cholstat/ Lipobay, le Raptiva et bien d’autres)…

Rappelons ici que les médecins ne sont pas formés à s'intéresser aux effets secondaires et à les reconnaître; ils ne les notifient pas non plus aux instances chargées de pharmacovigilance (AFSSAPS), ce qui est pourtant une obligation légale. On parle de "sous-notification" chronique, et les estimations officielles chiffrent à maximum 5% le taux d'effets indésirables rapportés par les professionnels de santé aux autorités sanitaires. Donc au moins 95% des effets secondaires ne sont pas notifiés à la pharmacovigilance, donc les notices n’évoluent pas, donc les médecins n’en sont pas informés, donc les victimes ne sont pas prises au sérieux, donc chaque médecin confronté à une réaction adverse grave – ce sont elles qui devraient être notifiées, mais ne le sont pas – dira à la patiente souffrant d’endométriose, au patient souffrant de cancer de la prostate ou aux parents d’un enfant souffrant de puberté précoce, que ce cas est unique, qu’il n’a jamais entendu parler de tels effets secondaires et que les réactions en question ne sont certainement pas dues à Enantone ou Décapeptyl ou Zoladex… Cercle vicieux de la désinformation, comme vous le verrez encore mieux en cliquant sur les liens donnés un peu plus bas.

Nous avons deux fichiers contenant tous les effets secondaires de l'Enantone signalés à la pharmacovigilance des Etats-Unis. Pour la même période, le rapport est de à peu près 10.000 signalements pour les Etats-Unis versus 70 pour la France (données de l'AFSSAPS, obtenues par l'association après d'énormes insistances). De plus, les signalements français ne concernent en majorité que des effets secondaires assez peu sévères.

Les essais cliniques, les études et la recherche en général portant sur les médicaments pour lesquels l'industrie souhaite obtenir une AMM (autorisation de mise sur le marché) ne sont pas conçus de façon à mettre en évidence les effets secondaires des médicaments ; bien au contraire, puisque cela réduirait les chances de voir ces médicaments homologués, et surtout d'obtenir l'extension de l'homologation à un maximum d'indications possibles (indications = maladies dans lesquelles la prescription de ces médicaments est autorisée/ indiquée/ légale).

Ainsi, si des médicaments tels Enantone, Décapeptyl, Synarel ou Zoladex ont obtenu l'autorisation dans l'endométriose et les fibromes et sont utilisés aussi facilement au-delà des limites d'âge en puberté précoce, c'est justement parce que les laboratoires ne se sont pas étendus sur les effets secondaires... En France, ils ne reconnaissent même pas les effets indésirables qu'ils reconnaissent dans d'autres pays, c'est dire à quel point nous sommes mal lotis... Une fois l'AMM obtenue pour les cancers de la prostate, puis du sein, où les effets secondaires sont plus facilement « justifiables », vu la nature de la maladie, les laboratoires ont pu facilement obtenir l'extension d'indication à d'autres maladies, puisqu'ils ont tout fait - et font toujours tout - pour minimiser les réactions adverses rencontrées dans les maladies bénignes.

A titre d'exemple, c'est en 2007 que la notice française et le RCP (résumé des caractéristiques du produit, qui est la description plus détaillée figurant dans le Vidal) reconnaissent enfin que l'Enantone - et donc tous les autres médicaments de la classe des agonistes GnRH - peut provoquer une apoplexie hypophysaire, qui est une urgence neurochirurgicale pouvant survenir dès les premières heures après l'injection et pouvant entraîner des insuffisances hormonales multiples et irréversibles, voire même la mort des patients. L'apoplexie de l'hypophyse figurait déjà depuis 8 ou 9 ans dans les notices anglophones (Etats-Unis...) en libre accès... Mais même maintenant, aucun(e) patient(e) n’est mis(e) en garde par son médecin d’un tel risque, et l’ignorance des malades est toujours la même, malgré la modification de la notice. On n’en parle pas. On ne parle pas non plus des adénomes hypophysaires, ces tumeurs bénignes de la glande pituitaire qui peuvent littéralement exploser lors d'une apoplexie hypophysaire ou alors causer des problèmes hormonaux et/ou autres (appuyer sur les nerfs optiques qui se croisent juste au-dessus de l'hypophyse, etc.)

L'administration d'un médicament qui peut tuer par apoplexie, hémorragie ou nécrose de l'hypophyse est difficilement justifiable même en cas de traitement d'un cancer de la prostate, d'autant plus que l'on sait que les hommes traités auront aussi de forts risques de développer des maladies cardiovasculaires - ou de décéder d'une mort subite par arrêt cardiaque, d'ailleurs -, de développer un diabète, un syndrome métabolique (ou d'insulinorésistance), etc. Voir à ce sujet plusieurs articles sur ce blog, tels celui-ci ou encore cet article qui reprend une grande partie de la monographie canadienne de l'Enantone (Lupron aux USA et Canada) datant de 1999... On voit clairement que ces effets secondaires sont connus depuis très longtemps, depuis les essais cliniques d'avant la mise sur le marché pour beaucoup d'entre eux. Et pourtant, aucune réaction adverse cardiovasculaire ne figure dans la notice et le RCP français à ce jour... Or pas de mise en garde veut dire pas de prévention, pas de suivi. On met littéralement la vie des patients en danger par ce manque d'information.

Le silence et la désinformation sont aussi responsables d'une surutilisation d'Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Eligard et Cie dans des formes de cancer de la prostate qui devraient être soignées autrement, ou alors faire simplement l'objet d'une surveillance attentive (watchful waiting), afin de voir s'ils sont évolutifs ou non. Car, comme on le dit depuis des années à l'étranger, le traitement médicamenteux risque de tuer plus que le cancer lui-même, et c'est pour cela qu'il doit être réservé aux cas métastasés, inopérables, après une évaluation soigneuse et au cas par cas du rapport bénéfices - risques. Or en réalité, des pratiques de "prévention" mal comprise consistant à faire des dosages systématiques du PSA aboutissent souvent à la détection de certains cancers qui ne poseraient pas le moindre problème aux hommes en question et mène à des traitements immédiats par Enantone (avec la variante Eligard), Décapeptyl ou Zoladex, associés souvent à un anti-androgène non stéroïdien de type Casodex.

Nous disions donc que la prescription d'un médicament qui peut tuer est difficilement justifiable même en cas de cancer. Alors prescrire un tel traitement non seulement n'a pas la moindre justification, mais devient irresponsable dans une indication telle qu'un banal fibrome (en préopératoire) ou une endométriose; ou encore chez les enfants ayant atteint un âge limite pour considérer qu'ils souffrent d'une puberté précoce centrale. Sans parler des cas où on expose des enfants qui ont déjà dépassé cet âge limite (qui est de 8 ans chez les filles, 10 ans chez les garçons) à des risques mortels - même s'ils sont rares - pour leur faire éventuellement gagner 3 cm, car c'est cela le gain moyen en taille finale...
Il y a bien entendu d'autres effets secondaires décrits dans d'autres articles sur ce blog.

Désinformation organisée sur les effets secondaires: ignorance voulue et entretenue

silence!.pngEt puis, pour avoir une vue d'ensemble, il faut lire cet article qui rend compte du fait que le contrôle total de l'industrie pharmaceutique sur l'information et la recherche médicales - appelé ghost management par les critiques - aboutit en Europe à un état d'ignorance des effets indésirables stupéfiant, comme le constate un spécialiste américain repris par la revue indépendante Prescrire. Ce contrôle mène aussi à une véritable désinformation voulue et entretenue à des degrés divers par tous les acteurs intervenant dans ce domaine, y compris par les autorités sanitaires chargées de pharmacovigilance et de l'information sur les risques. Voir à ce sujet l'article "Silence et désinformation organisée sur les effets secondaires des médicaments". (A noter que la revue Prescrire elle-même entretient la désinformation quant aux effets secondaires des médicaments, pourtant très largement reconnus par la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm, par exemple (voir cette note). Les deux revues collaborent, et c'est pourquoi l'énorme contraste sur ce point est carrément choquant).

Vous pouvez lire les articles du site Pharmacritique pour comprendre ce qu’il en est, à quel point les laboratoires pharmaceutiques contrôlent toute l’information médicale, se mettent les médecins dans la poche en finançant leur formation médicale continue, en leur apportant divers avantages via les visiteurs médicaux des laboratoires que 95% des praticiens continuent à recevoir, en les payant à titre de consultant, etc. Et en utilisant divers moyens d'influence pour qu’ils prescrivent les médicaments les plus profitables. Regardez ce que coûte l'Enantone, et vous aurez la réponse au "pourquoi?"

Rappelons ici simplement les chiffres donnés par le rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), paru en 2007 : l’industrie pharmaceutique dépense 23.000 euros par an et par médecin généraliste, soi-disant pour l'informer. Alors on peut imaginer ce qu’ils paient pour influencer les spécialistes et surtout les grands pontes, ceux qu’on appelle leaders d’opinion (voir ce dossier d’un grand journal médical à ce sujet) justement parce qu’ils ont un fort impact sur l’opinion de leurs confrères, à travers les sociétés savantes, les comités scientifiques des associations de malades (y compris des associations d’endométriosiques), les revues médicales, les media, les services hospitaliers spécialisés, de même qu'à travers leur expertise auprès des autorités sanitaires…

Que pensent les spécialistes de l’endométriose non soumis aux laboratoires de tous ces « traitements » hormonaux ?

Comme le disait le chirurgien américain Harry REICH, lui aussi très réputé grâce à ses résultats obtenus par exérèse sans traitement hormonal préalable : l’utilité de l’Enantone est nulle. Regardez la vidéo que nous avons reprise et dont nous avons traduit les grandes lignes sur cette page : « L’exérèse radicale, sans traitement hormonal: seule solution dans l’endométriose. L’Enantone, "c’est zéro", dit l’expert Harry Reich ».

Quant à David B. REDWINE, il dit et redit ce qui est l’évidence même : « Johannes EVERS a montré en 1988 (…) que chez des patientes sous agonistes GnRH [Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Gonapeptyl, Synarel, etc.] toute l’endométriose ne sera pas visible au moment de la chirurgie. Si on arrête l’agoniste et qu’on attend trois mois, plus d’endométriose sera visible – c’est l'une des choses qui m’inquiètent à propos des agonistes de la GnRH et de ces médecins qui disent que ces médicaments rendraient l’opération plus facile. Serait-elle plus facile parce qu’ils voient moins de lésions et donc que l’intervention chirurgicale est incomplète? Je pense que c’est précisément ce qui arrive; donc je préfère voir la maladie à son apogée, stimulée par autant d’œstrogènes que possible, afin que j’aie toute possibilité de la trouver et de l’enlever [partout où elle est]. »

Et, dans un autre contexte :« J’ai opéré des centaines de patientes, préalablement traitées par Enantone. Puisque je n’ai vu aucune thérapie médicamenteuse réussie, par Enantone [Lupron aux Etats-Unis et au Canada], par exemple, mon impression est que les effets secondaires et le coût de l’Enantone dépassent de loin tout bénéfice éventuel. »

Ou encore ici : « Il est clair que la thérapie médicamenteuse de l’endométriose n’éradique pas la maladie. En ce sens, cette thérapie correspond à ce qu’on reproche à la médecine de faire (...) : elle traite les symptômes, pas la maladie. (…) Malheureusement, ces thérapies médicales ont des effets secondaires sévères (…). Donc je n’utilise pas de thérapie médicamenteuse pour mes patientes parce que je sais que cela ne marche pas pour traiter et éradiquer la maladie. »

Quelques autres avis sur l’endométriose et l'absence d’efficacité des pseudo-thérapies médicamenteuses figurent dans notre article « Un traitement hormonal par Enantone, Décapeptyl ou progestatifs est-il utile en endométriose ou en fibromes? Vues d'experts »

Le texte de David B. Redwine: "Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne"

Après cette longue introduction, que vous pouvez compléter en lisant d’autres articles détaillant les effets secondaires, sur ce blog ou dans les groupes de discussion tels "Victimes Enantone", vous comprendrez plus facilement le texte de David B. Redwine, paru début 2005 dans la revue italienne Leadership Medica. L‘original peut être lu sur cette page. Il s'agit d'en finir avec les préjugés d'un autre âge, avec cette ignorance et ces clichés savamment entretenus pour justifier le maintien du statu quo, c'est-à-dire cette chronicisation de l'endométriose pour les profits des laboratoires et de leurs consultants.

poing-sur-la-table.jpgAux patientes de prendre les choses en main pour ne plus subir!

Lorsque nous ouvrirons les yeux, nous taperons du poing sur la table et ferons ce qu'il faut pour que la recherche s'oriente vers ce qui est d'ores et déjà reconnu comme la meilleure chance des endométriosiques par ceux qui vont au-delà de l'écran de fumée des laboratoires et de leurs vassaux en blouse blanche: des centres d'excellence, avec des équipes de chirurgiens de plusieurs spécialités, capables d'opérer tous les foyers / lésions / kystes / nodules en même temps, en conservant les organes, et sans se condamner d'emblée à l'échec par l'usage d'agonistes GnRH et/ou de progestatifs. Ces centres-là sont les plus à même d'améliorer la technique de l'exérèse radicale et trouver des solutions chirurgicales encore meilleures, si et seulement si, ils arrêtent la "collaboration" avec les laboratoires qui financent leurs recherches à condition que les protocoles incluent leurs médicaments...

Les femmes souffrant d'endométriose doivent refuser ces pseudo-traitements et insister auprès de ces grands pontes pour qu'ils ne travaillent enfin que dans l'intérêt de la santé de leurs patientes. Ils perdront certes de l'argent, mais seront recompensés par des résultats bien meilleurs et par une réputation qui ne cessera de grandir lorsqu'ils pourront afficher ces résultats. Savez-vous, patientes, et vous médecins non spécialisés, qu'à l'heure actuelle, l'influence des laboratoires est tellement grande qu'acune recherche / étude n'est faite avec la chirurgie seule? Les protocoles prévoient toujours deux ou trois étapes: médicament - chirurgie - et éventuellement encore médicament, ce qui ne laisse aucune chance de succès complet et ne permet pas non plus l'évaluation des résultats de la chirurgie seule.

Cette façon de faire est par ailleurs contraire à l'éthique médicale, sans parler de la déontologie qui stipule que les médecins doivent choisir les thérapeutiques les plus aptes à soigner une maladie avec le plus de chances de succès et avec le moins d'effets secondaires.

04.11.2008

L'hormonothérapie du cancer localisé de la prostate n'améliore pas la survie et a des effets secondaires importants

Enantone.jpgClaude Béraud est professeur d’hématologie et membre du Conseil scientifique de la Mutualité française. Sur son blog, il aborde divers sujets relevant de la pratique clinique. Au mois de juillet 2008, il rend compte d’une grande étude observationnelle ayant pour objectif de voir si l’hormonothérapie – le traitement par agonistes GnRH de type Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Bigoniste, Eligard - améliore les chances de survie des hommes âgés souffrant d’un cancer de la prostate localisé. Non seulement ce n'est pas le cas, mais en plus, les effets secondaires d'Enantone, Décapeptyl et les autres diminuent fortement la qualité de vie des malades et peuvent être sévères: diabète, crise cardiaque, etc.

Nous citons ici le texte intégral tel qu’il figure sur le blog du Pr Béraud. Ca vaut le détour !!

 

 

Le traitement hormonal du cancer localisé de la prostate n’améliore pas la survie

 

« La très grande majorité des cancers de la prostate (85%) sont découverts chez des hommes de plus de 65 ans à un stade localisé (T1 ouT2). Divers traitements ont été proposés notamment la chirurgie ou la radiothérapie mais aussi la simple surveillance, éventuellement suivie d’une intervention si des complications apparaissent. Une thérapeutique hormonale semble dans une nouvelle étude sans utilité pour ces malades.

Pourtant cette thérapeutique est probablement largement prescrite aux malades qui n’ont pas choisi le traitement chirurgical ou radiothérapique. Les bénéfices de cette prescription sont mal connus. Par contre les risque du traitement sont fréquents et parfois graves : fractures, diabète, infarctus du myocarde prise de poids, gynécomastie, bouffées de chaleur, impuissance. Une étude observationnelle vient d’être publiée pour évaluer les bénéfices sur l’espérance de vie de ce traitement hormonal dans les cancers localisés.[1].

Les malades sélectionnés au nombre de 19271 avaient un âge médian de 77 ans. Aucun , par définition, n’avait bénéficié d’un traitement chirurgical ou radiothérapique. Les données sur leur état de santé, venant de leur service d’assurance maladie (Medicare), étaient très détaillées et permettaient une connaissance approfondie des facteurs habituels de confusion observés dans les études observationnelles.

Parmi ces 19271 malades atteints d’un cancer localisé : 7867 ( 41%) avaient reçu un traitement à visée hormonale soit une orchidectomie soit un agoniste de la LHRH ( Luteinizing Hormone Releasing Hormone [appelés aussi agonistes de la GnRH : gonadotrophin-releasing hormone]). Le diagnostic avait été porté entre 1992 et 2002 et le suivi médian de la survie était de 81 mois.

Les sujets ayant reçu un traitement hormonal ont été comparés à ceux qui n’avaient pas reçu de traitement. Les deux groupes différaient dans certaines de leurs caractéristiques notamment les sujets sans traitement avaient un taux de cancers bien différentiés plus important et un taux de cancers pauvrement différentiés plus faible.
Ces données constituaient un biais attendu par les auteurs car la décision de traiter ou non dépend du choix des patients mais également de l’opinion des médecins qui ont tendance à ne pas traiter les sujets dont les biopsies montrent une tumeur bien différentiée d’un meilleur pronostic.

La mortalité globale et celle liée spécifiquement au cancer étaient les deux critères étudiés.
Les covariables enregistrées étaient très nombreuses et couvraient les modes de vie, l’habitat les caractéristiques histologiques de la tumeur, son stage et le score de Gleason.

Une méthodologie connue des épidémiologistes, depuis plusieurs années, mais encore peu employée l’Instrumental Variable Analysis (IVA), fut utilisée en complément des techniques habituelles de régression afin de minimiser les biais cachés inhérents à toutes les études qui ne sont pas randomisées (cf. encadré)

Durant le suivi, allant de 1999- 2002 à décembre 2006 pour toutes les causes de mortalité et au 01 janvier 2005 pour la mortalité liée au cancer, furent observées, chez les 19271 malades, 1560 décès par cancer de la prostate et 11045 décès liés à l’ensemble des causes.

Lors d’une analyse statistique classique (modèle de Cox), les auteurs constatèrent une survie diminuée en raison d’une plus grande mortalité par cancer ou par une autre cause chez les sujets ayant reçu un traitement à visée hormonale.

Lorsque l’IVA fut utilisée une faible augmentation de la mortalité par cancer persistait mais la durée totale de survie n’était pas modifiée (82 mois). Qui plus est chez les hommes dont les cancers étaient à bas risque, en raison d’une forte différentiation histologique de la tumeur, le traitement hormonal diminuait la survie. Pour expliquer cette constatation les auteurs évoquent la possibilité du développement des cellules les moins différentiées de la tumeur sous l’influence du traitement hormonal.

Les études comparant le traitement hormonal à un traitement conservateur consistant à surveiller le patient et à intervenir en cas de complication sont peu nombreuses souvent non comparatives et ont un suivi limité dans le temps. Une étude randomisée utilisant un anti-androgène (le bicalutamide [Casodex]) conclut à une diminution de la survie chez les malades traités. D’autres études vont dans le même sens : le traitement hormonal n’apporte pas un réel bénéfice sauf peut être dans les groupes de sujets à haut risque.

Conclusion

Les sujets âgés, atteints d’un cancer localisé de la prostate, auxquels est prescrit un traitement hormonal, ne tirent aucune utilité de ce traitement mais doivent en subir les effets indésirables. Compte tenu d’un rapport bénéfices/risques manifestement défavorable, sachant aussi le coût économique d’un traitement dont les prescriptions semblent plus nombreuses ces dernières années, il est raisonnable chez les hommes âgés de plus de 70 ans atteints d’une cancer localisé de la prostate de ne pas le prescrire l. Cette position rejoint la récente recommandation scientifique du National Institute for Health and Clinical Excellence [2] qui conseille ce traitement comme un adjuvant à la radiothérapie pendant un minimum de deux ans chez des malades dont le score de Gleason est égal ou supérieur à 8, et de ne pas le prescrire après prostatectomie. »

[Suit une analyse des études observationnelles, que vous pouvez lire sur le site original]

Notes

  1. [1] Lu Yao G L. and al Survival following primary androgen deprivation therapy among men with localised prostate cancer. JAMA 2008 ; 3000 : 173-181
  2. [2] NICE Prostate cancer Clinical Guide 58 ; 27 february 2008
  3. [3] Hernan M A and al Instruments for causal inférence : an epidemiologist’s dream Epidemiology 2006 ; 17 : 360-372.
  4. [4] Bratman L E. Rare outcomes, common treatments : analytic strategies using propensity scores Ann Intern Med. 2002 ; 137 : 693-696
  5. [5] Stukel TA.Analysis of observational studies in the presence of selections bias. Effects of invasive cardiac management on AMI survival using propensity score and instrumental variable methods. JAMA 2007 ;297 :278-285

01.06.2008

Densité osseuse réduite et déficit squelettique chez les jeunes filles de 13 à 21 ans traitées par Enantone. Etude alarmante d'octobre 2007

Voici une étude parue en octobre 2007 qui intéressera les jeunes femmes souffrant d'une endométriose qui envisagent un traitement par un analogue agoniste GnRH (Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Gonapeptyl, Diphéréline, Lucrin, Lupron...). Elle intéressera aussi les parents d'enfants traités pour puberté précoce, puisque cet effet secondaire se manifeste chez les enfants et adolescents dont les os et le squelette en général n'ont pas encore fini leur croissance. Il semblerait qu'un tel traitement soit très préjudiciable du point de vue de la densité minérale osseuse, avec des conséquences prévisibles: fractures, ostéoporose, fragilité osseuse...

36 filles ou jeunes femmes entre 13 et 21 ans souffrant d'endométriose ont été traitées par un agoniste GnRH et par une "add-back therapy". L'ADD-BACK, ce sont des petites quantités d'oestrogènes avec ou sans progestérone (valérate d’estradiol et promégestone, selon les recommandations de l’Afssaps et le Vidal) agissant localement, qui n'entravent pas les effets de blocage hormonal central des agonistes GnRH, mais atténuent un peu les effets secondaires, notamment sur la déminéralisation osseuse. Ou du moins c'est ce qu'on pensait...
Car malgré l'add-back therapy, les mesures de densité minérale osseuse ont été mauvaises, surtout au niveau de la colonne vertébrale, chez près de 33% des filles. Les auteurs parlent de « déficit squelettique vertébral ». On sait que chez les adultes aussi, la colonne est la partie du squelette qui se déminéralise le plus vite, et c'est pour cela que les notices internationales mentionnent quasiment toutes non seulement des « FRACTURES PATHOLOGIQUES », touchant surtout les hanches, mais pas uniquement. Il y a toutes sortes de manifestations de cette fragilité osseuse, incluant des... dents cassantes ou friables... La plus dangereuse, et mentionnée par les notices étrangères, y compris espagnole, britannique, irlandaise et celles scandinaves, est la redoutable « FRACTURE VERTEBRALE SUIVIE DE PARALYSIE ». C'est sachant cela que les résultats de cette étude sont très alarmants, puisque l'add-back n'a arrêté en rien cet effet secondaire très préoccupant. Et qui est décrit dans toutes les indications, que ce soit en cancer de la prostate ou du sein, en endométriose ou encore chez les enfants en puberté précoce.

Chez des jeunes filles en pleine croissance chez lesquelles la minéralisation osseuse doit encore se faire, et se fait surtout sous l'influence des oestrogènes, donc à partir de la puberté, c'est très inquiétant.
Encore plus si on ajoute l'autre remarque des auteurs : LA DUREE DU TRAITEMENT N'A PAS D'INFLUENCE. En clair, même un traitement de 6 mois avec add-back suffit à amener la colonne d'une jeune fille à l'état non pas de déminéralisation, mais carrément de « DEFICIT SQUELETTIQUE ». Autrement dit, il faut qu'elles aient beaucoup de chance pour ne pas se fracturer une vertèbre et se retrouver paralysées des deux ou des quatre membres (ça dépend où la fracture se produit).
On disait jusqu'ici qu'on ne savait rien du devenir osseux des enfants traités, et les médecins (ceux qui ne sont pas à la solde des firmes pharmaceutiques) s'interrogeaient, vu que l'adolescence est une période critique dans le développement du squelette et du système locomoteur.
Parlant de laboratoires, l'un des auteurs de l'article est payé par Takeda Abbott (producteur de l'Enantone – Lupron aux USA), alors on peut se demander quels seraient les vrais résultats si l'étude était indépendante… Parce qu'on sait – il y a eu des études statistiques qui l'ont démontré – que le financement d'une étude par le laboratoire producteur du médicament influence fortement les résultats, qui auront 5 fois plus de chances d'être favorables au médicament en question que ceux d'une étude financée sur fonds publics et non supervisée par le laboratoire…

Il faut réfléchir à deux fois avant de traiter un enfant en puberté précoce ou une adolescente/ jeune fille ayant une endométriose. Parce que la fracture vertébrale n'est pas franchement un avenir préférable à une taille éventuellement plus petite…  En endométriose aussi, avec tous les contraceptifs et les progestatifs, il y a des moyens bien moins dangereux qui évitent de prendre ce risque… Et la seule solution est de toute façon chirurgicale : une chirurgie d’exérèse sans traitement hormonal préalable, pour que toutes les lésions puissent être vues et excisées.

Et pour rien, parce qu'en puberté précoce les résultats sont très inconstants quant à la taille finale. C'est l'argument qui pousse beaucoup de parents à accepter un traitement pour les fillettes ayant une puberté précoce: gagner quelques cm; généralement pas plus de 3 cm, selon les études. Les résultats sur la taille sont tellement arbitraires, que depuis des années ON EXPERIEMENTE ENANTONE OU DECAPEPTYL AVEC DE L'HORMONE DE CROISSANCE… C'est dire…

Parmi les effets indésirables qui s’ajoutent à cette ostéoporose et au déficit squelettique, il y a aussi un risque de dérèglement hormonal important, d’apoplexie hypophysaire (reconnue même dans la notice française), de ménopause définitive, des risques inconnus pour la fertilité et le développement du système nerveux, etc. Il n’y a pas de recul sur ce que devient la fertilité chez les jeunes filles traitées pour puberté précoce une fois qu’elles atteignent l’âge adulte. Sans parler des énormes prise de poids chez bon nombre d'enfants et les soupçons de retard de développement neuropsychologique.

Et on ne mentionne même pas ici tous les risques de maladies chroniques, comme chez les adultes, ni les effets indésirables immédiats, qui ne manquent pourtant pas…

Voici le résumé de l'étude en anglais :

J Pediatr Adolesc Gynecol.
2007 Oct; 20(5):293-7.

"
Bone density in adolescents treated with a GnRH agonist and add-back therapy for endometriosis".

Divasta AD, Laufer MR, Gordon CM. Division of Adolescent Medicine, Children's Hospital
Boston .

STUDY OBJECTIVE: To evaluate the bone density of adolescents with endometriosis treated with a GnRH-agonist and "add-back" therapy with norethindrone acetate.

DESIGN: Retrospective chart review. SETTING: Pediatric gynecology clinic at a tertiary care center. PARTICIPANTS: 36 adolescents, ages 13 to 21 years, with endometriosis.

MAIN OUTCOME
MEASURES: Bone mineral density (BMD, g/cm(2)) by dual energy x-ray absorptiometry (DXA); BMD Z-scores of hip and spine.

RESULTS: The mean BMD Z-score at the total hip was -0.24 +/- 1.0, with a range of -2.4 to 1.7. At this site, 6 subjects had a BMD Z-score between -1.0 and -2.0 SD, while 2 had a Z-score </= -2.0 SD. The mean BMD Z-score at the lumbar spine was 0.55 +/- 1.1, with a range of -2.8 to 1.4. At the spine, 11 subjects had a BMD Z-score between -1.0 and -2.0 SD, while 3 had a Z-score </= -2.0 SD. There was no correlation noted between duration of therapy with the GnRH-agonist plus add-back and BMD at the hip or spine.

CONCLUSION: BMD at the hip was normal in most adolescents with endometriosis who were receiving a GnRH-agonist plus add-back therapy with norethindrone acetate. Almost one third of subjects exhibited skeletal deficits at the spine. These data suggest that BMD should be carefully monitored in adolescents receiving treatment with GnRH agonists.

20.03.2008

Un traitement hormonal par Enantone, Décapeptyl ou progestatifs est-il utile en endométriose ou en fibromes? Vues d'experts

Vue d’experts sur l’utilité du traitement hormonal - avant, pendant et après l'opération - dans l'endométriose et les fibromes. Ces experts sont indépendants, n'ont aucun lien financier avec les laboratoires qui produisent les agonistes et les progestatifs. Leur seul intérêt est l'intérêt de la santé de leurs patientes, et l'utilisation de la méthode qui a le plus fort taux de succès partout où elle est pratiquée: à savoir l'exérèse en même temps de toutes les lésions, des kystes et nodules d'endométriose, quelle que soit leur localisation et SANS AUCUN TRAITEMENT HORMONAL PREALABLE, de façon à voir toutes les lésions dans toute leur étendue et profondeur.

Traductions et liens.

Le chirurgien gynécologue allemand Pr. Marc POSSOVER commente les traitements de l’endométriose par analogues agonistes de la GnRH (Enantone, Décapeptyl, Zoladex...): “Normalement, les problèmes réapparaissent à la fin de cette thérapie (virtuellement dans chaque cas d’endométriose recto-vaginale), et il n’est pas rare qu’ils soient pires qu’avant, comme si l’endométriose voulait se venger. (...) Malheureusement, la chirurgie ne peut pas promettre une guérison à 100%, puisque le chirurgien ne peut enlever que les foyers d’endométriose qu’il peut voir (et c’est pourquoi il est important d’opérer pendant les règles et de ne pas prescrire de thérapie hormonale préopératoire)”. A un autre endroit: “Même si la décision de subir une intervention chirurgicale n’est pas facile pour la patiente ou le médecin, l’endométriose recto-vaginale, celle affectant le rectum, la vessie ou l’uretère doit toujours être opérée de façon à ne pas perdre de temps en essayant divers médicaments

Le Dr David B. REDWINE, spécialiste de l’endométriose de réputation mondiale et pionnier de la technique opératoire qui se révèle actuellement la plus efficace (l’exérèse des lésions) est un opposant acharné de tout traitement médicamenteux de l’endométriose, quel qu’il soit, pour cause d’inefficacité et d’effets secondaires entraînant plus de risques pour un bénéfice contestable et nul à long terme. A son avis, l’utilisation des analogues agonistes de la GnRH entraîne un cercle vicieux de chronicisation de la maladie, puisque ces „traitements“ rendent temporairement les lésions (leur étendue et leur profondeur) moins visibles pour le chirurgien au moment de l’opération, en réduisant légèrement l’inflammation autour. Cette inflammation en surface est souvent le seul signe de la présence en profondeur d’une lésion à exciser. L’opération sera forcément incomplète et la récidive programmée d’avance. Quelques citations suivent.

Dans le premier extrait, le Dr Redwine dialogue avec le Pr. Tulandi, un expert canadien de l’endométriose (Université McGill). Original en anglais ici.

Dr Togas Tulandi: (...) ‚‘‘que penses-tu du traitement médical postopératoire?

Dr. David Redwine: „Je ne l’utilise pas; la plupart des patientes qui viennent me voir ont déjà eu à de multiples reprises ce traitement médical et  aussi plusieurs interventions. Je ne pourrais convaincre mes patients de prendre un traitement médical après la chirurgie, même si je le voulais ou si j’y croyais moi-même, ce qui n’est pas le cas. Je n’aime pas non plus que les patientes utilisent le traitement médicamenteux après la chirurgie, parce que cela obscurcit le véritable effet de la chirurgie (...)

Dr. Togas Tulandi: “Qu’en est-il de la thérapie médicamenteuse avant l’opération?”

Dr. David Redwine: “Je n’aime pas non plus l’utiliser avant l’opération, parce que Johannes Evers a montré, en 1988 il me semble, que chez des patientes sous agonistes GnRH, toute l’endométriose ne sera pas visible au moment de la chirurgie. Si on arrête l’agoniste et qu’on attend trois mois, plus d’endométriose sera visible – c’est une des choses qui m’inquiètent à propos des agonistes de la GnRH et de ces médecins qui disent que ces médicaments rendraient l’opération plus facile. Serait-elle plus facile parce qu’ils voient moins de lésions et donc l’intervention chirurgicale est plus incomplète? Je pense que c’est précisément ce qui arrive; donc je préfère voir la maladie à son apogée, stimulée par autant d’œstrogènes que possible, afin que j’aie toute possibilité de la trouver et de l’enlever.

Dr. Togas Tulandi: Je serais plutôt d’accord. Je n’utilise pas les analogues de la LHRH; ils ne facilitent pas l’opération. Je ne les utilise pas non plus avant l’ablation chirurgicale des fibromes; en fait, ils rendent la chirurgie plus difficile. Parfois il n’y a pas de douleur et plus de saignements, donc je n’utilise pas les LHRH. Je pourrais les utiliser en postopératoire, pour la douleur pelvienne, mais, comme tu viens de le dire, ils pourraient obscurcir les résultats de la chirurgie. »

*

Chat avec le Dr David B. Redwine sur Web MD Live Events, „Comprendre l’endométriose“, 04.17.2003

Question: Que pensez-vous de l’Enantone [Lupron, selon le nom américain de la même substance]? Selon votre expérience, y a-t-il plus d’effets secondaires que de résultats positifs?

Redwine: J’ai opéré des centaines de patientes, préalablement traitées par Enantone. Puisque je n’ai pas vu de thérapie réussie par Enantone, mon impression est que les effets secondaires et le coût de l’Enantone dépassent de loin tout bénéfice éventuel.” www.my.webmd.com

David B. Redwine s’exprimant sur la thérapie médicamenteuse de l’endométriose, sur www.endometriosiszone.org : “ Il est clair que la thérapie médicamenteuse de l’endométriose n’éradique pas la maladie. En ce sens, cette thérapie correspond à ce qu’on reproche à la médecine de faire (...) : elle traite les symptômes, pas la maladie. En fait, la seule indication de la thérapie médicamenteuse est l’amélioration temporaire des douleurs si la patiente doit reporter l’opération ou veut essayer d’éviter la chirurgie. Cette patiente peut réussir à réduire ses symptômes – c’est bien pour elle. Malheureusement, ces thérapies médicales ont des effets secondaires sévères – c’est pas vraiment bien pour elle. Donc je n’utilise pas de thérapie médicamenteuse pour mes propres patientes parce que je sais que cela ne marche pas pour traiter et éradiquer la maladie; en plus, à peu près 75% ou 80% de mes patientes ont déjà eu toutes les formes de thérapie médicale. Elles n’en veulent pas et elles savent que cela ne marche pas. Je ne pourrais pas l’utiliser même si je le voulais”.

Redwine dans un papier de 2005, “Redéfinir l’endométriose à l’âge moderne”, section “Traitement médical des symptômes”, sur www.leadershipmedica.com : “Beaucoup de patientes qui ne répondent pas à une première utilisation du traitement médicamenteux se le voient prescrire une seconde fois, ce qui n’a évidemment aucun sens: puisqu’un traitement n’a pas marché une première ou une deuxième fois, pourquoi il marcherait une troisième ou une quatrième fois? Les laboratoires pharmaceutiques ont remarqué que les gynécologues ne savaient pas bien traiter l’endométriose par voie chirurgicale et ont promu ces médicaments comme traitement de choix pour ces cliniciens qui ne sont pas experts dans le traitement chirurgical. Par conséquent, le traitement médicamenteux est la marque de fabrique de ceux qui ne sont pas des experts dans le traitement chirurgical de l’endométriose”.

FIVNAT (qui gère les statistiques de l'Assistance Médicale à la Procréation en France) constate dans la section Endométriose: Le premier traitement de l'endométriose est la chirurgie faite en général par cœlioscopie. Fréquemment, on la fait suivre d'un traitement par des analogues du LHRH (Décapeptyl ou Enantone) dont l'efficacité n'a jamais été prouvée et qui ne sont guère utilisés dans les autres pays.“

Le Pr. Jean-Marie Antoine (Hôpital Tenon, France) dit dans le papier Infertilité et endométriose profonde: “Aucun argument actuel ne permet d’espérer un bénéfice réel de ces traitements médicaux, qui par ailleurs retardent la mise en route des grossesses”.

Dans un papier écrit en 2005 avec d’autres chirurgiens spécialisés dans l’endométriose, le Pr. Jean-Marie Antoine rappelle qu’il n’y a pas suffisamment de données sur l’efficacité de ces traitements médicamenteux de l’endométriose; par conséquent, les analogues agonistes de la GnRH ne sauraient être recommandés pour un usage de routine, ni avant ni après la chirurgie. Résumé en anglais de ce papier.

Fedele et son équipe se sont penchés sur ce qui se passe avec l’endométriose une fois que les traitements par analogues agonistes de la GnRH (l’Enantone, en l’occurrence) sont arrêtés. Les résultats sont édifiants: même en cas de légère efficacité momentanée dans la réduction des douleurs et de la taille des lésions, dans 87% des cas la douleur revient à son niveau d’avant et dans 100% des cas les lésions retrouvent leur taille initiale! Résumé de l’étude (en anglais). Commentaires sur un site dédié à l’endométriose (en anglais).

Une autre recherche a été faite par Busacca et son équipe (et publiée en 2001) sur l’utilisation de l’Enantone dans des cas d’endométriose modérée et sévère (stades III et IV), non excisée par la chirurgie et „traitée“ par Enantone en postopératoire. L’Enantone n’a montré aucune efficacité, ni dans l’amélioration de la douleur ni dans le taux de grossesses. Il n’y avait aucune différence entre le groupe traité par Enantone et celui pas traité du tout. Résumé de l’étude (en anglais).

La revue pharmacologique indépendante Prescrire (France) conclut à une „valeur non prouvée“ de l’Enantone dans le traitement préopératoire des fibromes.

Last but not least, une étude publiée en 2004 tire la sonnette d’alarme: une thérapie de l’endométriose par suppression hormonale – faite par Enantone et Cie ou par progestatifs - augmente le risque de cancer dans les implants endométriosiques puisqu’elle cause une „sélection négative“ et augmente le taux de dyskaryose en tuant (par apoptose) plus de cellules saines que de cellules porteuses de mutations. Résumé en anglais.

07.01.2008

Silence et désinformation organisée sur les effets secondaires des médicaments

silence!.pngLe silence sur les effets secondaires de l’Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Synarel, etc. n’est qu’un exemple qui illustre la pratique généralisée et entretenue (par ceux qui en bénéficient) à coup de financements de l’industrie pharmaceutique. Et ce ne sont pas les patients, ce n’est pas leur santé qui en bénéficie… Toute personne ayant essayé de faire reconnaître les effets secondaires d’un analogue agoniste GnRH (en dehors du réseau médical de notre Association victimes Enantone - agonistes GnRH), que dis-je, toute victime d’un médicament ou d’un vaccin essayant de faire reconnaître les effets indésirables se heurte à ce mur d’argent, qui est le véritable nerf de la guerre… Tout le monde devrait lire ce texte et l’imprimer pour ses médecins et pharmaciens. Au cas où ils prétendraient ignorer les choses…

Pour ceux qui n’ont pas la patience de lire les 16 pages, nous présentons les grandes lignes de la
DECLARATION  SUR  LA  PHARMACOVIGILANCE faite à Berlin en 2003 par la Société Internationale de Bulletins Pharmacologiques (ISDB: International Society of Drug Bulletins), indépendante de l’industrie pharmaceutique, sur la (dés)information en matière d’effets secondaires. La France est représentée par la revue « Prescrire », que nous devrions tous prescrire à nos médecins, infirmiers et pharmaciens… D’ailleurs, les informations contenues dans la première note de ce blog ("Enantone : effets secondaires (données allemandes)") viennent de la revue allemande indépendante « Arznei-Telegramm », elle aussi membre de l’ISDB.
http://www.prescrire.org/editoriaux/EDI24823.pdf


Les médecins font la plupart du temps l’impasse sur l’information des patients en matière d’effets secondaires. Maximum 5% des effets indésirables des médicaments sont signalés. On appelle cela « sous-notification » - facteur de désinformation et de perpétuation de prescriptions dangereuses et irrationnelles. Les « esquives » des médecins pour ne pas notifier sont détaillées p. 9. Rien ne les justifie.

Tout le travail des autorités de pharmacovigilance (Afssaps, HAS en France, EMEA en Europe) privilégie les intérêts des firmes pharmaceutiques, volontairement ou pas: conceptions dépassées, outils inappropriées, opacité. En cas de doute sur les risques d’un médicament (avant ou après son autorisation), les autorités sanitaires tranchent spontanément en faveur de l’industrie pharmaceutique. Pas de prudence ou précaution. Les agences sanitaires bloquent l'accès aux informations au nom de la protection des droits à la propriété intellectuelle des firmes (donc des intérêts commerciaux privés). Même lorsque les effets indésirables sont irréfutables, il faut des mois ou des années pour qu’elles en parlent. Peu de pays européens acceptent les notifications faites directement par les patients (résultat du lobbying...)

Les experts des autorités sanitaires (médecins et autres) ont très souvent des conflits d’intérêts : ils sont payés directement ou indirectement par les laboratoires.

Les notices et RCP (résumés des caractéristiques du produit) sont souvent périmés, incomplets et incohérents. L'information ne passe pas d'un pays à l'autre, voire même d'une notice à l'autre du même produit.

La plupart des media (y compris la presse médicale) manquent d’objectivité et sont financés par l’industrie pharmaceutique (par la publicité ou en payant médecins et journalistes pour la promotion de tel médicament).

L’industrie pharmaceutique désinforme délibérément sur les effets secondaires, de plusieurs façons. Elle fait tout pour décourager les notifications (signalements) par les professionnels de santé.  
Elle lance des campagnes agressives contre les personnes qui osent mettre en doute ses pratiques. Les enjeux financiers sont tels que dans certains cas de crise sanitaire pour cause d’effets secondaires, des laboratoires donnent plus d’informations à la Bourse qu’aux professionnels de santé et aux usagers...

Les essais cliniques investiguent l’efficacité éventuelle d’un produit et non pas les effets indésirables, qui sont pourtant des causes très fréquentes d’hospitalisation et de mortalité. Les effets secondaires des médicaments représentent, selon les estimations, entre la quatrième et la sixième cause de mortalité aux Etats-Unis. En France, silence radio... Une fois un médicament mis sur le marché, il n’y a pratiquement plus d’études. Le protocole technique choisi pour telle étude influence d’avance les résultats.

Si jamais il y a indemnisation de certaines victimes, elle se fait à l’amiable et comporte une clause de confidentialité, ce qui fait que les usagers (ou d'autres victimes) n’en entendront jamais parler.

L’industrie pharmaceutique encourage la prescription de médicaments supposés novateurs, dont l’efficacité ne dépasse pas celle des anciens déjà existant sur le marché, mais dont les effets secondaires sont inconnus, et ce pour maximiser les profits. Ca donne l’impression d’un progrès dans la recherche (donc améliore l’image), mais ça permet surtout de vendre à des prix beaucoup plus élevés. Et sans craindre la concurrence des génériques. Ces trompe-l’œil s’appellent médicaments « me-too », ce qui veut dire que si un laboratoire a trouvé un filon, les autres l'exploitent aussi, en produisant des médicaments qui ressemblent comme deux gouttes d'eau au premier, mais sont présentés à chaque fois comme novateurs. Pour les patients, se voir prescrire de nouveaux médicaments par des médecins enrôlés par les laboratoires pharmaceutiques, ça fait pro, ça fait moderne ; nous avons l’impression d’être soignés selon les standards les plus performants. C’est une tendance très inquiétante, parce que médecins, associations et patients qui tombent dans le panneau prolongent la stratégie marketing des laboratoires, qui présente tout nouveaux médicament comme révolutionnaire [alors qu’il y a eu moins de dix substances vraiment innovantes sur près de 500 mis sur le marché ces dernières années]. Ce marketing détourne patients et médecins des anciens médicaments bien testés, bien connus et moins dangereux.

L’absence de transparence de l’information médicale et la prééminence des intérêts financiers privés (des labos et des médecins qu'ils paient) empêchent l’usage rationnel et plus sûr des médicaments, là où ils sont nécessaires. Comme ça au moins, on sait à quelle sauce on nous mange: celle financière!

Ceux qui veulent connaître les propositions de la revue « Prescrire » peuvent lire la deuxième partie du texte (même lien).

III. Lettre aux autorités sanitaires: effets secondaires d'Enantone et Cie

(Troisième et dernière partie de la lettre envoyée par l'Association Victimes Enantone - agonistes GnRH aux autorités sanitaires: Pr Laurent DEGOS (HAS) et Pr Jacques CARON (AFSSAPS)). 

Les pharmacovigilances française et européenne agissent-elles vraiment?

L'autre versant de l'état scandaleux de la pharmacovigilance est l'absence d'harmonisation entre les divers RCP qui diffèrent d'un produit à l'autre, alors qu'il s'agit d'effets de classe. Il est étonnant de voir que les agonistes les plus prescrits (Enantone, Décapeptyl) ont des RCP bien plus pauvres que le Synarel ou le Zoladex... Ces derniers mentionnent les adénomes hypophysaires, par exemple.

Etonnant aussi de voir que certains effets secondaires, tels les myalgies, figurent dans les RCP de l'Enantone 3,75 mg, mais pas dans ceux de l'Enantone 11,25mg...

Il n'y a pas non plus d'harmonisation entre les RCP des différents pays européens. Comparez les RCP britanniques, allemands, espagnols... Pourquoi l'EMEA existe-t-elle? Pour les belles phrases des « workshops » censés diffuser l'information et éduquer à une meilleure prise en compte des effets secondaires? Ateliers de travail auxquels participent aussi des représentants de l'Afssaps. On aimerait voir quelques effets concrets.

Je reviens sur le scandale consistant à ne pas vouloir prendre en compte des informations médicales extra-européennes, ce qui nous mène tout droit à reproduire des catastrophes telles celle du Vioxx ou de l'hormone de croissance contaminée, où la France a réagi des années après les pays anglo-saxons. C'est pour le moins hypocrite d'adopter presque automatiquement tout médicament une fois qu'il a été approuvé par la FDA, mais d'ignorer les alertes de sécurité de cette même FDA. Nous avons un de leurs fichiers contenant les signalements des effets secondaires de l'Enantone (Lupron) sur plusieurs années, et nous attendons la même transparence de la part de l'Afssaps.

Transparence nécessaire, parce qu'en tant que patients, nous devons donner un consentement éclairé à toute démarche de soins, et que les médecins doivent nous proposer les traitements les moins nuisibles, en fonction de la devise « Primum non nocere ». Ce pourquoi médecins et patients doivent choisir en connaissance de cause...

Déni des laboratoires: désinformation organisée

Les effets secondaires des agonistes ne dépasseraient pas ceux d'une ménopause naturelle ou alors d'une castration chirurgicale, dit-on en France, en reprenant sans aucune distance critique l'argumentation que les laboratoires ont taillée sur mesure pour les besoins de quelques pays qui ne protègent pas les usagers de leur système de santé. Quand est-ce que les laboratoires mentent? Quand ils décrivent toute une série d'effets secondaires y compris gravissimes dans les RCP aux USA, Canada... et jusqu'à la Nouvelle-Zélande, en passant par la Suisse, ou alors quand ils disent en France que leurs molécules sont tout ce qu'il y a de plus inoffensif?

A chaque fois qu'une victime appelle un laboratoire, elle se voit répondre qu'ils n'ont jamais entendu parler de tel effet secondaire... Nous avons fait le test, signalant la même chose à un jour de distance, puis plus tard; on nous a assurés à chaque fois que tel problème ne pouvait pas avoir de rapport avec tel agoniste, que le laboratoire en question n'en avait jamais entendu parler, que notre « signalement » allait quand même être noté et pris en compte... et que les informations du Vidal étaient dignes de foi...

Il nous semble que le Vidal reste une société privée financée par les laboratoires qui y disent exactement ce qu'ils veulent, sans aucun contrôle ni aucun contre-pouvoir. Si cet état de fait ne pose aucun problème éthique aux autorités sanitaires, il faudrait qu’elles reconnaissent publiquement leur impuissance, qu’elles disent donc que la santé publique est à la discrétion des intérêts financiers des laboratoires, que l’Etat n’a pas son mot à dire. Ce serait plus honnête, parce que cela pousserait médecins et patients à chercher des sources d’information plus fiables.

Nouveaux signalements et médecins qui nous soutiennent

D'autre part, sachez que plusieurs médecins travaillent actuellement – sans aucune aide de la part des autorités sanitaires... – sur les effets secondaires, et que des signalements nouveaux seront faits en juillet puis à la rentrée. Signalements portant sur des effets secondaires graves et de longue durée. Entre autres, le Pr A. s'occupe de plusieurs victimes. Le Dr T. et plusieurs autres médecins également. D'autres attendent d'avoir une « série » pour en parler. C'est une façon de vous dire que le mouvement est engagé, qu'il ne retombera pas et qu'il faut donc trouver une solution.

L'association continuera elle aussi à informer, faire de la prévention et défendre les droits de victimes, approfondir les contacts avec les associations et groupe internationaux de victimes – et une simple recherche Internet vous montrera qu'il y a énormément de victimes de par le monde. Un jour, la FDA retirera probablement l’AMM dans les indications bénignes, et la France s’adaptera, des années plus tard... Ne pourrait-on pas, pour une fois, faire un peu mieux? Après tout, on demande tout simplement que la pharmacovigilance fasse son travail, pour le dire un peu abruptement.

Nous demandons:

·          une information digne de ce nom sur les effets secondaires, incluant l'harmonisation des RCP et la prise en compte des données médicales y compris extra-européennes;

·          une information claire et préventive sur les effets malformatifs, fœtotoxiques comme sur la carcinogenèse (cf. les RCP internationaux, les monographies et signalements. Sur ce point aussi, le Vidal se trompe et / ou nous trompe) ;

·          la publication des signalements en possession de l'Afssaps ;

·          l'émission par cette même Afssaps d'une alerte de sécurité en accès public; 

.          la reconnaissance des droits des victimes;

·          la restriction de la prescription à des cas de cancer métastasé / avancé, en fonction du rapport bénéfices – risques soigneusement pesé au cas par cas ;

·          la mise en place d'un suivi étroit pour les patients ayant un cancer hormonodépendant, en fonction des risques spécifiques ;

·          l'évaluation approfondie de la prescription en puberté précoce, puisqu'on prescrit massivement les agonistes à des enfants qui ont dépassé de loin la limite d'âge, en agitant à tout va le spectre de la petite taille et en oubliant d'informer sur les résultats très inconstants et sur les effets secondaires. Ceux-ci incluent – comme chez les adultes – la fracture vertébrale suivie de paralysie, l'apoplexie hypophysaire, les douleurs généralisées, les divers troubles endocriniens, neurologiques et neuromusculaires dont le Vidal ne fait aucune mention ;

·          enfin, le retrait pur et simple de l'AMM dans les indications gynécologiques bénignes telles l'endométriose et les myomes. (Au cas d'un très hypothétique besoin absolu de traitement hormonal, les progestatifs ont exactement les mêmes effets, sans les mêmes risques, avec un prix infiniment moindre et une durée de prescription bien plus longue. Même les Recommandations de bonne pratique de l'Afssaps codifiant la prise en charge de l'endométriose reconnaissent l'égale (in)efficacité de ces deux classes de médicaments).

Tous ces rappels sont loin d'épuiser le sujet. Ils se basent sur des données médicales, puisque nous avons dû constituer par nous-mêmes une base de données qui soit un peu plus proche de la vérité. Nous en avons aussi beaucoup discuté avec les médecins qui ont ouvert les yeux sur ces risques ; un réseau s’organise peu à peu, et l’information passera de mieux en mieux, à la fois pour la prévention et pour soigner au mieux les victimes. Comme vous pouvez le constater, la question est extrêmement épineuse et la documentation est immense. Il nous est impossible de concentrer cela en une seule lettre. Je réitère donc ma demande de rendez-vous.

Je vous remercie de votre attention et espère sincèrement que cette lettre n’échouera pas dans un tiroir. En attendant de vous rencontrer, veuillez recevoir, Monsieur le Professeur, mes salutations  respectueuses.

II. Lettre aux autorités sanitaires: effets secondaires d'Enantone et Cie

Deuxième partie de la lettre adressée en juin 2007 par l'Association Victimes Enantone - agonistes GnRH au Pr Laurent DEGOS (Haute Autorité de Santé) et au Pr Jacques CARON (Commission Nationale de Pharmacovigilance, AFSSAPS), à propos des effets secondaires des analogues agonistes GnRH tels Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Synarel, Eligard... et de l'inefficacité de la pharmacovigilance française...

Les laboratoires pharmaceutiques décident-ils de tout sans contre-pouvoir ?

Notre situation illustre bien non seulement l'effet Tchernobyl – qui semble toujours actuel dans notre pays - mais aussi la mainmise des laboratoires sur la médecine française, dénoncée même par le rapport du Sénat. Et puis l'écran de fumée consistant à dire politiquement que les droits des victimes comptent pour quelque chose. Affirmation restée lettre morte, nous en faisons le constat tous les jours.

Mainmise des laboratoires s'exerçant aussi par le biais de l'absence totale de transparence sur les intérêts qui lient les « leaders d'opinion » aux producteurs de ces médicaments.  Nous évoquons cette situation non seulement parce qu’elle concerne tous les usagers des services publics de santé, mais plus précisément parce que nous sommes les exemples vivants de ce qui se passe quand les choses dérapent à ce point et que tout le système médical semble orienté vers le but suprême qu’est l’intérêt économique – même pas celui de la collectivité, mais des laboratoires. Vu le prix des agonistes, comparé à celui des progestatifs, la collectivité est perdante aussi de ce point de vue... Elle paie pour des médicaments qui sont inutiles dans le meilleur des cas, mais elle risque de payer encore plus lorsque les agonistes provoquent des maladies chroniques...

Oui, les « leaders d’opinion » qui taisent leur rapport avec le laboratoire qui fabrique le produit dont ils vantent les mérites (en passant sous silence les risques et les doutes sur l'utilité) ne nous semblent pas agir dans l’intérêt des patients...

Par exemple quand tel grand professeur impose tel produit, en l'absence de toute argumentation, qu’il fait l’impasse sur les alternatives, qu’il insiste et renouvelle la prescription même lorsqu’il est évident que l’agoniste respectif n’a pas eu l’effet souhaité... Et surtout lorsqu’il manie le très efficace levier de la culpabilisation. Parce que beaucoup de femmes endométriosiques qui voudraient refuser les agonistes se voient dire que c'est un passage obligé si elles veulent avoir un enfant - alors que les recommandations de l'AFSSAPS disent qu’un tel traitement n’a aucun intérêt dans l’infertilité, mais qu'au contraire, il fait perdre du temps.

De même, on pousse ces femmes à prendre un agoniste pour soi-disant « assécher » l'endométriose – alors qu'aucune étude n'a jamais été en mesure de démontrer la disparition ne serait-ce que d'une seule lésion grâce à ce « traitement ». Certains des plus grands spécialistes mondiaux de l'endométriose (par ailleurs initiateurs de la technique de l'exérèse, avec une dizaine d'année d'avance sur la France) disent qu'un traitement hormonal est contre-productif et rend les opérations incomplètes, menant à un cercle vicieux infernal.

Bien évidemment, ce ne sont pas les spécialistes français publiant dans le recueil « Les Endométrioses » (régulièrement réédité depuis 1994 par... le laboratoire Takeda Abbott, producteur de l'Enantone) qui diraient cela... Leur discours n’a pas varié d’un pouce malgré l’écrasante quantité d’informations médicales mettant en doute les agonistes à la fois à cause des effets secondaires et à cause de leur inutilité. Takeda Abbott finance un tel recueil parce que son contenu lui convient... Nous n’avons pas trouvé les mêmes traces de financement « désintéressé » pour les travaux des nombreux spécialistes qui se prononcent contre les agonistes, pas non plus pour les attitudes neutres. Une lacune involontaire, certainement...

Que des spécialistes anglo-saxons fassent éditer l’ouvrage de référence dans une pathologie par un laboratoire qui produit le médicament en position dominante dans le traitement de cette même maladie, tout en prétendant rester objectifs – voilà qui serait inconcevable dans d’autres contrées...

Pourquoi cette exception concernant l'Enantone?

Parlant du financement de certains de nos spécialistes par le laboratoire Takeda Abbott, il est intéressant de voir que, malgré le fait que tous les agonistes ont les mêmes effets, qu’ils sont du pareil au même, seule l’Enantone de Takeda a obtenu en France l’autorisation pour une prescription d’un an... Autre spécificité française, décidément... Est-ce que cela aurait quelque chose à voir avec la puissance financière plus importante et la campagne plus agressive de ce laboratoire? Par des moyens et des méthodes que les procès ont mis en évidence....

Il est curieux de voir aussi que personne ne se préoccupe en France de toutes les accusations portées contre le laboratoire Takeda Abbott, et des procès qu’il a perdu et qui portaient entre autres sur un plan prémédité de fraude et corruption de médecins afin de prescrire l’Enantone. 875 millions de dollars d’amende, rien que concernant l’Enantone [les attendus du jugements sont publics, il suffit de chercher sous "Lupron", nom américain de l'Enantone]. L’Association Britannique des Industriels Pharmaceutiques a temporairement exclu Takeda Abbott pour les mêmes raisons en 2006. Pensez-vous qu’il se comporte mieux en France, là où il semble qu’il n'est même pas obligé de reconnaître les effets secondaires ? La France – Eldorado des laboratoires... Il semblerait qu’il y ait de nouvelles mises en cause aux USA. Astra Zeneca est concerné aussi pour le Zoladex, selon un rapport du Sénat américain datant de février 2007.

Quel rapport bénéfices – risques ?

Dans les indications gynécologiques bénignes, toutes les études indépendantes contestent les bénéfices des agonistes et mettent en évidence leur effet contre-productif par rapport à la chirurgie, donc sans même parler des effets secondaires. Ainsi, un traitement pré-opératoire ne peut pas réduire la durée opératoire; au contraire, puisqu'il accroît la résistance du col... Il ne facilite pas l'exérèse des lésions ou des tumeurs, puisque la fibrose qu'il entraîne rend les plans de clivage flous, rend la dissection bien plus difficile et ne garantit pas la visibilité de toutes les lésions (ou de leur étendue), bien au contraire... La disparition de l’inflammation en surface fait que beaucoup de lésions profondes restent en place, puisque seule l’inflammation indiquait leur localisation... Ainsi, un traitement par agoniste avant une prostatectomie risque fort de limiter les possibilités du chirurgien d’extirper toute la tumeur tout en respectant les structures nerveuses de l’apex – il en résulte un risque bien plus élevé d’impuissance et d’incontinence.

Le problème se pose même lors des examens radiologiques, particulièrement en endométriose : sous traitement hormonal, certaines lésions passent au-dessous du seuil de visibilité radiologique, avec les conséquences que l’on sait. En endométriose, beaucoup de tissus n'ont même pas de récepteurs – apparemment, cela n'intéresse pas les prescripteurs...

Lorsqu'elle s'est penchée sur l'utilité d'un traitement préopératoire des fibromes, la revue « Prescrire » a conclu à l'utilité non prouvée des agonistes.

L'utilisation en cancer de la prostate est elle aussi contestée, même en dehors des effets contre-productifs par rapport à la chirurgie. Il s’agit d’effets secondaires souvent extrêmement sérieux, voire mortels ; regardez la dernière méta-étude de Harvard 2006 sur plus de 70.000 cas; étude qui compare par ailleurs castration chirurgicale et castration chimique pour aboutir à la conclusion que les effets ne sont pas du tout les mêmes, et qu'il y a un très fort risque de maladies cardiovasculaires et de mortalité qui n'est pas constaté dans le groupe ayant subi une orchidectomie. Cela est largement débattu à l'étranger, les restrictions sont de mise, comme le suivi très rapproché de ces patients.

Comment voulez-vous que les médecins français fassent de même, puisque le Vidal ne dit pas un mot là-dessus, et pas non plus sur le syndrome d'insulinodépendance et les problèmes neuromusculaires. Les agonistes étant reconnus comme de grands producteurs de neuropathie et même de myopathie iatrogène. Et ce n'est qu'un exemple. Regardez la monographie de l'Enantone (Lupron) faite par Takeda Abbott au Canada en 1999 et vous verrez la profondeur de l'abîme qui sépare ces informations de celles disponibles en France. Informations connues depuis les essais cliniques d'AMM – il ne s'agit donc pas seulement de données récentes ou de signalements post commercialisation.

Et ainsi de suite. Des spécialistes français indépendants devraient lire directement les études, qu’il est impossible de résumer.

Plusieurs monographies internationales disent qu'il y a des cas d'hypogonadisme irréversible, y compris chez des jeunes femmes qui seront en ménopause définitive. Au nom de quel "bénéfice" fait-on courir à une femme porteuse d'un banal myome utérin (qui doit de toute façon être opéré)  le risque d'une ménopause définitive ou d'une apoplexie hypophysaire avec tout ce que cela implique? Ou alors le risque d'une maladie chronique, telle la fibromyalgie, l’épilepsie, le syndrome de fatigue chronique, les maladies endocriniennes? Les effets secondaires irréversibles ayant le plus souvent une composante neuromusculaire. De quel droit fait-on courir à une femme ayant une endométriose légère des risques cardiovasculaires, des risques de troubles cognitifs et psychiatriques pouvant aller jusqu'au suicide ou à l'épisode psychotique?

I. Lettre aux autorités sanitaires: effets secondaires d'Enantone et Cie

Cette lettre a été adressée fin juin 2007 par la présidente de l’« Association Victimes Enantone – agonistes GnRH » au Pr Laurent DEGOS, président de la Haute Autorité de Santé (HAS) et au Pr Jacques CARON, président de la Commission Nationale de Pharmacovigilance (partie de l’agence de sécurité sanitaire : AFSSAPS). Le résultat a été une réunion à l’AFSSAPS le 11 septembre 2007, en présence de plusieurs responsables, dont le Pr CARON et le Dr Anne CASTOT (chef du Département Risques, bon usage et information).  Le Dr Castot s’est montrée très diplomate, ce qui n’engage à rien, n’est-ce pas ?  Et on attend toujours les actes, les mesures concrètes, l’alerte sanitaire, un usage rationnel des analogues agonistes GnRH. Affaire à suivre... Voici la première partie de la lettre : 

 

Monsieur le Professeur,

En ma qualité de présidente de l'Association Victimes Enantone – agonistes GnRH, je vous prie de bien vouloir me donner un rendez-vous qui me permettra d'évoquer en détail les effets secondaires des analogues agonistes GnRH, l’abus de prescription, les doutes quant à leur réelle utilité [dans certaines indications], surtout compte tenu du rapport déséquilibré entre bénéfices et risques. Mais je souhaite aussi attirer votre attention sur le non respect des droits des victimes.

Il est grand temps de mettre un terme à la désinformation que subissent médecins et patients français sur cette classe de médicaments, alors même que les informations médicales internationales (études, données de pharmacovigilance, RCP établis par les laboratoires eux-mêmes) sont on ne peut plus clairs à ce sujet.

Les problèmes qui se posent sont de plusieurs ordres, à commencer par le scandale de l'absence quasi totale d'informations en français et de l'abîme existant entre le RCP français des agonistes d'une part, et les RCP des mêmes produits, faits par les mêmes laboratoires, dans d'autres pays médicalement civilisés. Quelle logique peut expliquer que ce qui est toxique en Allemagne ou au Canada ne l'est pas en France? Le silence est-il volontaire? Ou alors, si les autorités sanitaires sont au courant, quelle éthique – et quelle déontologie - justifient la désinformation?

Voici quelques grandes lignes des problèmes que pose l'actuelle désinformation, menant – logiquement - à une prescription massive et sans discernement des agonistes GnRH, perçus comme parfaitement inoffensifs, puisque ne provoquant que des bouffées de chaleur, et encore...

·        méconnaissance de nombreux effets secondaires et surtout de l'existence d'effets secondaires très graves et / ou irréversibles;

·        déni (par les médecins) de ces effets secondaires quand ils ont lieu, par manque d'information leur permettant de lier tel symptôme à un agoniste;

·        méconnaissance du mode d'action précis (qui ne touche pas seulement l'axe hypothalamo – hypophysaire – ovarien / testiculaire, loin de là) et des fonctions de la GnRH, qui, en plus d'être une libérine hypothalamique, est aussi un neurotransmetteur du système nerveux autonome, présent dans les ganglions sympathiques et parasympathiques, utilisé par les petites fibres C, produit par certaines lymphocytes pour leur propre fonctionnement et ainsi de suite. La GnRH a été impliquée dans de nombreuses réactions immunitaires, et les études montrent – logiquement – un fort impact délétère des analogues agonistes sur plusieurs paramètres immunitaires. L'on a identifié des récepteurs GnRH dans au moins 21 tissus différents... Et il est question d'une action aussi par désensibilisation des récepteurs périphériques. Lorsqu’on prescrit un médicament, ne doit-on pas prendre en compte comment et sur quoi il agit, en plus de l'impact escompté?

·        méconnaissance (ou non respect) de la durée d’administration à ne pas dépasser: six mois, et la tendance internationale est à la baisse. Des limitations sont envisagées y compris dans les cancers métastasés, précisément à cause des risques... Alors comment justifier qu'une jeune femme se voit proposer 3 ans de Décapeptyl ou d'Enantone, avec la promesse (vaine, on le sait) que l'agoniste "asséchera" son endométriose?

·        méconnaissance des alternatives thérapeutiques bien moins risquées, par exemple les progestatifs dans les indications gynécologiques; méconnaissance (ou ignorance délibérée) du fait que seule la chirurgie est un traitement efficace dans l’endométriose et les fibromes ;

·        ignorance du rapport bénéfices – risques, tout particulièrement dans les indications bénignes, dans lesquelles le remède risque fort d'être pire que le mal. Le principe de précaution constitutionnel et la déontologie médicale devraient pousser les médecins à estimer que la présence de risques aussi sérieux est un argument suffisant pour ne même pas envisager un tel traitement;

·        ignorance du fait que ces médicaments ne sont pas contraceptifs, et qu'il faut un contraceptif non hormonal pendant toute la durée du traitement et jusqu'au retour des règles;

·        ignorance du fait que les analogues agonistes agissent en deux temps, avec les spécificités de chaque phase. Des femmes se voient proposer une "add-back therapy" dès le début du traitement, ce qui augmente encore le taux d'hormones...

·        ignorance de leurs effets abortifs, fœtotoxiques, malformatifs, dûment décrits dans les RCP internationaux et documentés par des études remontant au moins à 1993;

·        aucune étude n'a été faite sur la fertilité des enfants traités pour puberté précoce et celle de la génération suivante. Des cliniciens estiment qu'une administration de longue durée a des effets délétères au moins partiellement irréversibles sur la fertilité, et des lésions histologiques irréversibles ont été constatées dans les testicules des rats immatures traités par Enantone (cf. monographie par l'American Hospital Formulary Service, entre autres).

·        ignorance de la totale inutilité de ces traitements dans l'infertilité liée à l'endométriose;

·        ignorance du fait que les études plus récentes ne confirment ni la facilitation du geste opératoire (endométriose, myomes, cancers), ni l’utilité post-opératoire, ni même la préservation du capital reproductif en cas de chimiothérapie, comme l'a montré une expérimentation animale récente... Toutes les contestations et remises en causes internationales semblent complètement ignorées en France;

·        l'absence d'un minimum d'information sur les effets secondaires mène à l'absence de signalements à l'Afssaps... cercle vicieux dans lequel les médecins demandent des RCP un peu plus sérieux pour pouvoir établir un rapport entre tel symptôme et un agoniste et donc faire des signalements, et que l'Afssaps demande à son tour des signalements pour éventuellement modifier les RCP...

Ce cercle vicieux n'a pas vraiment de raison d'être, vu les RCP internationaux des mêmes produits; l'information existe (et évolue tous les jours) – elle est juste inaccessible en France, et nous sommes en droit de nous demander pourquoi. Nous avons beaucoup de questions et vous demandons des réponses sans langue de bois (puisque celle-ci n’a aucune vertu constructive et qu'elle n'évitera pas que la liste des victimes s'allonge...). Voici quelques questions:

·        Pourquoi a-t-il fallu attendre huit ans pour que l’apoplexie hypophysaire figure enfin dans le RCP de l’Enantone (huit ans après son entrée dans le RCP faits par Takeda Abbott pour la FDA?).

·        Pourquoi rien n'est fait pour changer ces différences énormes d'un pays à l'autre, harmoniser les notices?

.        Pourquoi l'Afssaps refuse-t-elle de rendre publics les signalements déjà existants?

·        Pourquoi laisse-t-on la liste des victimes s'allonger, sans même leur donner la possibilité d'être correctement soignées? Puisqu'on ne soigne bien que ce dont on (re)connaît la cause. Les effets secondaires aussi divers soient-ils ont des points communs qu'il est indispensable de connaître et qui relèvent du mode d'action et des caractéristiques de la GnRH.

06.01.2008

Notice suisse Enantone (2), effets indésirables

COMPENDIUM SUISSE DES MEDICAMENTS  (équivalent du Vidal français) : deuxième partie de la notice professionnelle sur LUCRIN DEPOT (ENANTONE  LP  11,25 mg - dose pour trois mois). Recherche à faire à partir de la page d'accueil du Compendium, si jamais ce lien ne fonctionne plus:

"EFFETS INDÉSIRABLES

Chez les hommes

On observe initialement de façon régulière une élévation brève des taux sériques de testostérone, ce qui peut donner lieu à une majoration transitoire de certains symptômes (apparition ou accentuation des douleurs osseuses, obstruction des voies urinaires et leur conséquence, compression de la moelle dorsale, fatigue musculaire des membres inférieurs, lymphoedème). Cette accentuation des troubles régresse habituellement spontanément sans aucune nécessité d'arrêter Lucrin Dépôt 3 mois.

Dans une étude clinique comparant Lucrin Dépôt 3 mois à Lucrin Dépôt 1 mois, on a recensé les effets indésirables suivants avec Lucrin Dépôt 3 mois:

Système gastro-intestinal: prise de poids (26,1%), anorexie (12,7%).

Système endocrinien: diminution de la libido (55,4%), bouffées de chaleur (51,6%), accès de sueur (42%).

Système urogénital: nycturie (56,1%), impuissance (53,5%), dysurie (24,2%), anomalies testiculaires (21%). On a souvent observé des inflammations des voies urinaires et une augmentation du taux d'antigène spécifique de la prostate (PSA).

Peau: réactions au site d'injection (14%) et souvent prurit.

Système musculaire et squelettique: douleurs osseuses (21,7%).

Autres: fatigue (19,7%), faiblesse musculaire (14,6%). Aucune différence significative entre Lucrin Dépôt 1 mois et Lucrin Dépôt 3 mois n'a été observée quant à la nature ou la fréquence des effets indésirables.

Chez les femmes

Le traitement de l'endométriose et des fibromes utérins par Lucrin Dépôt 3 mois se base sur une inhibition des hormones sexuelles féminines. Lors de la phase initiale du traitement, on observe une élévation brève de l'estradiol sérique, suivie d'une baisse à des taux équivalents à ceux retrouvés après la ménopause. Il se produit dans la plupart des cas une hémorragie dans les premières semaines du traitement. Du fait de la déprivation en hormones sexuelles, on observe des effets indésirables (au cours des études avec Lucrin Dépôt 1 mois): bouffées de chaleur, augmentation de la transpiration, modification/diminution de la libido, diminution ou augmentation de volume des seins, sécheresse vaginale, vaginite, écoulement, acné, modification de la pilosité (diminution, augmentation), sécheresse de la peau, diminution de la masse osseuse (après un traitement de plusieurs mois, réversible à l'arrêt du traitement), dysménorrhées, élévation du cholestérol sérique. Au cours d'une étude clinique portant sur 20 femmes saines, les effets indésirables suivants supplémentaires ont été observés avec Lucrin Dépôt 3 mois: oedème du visage, agitation, laryngite et douleurs dans les oreilles.

RAPPORTS SPONTANES [signalements des effets indésirables adressés par des médecins aux autorités sanitaires] : Comme l'acétate de leuproréline est utilisé pour plusieurs indications et donc chez plusieurs groupes de patients, tous les effets indésirables n'ont pas été observés pour toutes les populations. Les rapports spontanés suivants ont été recensés avec l'acétate de leuproréline, toutes formes galéniques confondues:

Corps en entier: augmentation du volume de l'abdomen, asthénie, inflammations, fièvre, frissons, infections, céphalées, réactions de photosensibilité, douleurs en général, tuméfactions (os temporal).

Système cardiovasculaire: angor, bradycardie, changements de l'ECG/ischémies, souffle cardiaque, insuffisance cardiaque, hypertension, hypotension, attaques ischémiques transitoires, arythmie cardiaque, infarctus du myocarde, phlébite, embolie pulmonaire, attaque cérébrale, syncopes/perte de connaissance, tachycardie, thrombose, douleurs variqueuses.

Système gastro-intestinal: augmentation de l'appétit, diarrhée, ulcère duodénal, soif, dysphagie, vomissements, saignements gastro-intestinaux, troubles gastro-intestinaux, constipation, valeurs anormales des tests de la fonction hépatique, troubles de la fonction hépatique, sécheresse buccale, nausées, ulcère gastro-intestinal, polypes rectaux.

Système endocrinien: diabète, augmentation du volume de la thyroïde.

Système sanguin et lymphatique: anémie, ecchymoses, augmentation ou diminution du nombre de leucocytes, oedème lymphatique, augmentation du temps de prothrombine et partiellement du temps de thromboplastine, diminution du nombre de thrombocytes.  

Troubles de l'alimentation et du métabolisme: augmentation du BUN, déshydratation, hyperuricémie, hyperlipidémie (cholestérol total, cholestérol LDL, triglycérides), hyperphosphatémie, hypoglycémie, hypoprotéinémie, hypercalcémie, hypokaliémie, hypercréatininémie, oedèmes.

Système musculo-squelettique: fibrose du bassin, douleurs articulaires, troubles des articulations, myalgie, paralysie, fracture spinale, spondylarthrite ankylosante, symptômes semblables à une ténosynovite.

Système nerveux central: anxiété, obnubilation, dépression, troubles de la mémoire, changements d'humeur, hypoesthésie, insomnie, léthargie, augmentation de la libido, nervosité, troubles neuromusculaires, neuropathie périphérique, paresthésie, troubles du sommeil, vertiges, insensibilité de parties du corps, idées délirantes. Très rarement, des attaques de crampes ont été rapportées. Le lien de causalité avec le traitement par Lucrin n'a pas pu être établi.

Système respiratoire: troubles des voies respiratoires, dyspnée, épistaxis, hémoptysie, toux, congestion du sinus nasal, pharyngite, épanchement pleural, frottement pleural, pneumonie, fibrose pulmonaire, infiltrat pulmonaire.

Peau: dermatite, chute des cheveux, croissance des cheveux, éruptions cutanées, lésions cutanées, sécheresse de la peau, démangeaisons, carcinome de la peau/des oreilles, formations dures dans la gorge, pigmentation, urticaire.

Organes des sens: sécheresse oculaire, troubles de la perception du goût, troubles de l'ouïe, troubles ophtalmiques, vision floue, troubles de la vue, acouphènes.

Système urogénital: spasme de la vessie, douleurs/hypersensibilité des seins, gynécomastie, hématurie, pollakiurie/mictions impérieuses, infections urinaires, obstructions des voies urinaires, troubles des voies urinaires, atrophie des testicules, diminution de la grosseur des testicules, douleurs testiculaires, incontinence, troubles de la menstruation y compris métrorragies et saignements vaginaux persistants, tuméfaction du pénis, troubles du pénis, douleurs prostatiques.

De rares cas d'anaphylaxie ont été rapportés.

Des réactions au site d'injection ont été rapportées, comme douleur, inflammation, abcès stérile, induration et hématome.

Les rapports sur le risque suicidaire et les tentatives de suicides sont très rares."

 

04.01.2008

Objectifs de l'Association Victimes Enantone - agonistes GnRH

Médicaments concernés: toute la classe des analogues agonistes GnRH: Enantone (et Eligard, Viadur, Lupron), Décapeptyl, Zoladex, Synarel, Bigoniste, Suprefact. Et les mêmes sous leurs différents noms internationaux ou en fonction du laboratoire. Vous trouverez la liste en cliquant sur "A propos" à gauche de la page.

L' « Association Victimes Enantone - agonistes GnRH » milite:

a) pour que soient reconnus en France aussi les effets secondaires décrits par les notices et les RCP (résumé des caractéristiques du produit) internationaux et ayant fait l'objet de multiples signalements aux autorités sanitaires internationales. Ces effets secondaires sont aussi décrits dans de nombreuses études médicales, voire même dans les essais cliniques préalables à l'autorisation de mise sur le marché. La grande majorité de ces effets secondaires sont actuellement ignorés en France, où l'agence de sécurité sanitaire (Afssaps) et la Haute Autorité de santé (HAS) ferment les yeux, malgré les efforts de l'association qui leur a écrit, en a rencontré des représentants et a exposé les principaux problèmes ainsi que ses revendications. Les effets indésirables et les risques de ces médicaments doivent être reconnus aussi par les diverses associations de malades, qui se contentent de les nier la plupart du temps, et de suivre aveuglément les médecins faisant partie de leurs comités scientifiques, souvent des gros prescripteurs d'agonistes GnRH (ou LH-RH, les deux sont utilisés comme des synonymes) et sous contrat avec les laboratoires qui produisent ces médicaments. Ces médecins comme ces associations (de patients comme de médecins) ont souvent des conflits d'intérêts - quand ils sont financés par l'industrie pharmaceutique. Leurs liens financiers et/ou autres les empêchent de représenter les intérêts des patients et surtout les intérêts des victimes.

b) pour que soient reconnus les droits des victimes, qui subissent le rejet médical et souvent le mépris par les médecins. Les victimes se voient trop souvent taxées de malades psychiques par des médecins qui refusent de s'informer (ce qui est pourtant leur devoir!). A cause de cette ignorance par le corps médical et les autorités sanitaires, les victimes ne sont pas soignées, leurs maladies ou symptômes s'aggravent, la souffrance morale vient s'ajouter à la souffrance psychique. Qui plus est, la non reconnaissance officielle de l'existence des effets secondaires - et surtout de ceux graves, durables et/ou irréversibles - fait que les victimes se retrouvent souvent dans des situations personnelles et professionnelles extrêmement difficiles et que la Sécurité sociale refuse de les indemniser ou de leur reconnaître une ALD (affection de longue durée), etc.

c) pour une meilleure information sur les diverses maladies dans lesquelles on utilise actuellement des agonistes GnRH, et donc sur le traitement le plus approprié de ces maladies. Il est essentiel que le traitement se fasse selon une médecine basée sur des preuves/des faits prouvés scientifiquement (ce qu'on appelle en anglais "evidence-based medicine"), qui est le plus haut standard technique mondial, avec le plus fort taux de réussite ou de guérison. Dans le cas de l'endométriose tout particulièrement, les médecins utilisent encore beaucoup de techniques chirurgicales ou médicamenteuses dépassées depuis longtemps, se basant sur des conceptions dépassées, invalidées par les progrès de la science médicale. Il y a aussi beaucoup d'idées obscurantistes et misogynes qui circulent, et que l'association se doit de critiquer, pour que les malades soient traités correctement et ne se fassent pas avoir par des charlatans!

d) pour un usage judicieux et rationnel des agonistes GnRH dans les indications où ils ont un intérêt, telles les cancers de la prostate et du sein. Même dans ces maladies, il existe des limitations et des restrictions internationales qui doivent être connues et appliquées en France aussi, pour ne pas exposer les malades à des risques superflus et ne pas administrer ces traitements hautement risqués de façon automatique et déraisonnable ou à la place de traitements plus performants ou pour une durée trop longue.

e) pour que les patients souffrant d'un cancer (ou d’une vraie puberté précoce, par exemple) et traités par des agonistes GnRH soient dûment informés des risques encourus et fassent l'objet d'un suivi particulièrement étroit, qui permet souvent de prévenir certaines complications, certains effets secondaires, certaines interactions médicamenteuses néfastes. Jusqu'à ce que l'interdiction de ces médicaments dans les indications non cancéreuses devienne effective, toute personne traitée doit être informée et suivie étroitement. Il est essentiel que les spécialistes qui prescrivent Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Synarel, Eligard, etc. informent les patients et les médecins traitants de ce qui doit faire l'objet d'une attention et d'un suivi particuliers et des signes qui doivent alerter et qui imposent un arrêt immédiat du médicament (tels les symptômes cardiovasculaires, des symptômes d'apoplexie hypophysaire, d'élévation de la pression intracrânienne, d'épilepsie, de troubles neurologiques, immunitaires et/ou endocriniens graves, etc. Dans l'apoplexie hypohysaire (enfin reconnue par l'Afssaps, 9 ans après les Etats-Unis), la reconnaissance immédiate des symptômes permet d'éviter que le patient meure ou reste aveugle... Et ce n'est qu'un exemple.  

f) pour qu'on retire l'autorisation de mise sur le marché des analogues agonistes GnRH (Enantone, etc.) dans les indications gynécologiques bénignes, telles l'endométriose, les fibromes, etc., dans lesquelles ces médicaments sont inutiles, contre-productifs et dans lesquelles les effets indésirables l'emportent de loin sur les éventuels bénéfices qui, s'ils existent, ne peuvent être que minimes et temporaires.

g) pour le rapprochement des  associations et groupes internationaux de victimes, pour une action conjointe et un échange d'informations d'un pays à l'autre.  

h) pour une information digne de ce nom des médecins, et pour leur collaboration avec l’association, qui les sensibilise à l’existence des effets indésirables, les incite à signaler ces derniers à la pharmacovigilance (ce qui est leur devoir…), et qui se tient à leur disposition pour leur fournir des informations, y compris en envoyant une documentation sur les effets secondaires,

i) pour l'élargissement d'un réseau déjà existant de médecins informés, qui mènent des investigations sur les effets secondaires, prennent le temps de recevoir, écouter et soigner au mieux les victimes, les prennent au sérieux, réfléchissent au meilleur traitement possible et aident les victimes à faire reconnaître leurs symptômes et leur souffrance auprès de leur médecin traitant, de leurs médecins habituels, etc.

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Et d’autres objectifs ponctuels ou généraux, qui se préciseront au fur et à mesure des suggestions faites par les membres de l’association.

La reconnaissance des effets secondaires permettra une meilleure prise en charge des personnes qui doivent prendre ces traitements (dans les cancers ou la puberté précoce d'avant 7-8 ans), mais aussi une réelle prévention. La prévention veut dire que des personnes qui se voient proposer Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Synarel, Eligard, etc. dans des indications où ils sont inutiles, où leurs bénéfices n'ont jamais été démontrés et où les effets secondaires et les risques sont énormes par rapport aux bénéfices (inexistants ou ponctuels dans le meilleur des cas) - eh bien, ces personnes auront des arguments pour refuser de tels traitements. L'Association Victimes Enantone - agonistes GnRH veut contribuer, par l'information et la prise de conscience de l'inutilité dans certaines pathologies et des effets indésirables, à la limitation de ces pratiques trop répandues qui mettent en danger la santé des patients uniquement pour le profit de l'industrie pharmaceutique: des médecins bien placés ("leaders d'opinion") payés par les laboratoires producteurs font de la publicité à ces médicaments, les utilisent dans les essais cliniques financés par ces mêmes laboratoires et les prescrivent à tour de bras. Il n'y a plus d'études sans ces médicaments, ce qui donne l'illusion qu'ils sont indispensables et fausse les données scientifiques quant au traitement des maladies en question.

Il en résulte une désinformation pour les patients et la plupart des médecins, qui perpétuent les mêmes pratiques, parce qu'ils croient à la propagande entretenue par les laboratoires à travers les articles et les pratiques de certains leaders d'opinion ayant des intérêts financiers dans les ventes des analogues agonistes GnRH. Ce sont souvent les mêmes qui sont présents dans les Comités scientifiques des associations de patients, dans les facultés de médecine, les revues médicales, les media, les grands CHU, les organismes chargés de formation continue des médecins, etc. et qui peuplent les congrès et colloques luxueux financés par l'industrie pharmaceutique pour assurer le marketing de leurs médicaments. L'information médicale est verrouilée et contrôlée de part en part et à tous les niveaux par l'omniprésence des mêmes "leaders d'opinion" et de leurs obligés, médicaux ou associatifs.

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